Accès wifi dans le TGV

C’est mon premier billet sur etourisme.info, et pour ce premier billet je vais vous présenter l’un des problèmes qui me taraude actuellement dans ma vie de travailleur nomade de l’Union Européenne et le coupler avec les problématiques de l’e-tourisme : l’accès à internet pour celui qui se déplace d’un pays à l’autre. C’est aussi une manière pour moi de rebondir sur l’intervention de Georges Amar aux #ET7 sur transport et mobilité. 

 

1/ De l’importance d’un accès libre au wifi pour le touriste étranger

Il est de fait que lorsqu’on passe d’un pays à l’autre, l’accès à internet est actuellement loin d’être évident. Les smartphones sont inutilisables sauf à payer des factures monstrueuses  et le wifi dans les transports en commun est encore loin d’être généralisé. 

Or les États auraient tout intérêt à donner accès au wifi aux étrangers de passage dans leur pays, et ce dès leur franchissement de la frontière et jusqu’à leur arrivée à destination: un professionnel comme un touriste étranger ira plus volontiers se perdre au fin fond de la Corse, du Pays Basque ou de l’Auvergne y dépenser son argent s’il y est accompagné convenablement (c’est à dire notamment dans un transport public doté du wifi). 

Les vacanciers doivent pouvoir sans contrainte et sans peine organiser les derniers paramètres de leur voyage : Adresse de l’hôtel? L’hôtel est complet ? Vite, existe-t-il une alternative dans le coin? Zut, celle-ci se trouve à 14,5 km! Comment je m’y rends? Vite, consulter les horaires de train ou de bus avant que le service ne ferme! Quoi, déjà 20h? Et les enfants qui ont faim…Vite, un restaurant dans le coin : et bien toutes ces questions, c’est sur internet qu’elles trouvent leur réponse. Et tout ça, les touristes doivent y avoir accès facilement et gratuitement. 

 Par ailleurs, à quoi servent toutes les merveilleuses applications smartphone développées par les offices de tourisme, les régions, les villes pour faciliter l’accès des touristes aux services locaux (hébergement, restauration, transports en commun, activités culturelles ou sportives, etc.) si ceux-ci ne peuvent les utiliser, faute d’accès à internet ? 

 Au-delà des enjeux économiques, des enjeux de société et de citoyenneté européenne sous-tendent la réflexion: 

 

2/ “La mobilité est devenue un quasi-droit social”

 Selon Georges Amar, responsable unité prospective et développement de l’innovation à la RATP et auteur de nombreux livres, dont “Homo Mobilis“, paru en juin 2010 aux éditions FYP, “la mobilité est devenue un quasi-droit social, comme la santé ou l’éducation, un bien public, comme l’eau ou l’électricité.” 

 Je précise que la mobilité est la capacité à être mobile, à se déplacer. L’État se doit d’assurer la capacité de ses citoyens de se déplacer. À ses citoyens, mais aussi à ceux des pays Européens puisque les accords de Schengen posent depuis 1985 la libre circulation des personnes au sein de l’Union Européenne comme un droit fondamental

 Dans ses réflexions sur la mobilité, Georges Amar se préoccupe également du bien-être des personnes au cours de leurs déplacements. “Aller le plus vite possible, dit-il, le plus loin ou le plus souvent possible, ne constitue plus la condition nécessaire ni suffisante d’une bonne mobilité. Ce qui compte désormais, c’est la richesse des opportunités, des rencontres, des expériences procurées ou favorisées par nos déplacements.”

 Et j’ajoute : la richesse de ce que l’on peut faire pendant son temps de déplacement, la manière d’occuper son temps : en surfant sur internet notamment (pour travailler, ou pour organiser les derniers paramètres de son arrivée sur son lieu de vacances par exemple). 

 

3/ L’accès à internet devrait aussi être considéré comme un droit

Comme la mobilité, l’accès à internet doit devenir un droit fondamental, de la même manière que l’accès à l’eau potable, l’électricité ou le travail. Le parlement européen l’a d’ailleurs réaffirmé dans son amendement 138/46 du 6 mai 2009. Or quand je me déplace au sein des pays de l’Union Européenne, on peut dire que je n’ai pas accès à internet. “L’Homo Mobilis, à fois souple et connecté: téléphone portable et baskets aux pieds” de Georges Amar disparaît quand il passe une frontière européenne…tiens tiens… 

 En effet si l’Europe est passée par là pour essayer de plafonner un peu les tarifs dits “internationaux” des opérateurs téléphoniques quand il s’agit des appels émis ou reçus depuis un autre pays d’Europe (appel émis: 42 cts/min, appels reçus: 13 cts/min) ou des SMS (c’est désormais 13 cts/SMS d’où que vous veniez et où que vous soyez en Europe), aucune directive européenne ne vient encore plafonner les prix des méga octets utilisés pour surfer sur internet depuis un autre pays européen. Et c’est là que nos opérateurs téléphoniques se lâchent franchement : comptez entre 0,45 € le méga octet téléchargé à l’étranger (UE) et 5 € en moyenne…avec certains opérateurs parfaitement farfelus qui vous facturent carrément 14 € le Mo téléchargé à l’étranger (je ne citerais pas qui mais ça me démange, croyez-moi)! 

 

4/ La mission des services publics des pays de l’UE

 Pour permettre à tous d’accéder facilement à internet depuis n’importe quel pays d’Europe:

  • Il est grand temps que les opérateurs se voient limités sur les tarifs des Mo utilisés par les individus qui se promènent en Europe avec leur smartphone, cela me paraît être le B-A-BA. 
  • Chaque État s’arrange pour accueillir les personnes en provenance d’autres pays de l’UE avec un réseau internet qui se respecte : j’ai nommé un WIFI libre dans tous les lieux publics (transports compris évidemment). 

 En effet, pourquoi, alors que les personnes circulent aujourd’hui librement entre les pays, travaillent dans divers pays Européens, vont passer leurs vacances sans complexe en Espagne, en Italie ou en France, profitent agréablement des avantages de la monnaie unique, pourquoi, lorsqu’ils effectuent ces déplacements dans une liberté toute supposée, pourquoi tout à coup devraient-ils se voir brimés, contraints d’éteindre le “push” et le “roaming” de leur téléphone portable pour ne pas se retrouver avec des factures exubérantes à leur retour? 

 Si les opérateurs téléphoniques européens sont incapables de se mettre d’accord là-dessus, il est du devoir des services publics des régions visitées ou des modes de transport empruntés de permettre l’accès libre, facile et gratuit à internet aux personnes qui traversent leur territoire. 

 

5/ Un accès libre et gratuit au Wifi 

Un accès libre au Wifi, cela veut dire aussi sans avoir à sortir la carte bleue à chaque fois, notamment car toutes les banques sont loin d’être uniformisées en terme de déplacement au sein des pays de l’U.E ou de paiement sur internet. En Allemagne ou en Belgique par exemple, nombreux sont ceux qui n’ont pas de carte Visa ou Mastercard car celles-ci étant considérées comme des cartes de crédit, 1/elles ne sont pas accessibles par tout le monde, 2/ elles nécessitent de souscrire à un contrat spécial supplémentaire, 3/ elles sont payantes et souvent très plafonnées (peu pratique à l’étranger)…  

Et puis, pour un accès facile et rapide, rien de pire que de devoir attraper son porte-feuille, sa carte de crédit, taper les dizaines de chiffres demandés etc. À ce rythme-là, vous avez raté votre train depuis belle lurette et vous êtes rentré chez vous depuis longtemps ! 

 

À méditer…

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Après avoir travaillé pendant 4 ans comme Responsable France et International Business Developer pour Jimdo, Amélie s'est maintenant mise à son compte et travaille comme Community Manager et Webmarketer en Freelance pour Web & Com, la société qu'elle a créée en Juillet 2011. Sa mission : Aider les entreprises à se faire connaître sur le web francophone. Blogueuse, nomade et écrivain, critique, curieuse et créative, Amélie se balade entre la France, l'Allemagne et la Belgique. Elle emmène toujours son ordinateur avec elle et essaie d'allier ainsi voyages et travail, liberté et productivité, Europe et sédentarité. Mais pour se ressourcer, c'est dans son Sud-Ouest originel qu'elle aime revenir : elle a grandi dans un petit village à côté de Pau, et en passionnée de nature, d'histoire de l'art, de sports d'extérieurs (montagne, surf, randonnées équestres), et de"bonne bouffe", elle reste fortement attachée à l'Aquitaine et à ses délices...