Une étude américaine, qui avait débutée en 1938 sur le développement de l’Homme, a été publiée il y a 3 ans et a permis de montrer que l’une des principales recettes du bonheur, c’était l’amitié. Ainsi, pour être heureux et en bonne santé, la richesse et la gloire ne valent pas un bon copain ! A travers ce papier, je voudrais vous parler de ça : l’amitié et le pouvoir de microinfluence pour organiser un séjour à l’heure du numérique.

Le plaisir de se retrouver à Cannes

Ces derniers jours, on était quelques-uns à se retrouver à Cannes pour l’évènement #IntoDays. Nous étions là pour intervenir et/ou écouter les speakers qui présentaient leur point de vue sur le tourisme de demain. Mais, comme souvent, l’essentiel n’était pas le contenu lui-même. Quand je croisais une personne que je connaissais, je lui demandais pourquoi elle était présente. Souvent, la réponse était : « Parce que j’ai vu que tu y étais mais aussi lui et elle… C’est chouette de vous revoir ! ».

Pourtant, les organisateurs n’avaient pas forcément intégré ce potentiel de « reconnexion » entre les amis, même dans un évènement business. C’était pourtant un argument puissant qui a décidé certaines personnes de venir à Cannes.

Fin de soirée sur IntoDays

J’ai donc commencé à m’interroger sur ce pouvoir de microinfluence de chacun à travers son premier cercle d’amis concernant l’organisation d’un voyage ou d’un déplacement. Et je me disais que les professionnels, privés et publics, n’avaient pas encore su complètement exploiter cela… au risque de se faire disrupter demain par des réseaux sociaux.

Des attentes fortes des jeunes générations

Au-delà de nous, professionnels, c’est également toute une jeune génération qui clame de plus en plus l’importance de se retrouver entre amis. Diverses études en parlent et montrent que les jeunes ont tendance à rechercher cela dans la pratique de leurs loisirs et de leurs vacances. C’est le cas par exemple de la dernière étude du cabinet PopRock sur les jeunes et l’outdoor. L’intérêt principal de l’outdoor pour cette jeune génération est de voir ses amis et de partager ensemble un moment. Derrière les vacances au ski, il n’y a donc pas que la glisse, mais il y a surtout ces moments partagés à travers de fabuleux paysages. Et c’est peut-être ce que les stations de ski n’ont pas réussi à traduire de façon pertinente pour attirer cette génération.

Un autre texte récent du nouveau site « Signaux Faibles » m’a beaucoup inspiré ces derniers temps : celui qui explique le  phénomène « Fortnite ». Ce jeu vidéo (mélange de jeu de survie et de tir où cent joueurs parachutés sur une île s’affrontent jusqu’au dernier survivant) est en train d’exploser les records avec plus de 200 millions de joueurs à travers le monde. Outre les innovations (possibilité de jouer ensemble à partir de n’importe quelle console ou ordinateur et impossibilité de payer pour améliorer son personnage, juste son esthétique), ce jeu devient un véritable lieu de « rencontres virtuelles » entre amis. Ils se retrouvent, discutent, échangent, organisent des activités à faire plus tard, etc. L’article explique que c’est devenu un nouveau réseau social ! Le gouvernement commence même à chercher de jeunes experts du jeu destinés à être des espions pour débusquer de potentielles organisations d’attaques terroristes…

Ce côté communautaire et retrouvailles entre potes est donc partout ! Mais comment faire, pour un professionnel du tourisme, pour s’en saisir ?

Les tentatives des tour-opérateurs…

Bien sûr, les tour-opérateurs ont toujours su s’appuyer sur la convivialité du groupe pour vendre des voyages. Cet effort s’est même accéléré ces dernières années avec des entreprises comme Copines de Voyage ou Petits Trips entre amis. Cependant, l’enjeu des tour-opérateurs est surtout de chercher à faire voyager des solos et à leur permettre de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt. Donc, là, on est sur le principe des GIR (Groupes d’Individuels Regroupés). Or, ce qui serait intéressant, c’est de savoir comment capitaliser sur cet individu qui a surtout envie de retrouver ses amis, plus que le concept même du voyage ou la destination. Pourrait-on alors imaginer transformer cet individu en commercial, en apporteur d’affaires, voire en organisateur au service du tour-opérateur…

Sur le site de Copines de Voyage

Et des influenceurs

D’ailleurs, c’est ce que les influenceurs et autres blogueurs voyages sont en train de faire. Ils deviennent petit à petit des organisateurs de séjours. A force de construire une vraie communauté d’adhésion autour d’eux, on voit apparaître des propositions de voyages avec l’influenceur. C’est le cas de Madame Oreille qui a organisé des séjours photo avec elle en Islande, en Argentine ou en Ecosse avec ses fans en partenariat avec un tour-opérateur. L’été dernier, c’est Morgane alias Little Gipsy qui organisait 3 séjours en Mongolie et au Canada (et bientôt l’Ouest Américain) pour permettre à ses fans de partager sa passion pour les animaux. Grâce à ces influenceurs, les voyages peuvent être commercialisés très très vite, pour le plus grand bonheur des tour-opérateurs partenaires. Mais là, encore une fois, il s’agit d’une certaine forme de GIR qui s’appuie sur le pouvoir d’influenceur du blogueur.

Little Gipsy et son groupe au Canada

Et des réseaux sociaux omniprésents

Finalement, on voit bien qu’encore une fois, c’est le pouvoir des réseaux sociaux qui a permis à ces influenceurs de construire leur communauté et de se lancer dans d’autres modèles d’affaires. Or, les réseaux sociaux sont de plus en plus segmentés en fonction des générations. Cela devient même difficile pour une famille avec plusieurs générations de se mettre d’accord sur le réseau social en commun pour pouvoir discuter. Whatsapp ou Messenger pour les 30-40-50 ans et plutôt Snapchat pour les plus jeunes. Et bientôt Fortnite ou TikTok pour les nouvelles générations, qui sait ?

A travers ces outils-là, on se demande comment doit ou peut se positionner un professionnel ou un office de tourisme afin de pouvoir utiliser le potentiel d’influence d’un individu afin qu’il devienne l’organisateur de séjour d’un groupe d’amis… Créer un évènement Facebook du séjour afin de le pousser à chercher de nouveaux participants ? Développer un univers sur Fortnite pour pousser des amis à jouer dans leur futur lieu de vacances et organiser les futures activités ?

Mais derrière tout cela, c’est surtout le risque de se faire disrupter un jour par Facebook ou autre. Qu’est-ce qu’il manque aujourd’hui au réseau social pour construire un Facebook Travel afin de permettre à des potes d’organiser des séjours entre eux facilement ? Quelques données récupérées via DataTourisme, une dose d’intelligence artificielle et un bel algorithme, cela devrait permettre d’appuyer les amis à organiser un magnifique séjour sur-mesure non ?

PARTAGER
Article précédentCommuniquer librement
Prochain articleSites web touristiques : vers la pensée unique ?
Hey! Moi, c'est Guillaume Cromer, je pilote ID-Tourism, cabinet d'ingénierie sur le marketing du tourisme. Historiquement, je suis bien impliqué sur les questions de tourisme durable mais depuis quelques temps, je m'intéresse beaucoup à la question de la prospective du tourisme pour bien comprendre comment vont évoluer les attentes des voyageurs et de quelle manière il va falloir adapter les organisations publiques et privées du tourisme. Hyper curieux et de culture open-source, je passe ma vie à partager mes réflexions, mes idées, mes volontés pour faire évoluer ce secteur génial qu'est le tourisme!