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Un peu de douceur pour vos projets

Publié le 12 janvier 2022
9 min
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Qui a dit que mener des projets touristiques, créer de nouveaux services ou produits touristiques devait être dur, laborieux et stressant ?

Alors même que nous travaillons dans le tourisme, il ne serait donc pas acceptable, voir même suspect, de pouvoir mener des projets de façon fluide, joyeuse et stimulante.  Une part de nous nous chuchoterait même qu’utiliser des méthodes très sérieuses, serait gage de crédibilité vis à vis de ceux qui pensent qu’on ne travaille pas vraiment dans le tourisme.

Pour avancer sereinement sur un projet, il est nécessaire de déterminer un cadre qui sécurise le chemin à emprunter mais quand ce cadre est enfermant, n’est ce pas le bon moment de le requestionner ?

Les anciennes méthodes, on les aime bien, elles nous rassurent car on est certains de ce qu’elles vont produire. Le problème, c’est justement d’“être certain de ce que cela va produire ».  Si l’on souhaite du renouveau alors comme l’explique notre ami Einstein on ne peut pas utiliser les mêmes modes de pensée qu’avant car ceux-ci produiront les mêmes résultats, ceux précisément dont on ne veut plus. Vous comprenez le schmilblick 🙂

Alors comment faire évoluer ces méthodes sans forcément mettre les anciennes à la poubelle ? Comment trouver de nouveaux chemins qui gardent le meilleur de l’ancien en y ajoutant un supplément de douceur pour réussir à prendre véritablement soin du projet lui-même et des équipes qui y  travaillent.

Votre elan pour gravir l’everest

Monter des projets touristiques pourrait ressembler à gravir le mont Everest. Votre objectif final, l’atteinte de ce point culminant, est connu et ambitieux. Mais à quoi va ressembler cette aventure ?  Quel est cet élan qui vous donnera envie d’avancer et maintiendra votre enthousiasme jusqu’au bout ? 

Lorsque l’on mène des projets touristiques, les objectifs axés sur la performance (réalisation de CA, fréquentation des lieux d’accueil, évènements, site web… ) sont importants car ils déterminent le but à atteindre mais ils ne sont la plupart du temps pas suffisants pour maintenir la motivation des équipes.

Nos façons de mener les projets gagneraient à laisser de la place à des éléments plus sensibles liés aux envies profondes. Autant vous prévenir avant, ces éléments sont difficilement quantifiables. Ils sont en effet la plupart du temps invisibles si on continue de les évaluer avec nos outils habituels (ceux câblés sur la performance). Pour les reconnaitre et mesurer toute leur valeur, nous aurons besoin d’engager de véritables conversations pour identifier ce que ce projet nous a apporté et comprendre que cet élan va bien au delà de la performance.

Alors quelles sont vos envies profondes pour mener ce projet, qu’aimeriez-vous y ajouter  :  

. un peu de créativité, de jeu même pour  mettre un peu de piment et d’inattendu dans ce projet

. un chouïa de  coopération, d’entraide et d’autonomie pour ouvrir d’autres horizons et d’autres regards sur le projet

. un soupçon de  légèreté et de fluidité pour  alléger le stress et la lourdeur liés au projet 

. une bonne dose de convivialité, de pétillant et même de beauté pour adoucir les aspects parfois très administratifs du projet

. une petite pincée d’apprentissage pour avoir la chance de grandir et de se renouveler

La liste est infinie et il ne tient qu’à vous de la compléter.

Mener un projet à partir de ses envies ne signifie pas que cela sera un long fleuve tranquille car les obstacles font partie intégrante du process. Mais cela signifie que nous pouvons faire d’autres choix que celui  de finir vidé ou d’avancer en marche forcée et de finalement trouver ça normal comme une composante essentielle à l’évaluation de notre performance …..

Alors et vous, où sont passées vos envies profondes ? Quel est cet élan qui va vous porter pendant toute la durée de la conception de ce projet pour vous donner envie de vous dépasser ? 

un cadre doux et enthousiasmant

Vous tenez maintenant votre élan alors jetez un coup d’œil à vos méthodes, sont-elles en accord avec ces nouvelles envies ? Rien qu’à l’idée d’ouvrir votre planning de travail, vous avez envie de tout refermer et sentez déjà le stress pointer le bout de son nez 🙂 .

Alors comment ajouter un peu de légèreté et de fluidité à votre cadre ?  Les pistes ne manquent pas, en voici quelques unes :

Avancer surement et durablement

On débute à peine ce nouveau projet qu’on aimerait être déjà arrivé, non ? Or cet écart entre le kilomètre zéro et l’atteinte du sommet est terriblement anxiogène et paralysant parfois. Avancer surement et durablement, c’est réussir à switcher d’un cadre enfermant où tout est déjà planifié dans les moindres détails, à une approche plus agile de petits pas. Dans cette approche, les objectifs et la vision sont bien évidemment fixés, les étapes dans leurs grandes lignes sont déterminées (mais ce n’est pas obligatoire ) et on avance ensuite en identifiant les premiers pas à engager dans les prochains jours (avec le qui fait quoi et dans quel délai) . Pas besoin de tout voir à l’avance, on engage les premiers pas, on fait un point quand ils doivent être réalisés et ensuite on engage les suivants et ainsi de suite. On peut se sentir en insécurité dans ce schéma car on n’a pas le contrôle sur la situation globale mais cette approche permet une mise en action rapide des équipes dans un climat plus léger et sans rogner sur les objectifs.

Tester vite pour apprendre et améliorer rapidement

La pression nait aussi de l’idée que l’on se fait de la perfection c’est à dire à partir de quel moment le projet est prêt à être lancé ? La plupart du temps, on prend un temps fou à refaire, défaire et encore refaire car il manque encore ce petit truc qui fera la différence. Or attendre ce petit truc, c’est aussi perdre un temps précieux. Tester son projet dans une version pas totalement aboutie, en format prototype ou brouillon de luxe, c’est pouvoir bénéficier rapidement de retours sur son projet et de l’améliorer. Vous voulez par exemple lancer un nouvel atelier pour vos prestataires, et bien pourquoi ne pas inviter un groupe de prestas sympas à venir essayer la version proto afin de recueillir du feed-back. L’idée c’est véritablement de pouvoir tester rapidement pour améliorer le concept. Cela permet aussi de mettre en confiance l’équipe car le format proto désamorce une partie de la pression. Ces retours sont des vrais cadeaux si tant est que nous soyons en mesure de faire taire notre égo sur le côté inachevé du proto et en capacité d’entendre véritablement les retours des testeurs.

Prendre soin du rythme

Parler de fluidité et de douceur sans parler de rythme de travail, serait passer à côté d’une partie essentielle du projet. On a envie de contrôler ce temps qui passe alors on l’enferme dans des plannings ultra bordés. Mais il nous file souvent entre les doigts. A certains moments, on peut remarquer que le projet fait un grand bond en avant d’une façon soudaine et inattendue. A d’autres moments, c’est le stand bye mais un stand bye productif qui après coup nous permet des perspectives nouvelles. D’un autre côté, nous n’avons pas tous besoin du même temps pour faire les choses et suivant notre état du moment nous n’avançons pas de la même façon. Prendre soin du rythme demanderait donc de prendre en compte toutes ces composantes relativement mouvantes et de trouver dans la planification un juste équilibre entre un rythme à la fois tendu vers l’objectif et relâché (tenant compte du rythme fluctuant de chacun).

Et ajouter une petite dose d’enthousiasme

Vous avez également peut-être envie d’ajouter de la créativité, de la convivialité, du pétillant et de la beauté à vos méthodes ? Aucun doute qu’en ayant choisi de travailler dans le tourisme, vous ayez toutes les ressources nécessaires pour en ajouter autant que vous le souhaitez. Ce ne sont pas les sources d’inspiration qui manquent mais plutôt la possibilité de s’autoriser réellement à le faire. C’est la même chose pour la coopération, elle est à portée de main si tant est que nous soyons véritablement prêts à la lancer entrer dans nos projets. Alors et s’il s’agissait juste d’oser !

Les outils et les méthodes peuvent être réinventés à chaque instant, ne nous laissons pas enfermer par des normes, des « on croit qu’il faut faire comme ça ». Le cadre doit être vraiment soutenant, en s’appuyant  sur des méthodes éprouvées (planning, compte-rendu, point d’arrêt…) mais il nécessite d’y intégrer des façons plus créatives et joyeuses pour le faire. Il  peut-être véritablement inspirant et léger, c’est à vous de le décider !

vos emotions, votre meilleure boussole

Après avoir défini votre élan et revisité votre cadre, vous vous dîtes peut-être que tout cela c’est bien joli mais cela n’évitera pas les cafouillages. C’est effectivement important de porter son attention sur les moments où ça déraille et d’écouter les signaux d’alerte. La bonne nouvelle c’est que ces signaux sont justes sous notre nez et prêts à l’emploi à partir du moment où on sait les écouter !

Persona non grata dans les entreprises pendant de très longues années, les émotions sont restées longtemps taboues. Je me souviens en avoir bloqué une bonne partie pour me fondre dans un moule à l’apparente normalité où rien ne devait venir perturber le quotidien au travail. Sauf qu’on peut faire autant d’heures de méditation qu’on veut, on ne deviendra jamais un moine bouddhiste au travail (ou bien je ne l’ai pas encore rencontré 🙂 ). Nous éprouvons tous une palette d’émotions au cours de la journée et c’est une bonne nouvelle car nous sommes juste bien vivants 🙂 !

Mais comment faire avec ces émotions parfois encombrantes qui n’ont pour unique but que de nous guider. Quand la joie et le plaisir sont présents, c’est une bonne nouvelle, car c’est le signal que nous sommes sur la bonne voie sur ce projet. Quand la frustration commence à pointer le bout de son nez, c’est qu’il faut peut-être regarder ce qui manque au projet. Quand c’est la colère qui s’invite, c’est de pouvoir réussir à entrevoir ce qui a été abimé et qui a besoin d’être rectifié. La peur est aussi précieuse car elle nous indique les endroits où nous sommes bloqués. Ecouter ses émotions, s’en servir comme alerte permet de véritablement mener les projets de façon plus fluide et consciente. 

Et que dire de cette petite voix, celle que l’on appelle intuition, qui si on arrive à tendre l’oreille a beaucoup de choses à nous dire aussi. Mais elle non plus, n’a pas été la bienvenue car on ne peut pas la vérifier. Elle ne rentre pas dans un cadre rationnel, sauf qu’elle aussi a des choses à nous dire. 

Alors et vous, qu’avez-vous fait de vos émotions, ont-elles une place dans votre quotidien au travail ? Et votre intuition, réussissez-vous à l’entendre ? Vous en servez-vous comme boussole ?

un petit mot pour la fin

Je fais le vœux pour cette nouvelle année, que dans le déploiement de tous nos projets touristiques, nous puissions insuffler un peu de ces ingrédients, en plus ou moins grande quantité selon nos envies du moment et notre sensibilité mais que cette année soit une opportunité pour remettre un peu de douceur dans nos façons de mener les projets. Je fais le vœux que ces chemins puissent être enthousiasmants et que nous y trouvions juste ce qu’il faut d’obstacles pour nous ouvrir de nouvelles voies. Je fais le vœux que nos futurs projets puissent trouver ce bel équilibre entre le cadre (les méthodes pour agir) et leur façon d’être (plus douce et pétillante).

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J’utilise depuis plusieurs années les méthodes d’intelligence collective au service de différents projets touristiques. Je trouve qu’elles apportent une nouvelle vision de nos métiers, où l’humain est véritablement mis au cœur du projet, l’humain dans le respect de chacun. J'étais, jusqu'en avril 2019, Directrice de l’Office de Tourisme du Pays d’Ancenis -Val de Loire, où j’avais notamment en charge les missions traditionnelles concernant le management d’équipe, les stratégies de communication, [...]
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