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Sans contact mais avec communication

Publié le 2 septembre 2007
3 min

Cela fait quelque temps déjà que les technologies de communication sans contact (*NFC*: near field communication) connaissent des applications pratiques: le pass Navigo de la RATP ou le pass du tramway, amis bordelais, utilisent cette technologie. On passe la carte équipée d’une puce NFC à quelques centimètres du lecteur, et le tour est joué. Aux Etats-Unis, c’est le parc de cartes bancaires (et de terminaux de paiement…) qui commence à migrer vers cette technologie.

En France, cela fait également un petit moment (un an et demi) que les opérateurs télécom (Orange en tête) expérimentent autour de l’implémentation de la technologie NFC dans nos téléphones mobiles. L’idée: le téléphone stocke dans sa carte SIM (protégée) toutes sortes de cartes sans contact virtuelles (cartes de fidélité, de transport, de paiement, etc.) et il devient possible de l’utiliser de la même façon qu’on utilise aujourd’hui son pass Navigo. Mais aussi pour payer comme avec une carte bancaire (via un terminal de paiement adapté NFC), ou pour utiliser son téléphone comme un titre d’accès à un concert ou à une visite guidée, etc.

En juin dernier, Orange a annoncé le premier lancement commercial européen d’une offre mobile NFC: c’est prévu pour janvier 2008 et ça se passera à Bordeaux (où Veolia et Laser Cofinoga seront partenaires respectivement pour les transports et les applications monétiques). Objectif: quelques milliers de clients à Bordeaux la 1re année, avant un déploiement national. Nous y reviendrons quand le programme sera lancé. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est que la technologie peut également être appliquée, à terme, à l’information touristique.

En effet, le téléphone NFC peut à la fois stocker de l’information destinée à être lue, comme lorsqu’il sert de carte de paiement virtuelle ou de titre d’accès, mais il peut également fonctionner comme un lecteur, et récupérer l’information stockée dans une puce, un « tag » qu’il est par exemple possible d’apposer sur la façade d’un monument. Un tel tag coûte quelques dizaines de centimes d’euros, il ne permet pas de stocker une grande quantité d’information, mais suffisamment pour stocker l’adresse d’un site WAP dédié: quand on passe son mobile à quelques centimètres, on est directement connecté et l’information récupérée en ligne s’affiche. Subtilité qui a son importance: qui paye le trafic? Est-ce débité du forfait data du possesseur du mobile? Eh bien, les opérateurs travaillent précisément à mettre en place toute l’infrastructure logicielle et à mettre à jour leur réseau pour distinguer entre une consommation internet mobile « classique » et une consommation internet provenant de la lecture d’un « tag ». Un investissement consenti par les opérateurs pour lever les freins à l’utilisation et développer les usages, signe qu’ils sont décidés à explorer toutes les possibilités offertes par la technologie.

En gros, cela revient à dire que tout objet auquel on applique un « tag » dispose de sa propre URL, accessible de façon transparente pour l’utilisateur, et vraisemblablement sans surcoût (la politique tarifaire d’Orange, en l’occurence, est à l’étude, mais la nécessité de développer les usages devrait primer). A Bordeaux, l’hypothèse a été évoquée d’utiliser cette option pour équiper les bâtiments publics et renvoyer vers de l’information pratique accessible y compris en dehors des horaires d’ouverture; rien n’est encore figé, et certains usages envisagés semblent de toute façon peu réalistes. Mais on peut très bien imaginer d’équiper les lieux d’intérêt touristique pour renvoyer non seulement vers de l’info pratique, mais aussi vers de l’info culturelle, historique, etc. A suivre, donc, sinon à adopter tant que le parc d’utilisateurs n’aura pas atteint une taille critique – une chose est sûre: l’ensemble des opérateurs européens s’intéressent au NFC sur mobile, avec en tête l’idée de faire converger sur un terminal unique toutes sortes de services dans le registre de la monétique et de la billettique. Et c’est d’ailleurs sans doute cette application qui sera d’un intérêt pratique à plus court terme pour les opérateurs touristiques.

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