Cela fait quelques temps que l’on dit et répète que le secteur encore très atomisé des visites et activités, encore relativement peu digitalisé, réservable et achetable en ligne, reste un business où les organismes de gestion de destination peuvent valablement s’investir.

La bataille étant clairement perdue sur l’hébergement et la restauration depuis quelques temps, une nouvelle partie s’annonce et chacun avance ses pions en attendant la maturité des différents acteurs concernés.

Du côté des clients, on peut sans trop prendre de risques s’avancer et affirmer qu’ayant pris l’habitude de réserver bien d’autres prestations touristiques en ligne, de plus en plus sur mobile, ils sont probablement prêts.

Du côté des prestataires touristiques concernés, l’acculturation à mener est encore importante, avec de nombreux acteurs au four et au moulin, assez peu équipés, sans solution métiers.

Ils sont sur certaines destinations accompagnés par les OGD/DMO, Offices de Tourisme, ADT-CDT et CRT, que ce soit en matière de formation via les ateliers menés par des Animateurs Numériques de Territoire, ou en matière de distribution, avec par exemple des acteurs privés qui apportent des solutions s’intégrant dans la chaîne de valeur.

On en parlait d’ailleurs récemment lors d’ateliers, à Pau lors des 11èmes Rencontres Nationales du etourisme institutionnel, ou à Saint-Raphaël lors de Voyage en Multimédia.

Mais les gros acteurs du privé commencent eux aussi à s’organiser dans l’attente du boum de ce secteur !

GetYourGuide, startup lancée depuis la Suisse, dont on parlait la semaine dernière sur le blog, agrège près de 30 000 offres dans plus de 2 000 destinations dans le monde.

Viator, fondée en Australie, a vu son offre croître en 2015 de 12 000 à 32 000 références, présentes dans plus de 1 000 destinations et 150 pays. Cette croissance provient notamment du rachat par Tripadvisor durant l’été 2014, et selon les récentes déclarations de Stephen Kaufer, PDG de Tripadvisor (Cf. cet article de Skift), cela ne fait que commencer.

“We believe that capturing only single-digit market share will enable attractions to become our next billion-dollar revenue business”

Kaufer chiffre d’ailleurs ce secteur à plus de 80 milliards de dollars rien que sur l’Europe et les États-Unis…

Dans son optique d’être au contact du client tout au long de son cycle de voyageur, Tripadvisor devrait donc intégrer de façon toujours plus importante l’offre de Viator, quitte à faire disparaître ce dernier selon certains observateurs. Une distribution via sa plate-forme Instant Booking, et non plus un simple renvoi vers Viator, est donc dans les tuyaux.

De son côté, Airbnb teste encore discrètement sur ses destinations phares la vente d’expériences avec des produits pré-existants ou créés pour l’occasion, par exemple à Paris.

 

Alors chers gestionnaires de destination, quel-s rôle-s pour vous ? Former vos prestataires d’activités, les aider à s’équiper pour mieux vendre sur les géants de demain ? S’immiscer dans la distribution et prendre place/date avant que le marché ne soit définitivement avalé en profitant du fait que bon nombre de ce type d’achat/réservation se font en dernière minute, sur place, et que vous pouvez être physiquement et numériquement présent ? Consolider un CA qui pourrait s’effriter avec l’arrivée des mastodontes en investissant, ou se préparer à enterrer prochainement un nouveau pan d’activités pour se consacrer à un nouveau ?

Donnez-nous votre point de vue sur la question en commentaires !

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Ludovic a démarré sa carrière en Auvergne, à l’Agence Régionale de Développement, puis dans un cabinet conseil sur les stratégies TIC des collectivités locales. Il a rejoint en 2002 l’Ardesi Midi-Pyrénées (Agence Régionale pour le Développement de la Société de l’Information) et a plus particulièrement en charge le tourisme et la culture. C'est dans ce cadre qu'il lance les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel dont il organisera les six premières éditions à Toulouse. À son compte depuis mai 2011, il est Consultant etourisme & Web social, intervient sur de nombreux séminaires, manifestations et congrès, accompagne des structures sur leur stratégie, en AMO, ou en formation. Il organise les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel pour le compte de l'AEC et la Région Aquitaine à Pau, après les avoir initiées à Toulouse. En 2013, il co-fonde avec ses associés et blogueurs Pierre Eloy et François Perroy la société Agitateurs de Destinations Numériques. C’est à partir de ce travail quotidien qu’il se propose d’alimenter ce blog, en livrant ses impressions et commentaires quant au développement des nouvelles technologies au sein des structures publiques de tourisme. Email : ldublanchet at etourisme point info
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  • Roland Schegg

    On se fait les mêmes réflexions côté suisse. Je viens de parler avec Trekksoft (cf article sur Tnooz pour plus de détails sur l’entreprise : http://www.tnooz.com/article/trekksoft-raises-1-1-million/), une autre entreprise suisse dans ce secteur « tours and activities » à côté de GetYourGuide. Ils ont eu des discussions avec des offices de tourisme en Suisse, mais Trekksoft ne sentait aucun enthousiasme de la part des OT pour ce secteur. Il y a beaucoup de réticences et de peur du style « encore un autre système à gérer ».

    Pendant ce temps, les acteurs globaux comme TripAdvisor, Airbnb ou Expedia sont déjà en train d’investir ce terrain fertile…

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  • Jean-Baptiste Soubaigné

    Salut Ludovic, voici un article qui tombe à pic et j’espère que les interactions seront nombreuses
    ACTU : Jeudi prochain, la team Aquitaine-Limousin-Poitou Charentes organisent une rencontre du réseau des OT/ADT/CDT/CRT sur ce thème avec en toile de fond : les bonnes et mauvaises expériences, puis sommes-nous prêts, comment s’organiser pour l’arrivée de « gros » sur ce secteur ? On s’appuiera sur les initiatives et expérimentations des collègues mais aussi sur des acteurs privés qui témoigneront sur leur vision du secteur et de la place des institutionnels dans celui-ci. (Loisirs Enchères et CMS Vacances qui travaillent avec des pureplayers de ventes d’activités et produits packagés)
    Entre producteurs d’offres, marketeurs, techniciens et distributeurs, il y a certainement de la place pour tout le monde mais certainement pas sur toutes les expertises en même temps. Infos sur la journée http://bit.ly/commercialisationactivites

    Sinon, pour répondre à ton appel à commentaires, voici mon point de vue et état de réflexion actuels :
    En tirant (à peine) le trait, c’est le même modèle que la commercialisation de l’hébergement qui se profile avec des offres éclatées qui se structurent via des plateformes à gros budget et des technos impeccables pour faciliter la mise en marché… Pour les ODG, l’expérience de ces 10 dernières années sur la commercialisation des hébergements devraient certainement nous permettre d’éviter une course vers des solutions techniques propres à chaque territoire afin d’imaginer un autre modèle.
    Aujourd’hui les offres sont éclatées, les marges sont faibles, les systèmes de vente sont multiples chez presta et institutionnels, et il y a un gros chemin à parcourir pour que les activités se commercialisent en ligne. Du côté des OT, c’est pareil, notamment pour les visites qui sont encore commercialisées essentiellement au comptoir pour une grande majorité.
    Surtout, c’est encore le parcours du combattant pour le client : acheter une activité depuis son hébergement lors de son séjour, achat de dernière minute et d’opportunités, en achat additionnel lors de sa préparation, ou encore achats quelques jours avant sa venue avec un welcome mail bien pensé.
    A l’heure où l’internet de séjour est plus que bien intégré, au moment où l’éclosion de vraies stratégies de GRC vont permettre d’avoirs de vrais fichiers clients exploitables, et avec des clients qui ont intégré totalement les achats en ligne et le mobilefirst, il y a une opportunité à saisir.
    Cependant, elle ne peut en revanche pas être saisi dans la demi-mesure et de façon éclatée par le réseau.
    La force frappe du réseau quand il mutualise et se fédère (= des milliers d’offres), notre proximité de terrain pour le lien avec les entreprises, nos expertises en production d’offres sont trois atouts majeurs qui ne laisseraient certainement pas insensibles des distributeurs compétents sur la vente et la technologie.
    Une affaire à suivre et débat certainement passionnant le 10 mars que je ne manquerai pas de faire remonter ici.

  • Nicolas Jabaudon
    • Jean-Luc Boulin

      Bien vu Nico! C’est du revival…

  • Léa Pinsard

    Bonjour et merci pour cet article.

    Je me permets de partager l’expérience de l’Office de Tourisme de Tromsø (http://www.visittromso.no/en) en Norvège du Nord, où je travaille depuis maintenant trois ans.

    Capitale de l’Arctique, la ville attire les visiteurs pour ses aurores boréales (septembre-mars) et le soleil de minuit (mai-juillet). Bien que l’été soit la saison où nous avons le plus de flux touristique, nous remarquons que l’hiver est de loin la saison la plus rentable pour la destination. Nos visiteurs restent en effet plus longtemps sur place et désirent faire de nombreuses activités (chasse aux aurores boréales, safari baleine, chiens de traineau, motoneige…)

    L’office de tourisme a commencé à commercialiser ces activités en ligne en 2012. Aujourd’hui il est desormais possible de réserver environ 200 excursions sur le site de la destination ou directement à l’office de tourisme. Nous voyons que la vente d’activités ne cesse d’augmenter et nous travaillons aujourd’hui à la structuration de l’offre et l’optimisation des ventes.

    La distribution d’activités est devenue notre principale source de financement et fait partie intégrante de notre plan de développement. Dans ce contexte, la croissance de Viator est très interessante, et nous allons devoir mener un travail interne pour questioner la stratégie de commercialisation établie. Dans un mois nous avons rendez-vous avec un representant de Viator en visite à Tromsø.

    Nous serions très curieux d’entendre le retour d’experience d’autres destinations et souhaitons volontier echanger sur le sujet. Nous ésperons egalement pouvoir suivre les conclusions et débats de la journée du 10 mars.

    • Merci Léa pour votre retour d’expérience. En ce qui concerne la journée du 10/3 organisée par la MOPA, vous retrouverez les contenus des présentations sur leur site ou sur Slideshare, et j’imagine qu’un hashtag dédié est en place, n’est-ce pas @jeanbaptistesoubaign:disqus ? Au pire, suivez sur Twitter @mopa_aqui 😉

  • Il y a encore des offices qui pensent que le business se trouve dans une centrale de réservation. La vente de loisir, la billetterie dans son ensemble, est non seulement une opportunité de chiffre d’affaire, mais aussi une offre de service qui répond à l’attente des visiteurs comme des locaux.
    Pourquoi s’évertuer à promouvoir un territoire et ne pas aller au bout de la démarche, en se privant de commercialiser ses prestataires ?
    Super article

  • Jean-Baptiste Soubaigné

    Bonjour, comme évoqué dans les précédents commentaires, vous pouvez retrouver les présentations de la journée du 10 mars sur http://bit.ly/commercialisationactivites et vous y trouverez également des points de synthèse des échanges
    cc @rolandschegg:disqus @fabienquezelperron:disqus @lapinsard:disqus @Dublanchet:disqus

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