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Les (vraies) tendances tourisme pour 2022

Publié le 3 janvier 2022
6 min

Cette année, c’est moi qui m’y colle : le billet de la rentrée de janvier pour le blog. Billet que je n’ai évidemment pas préparé en avance, et qui occupe donc mon dimanche après-midi de sortie de festivités sylvestriennes. Le genre de dimanche où l’esprit n’est pas forcément totalement opérationnel…

Le ton imposé du premier billet de l’année, ce sont évidemment les tendances de notre économie touristique pour 2022. Depuis bientôt 16 ans que le blog existe, nous nous devons d’éclairer nos lecteurs sur ce qui les attend! (nous nous sommes d’ailleurs rarement trompés ☺️ )

Pas vraiment inspiré, je me suis donc dit que plein de gens sérieux avaient déjà réfléchi au sujet. Et c’est vrai. La barre de recherche de Google frétille lorsqu’on la nourrit d’un « tendances voyage 2022« , et l’outil vous livre avec joie une somme d’informations. De beaux travaux réalisés par des compagnies dont le seul objectif est (en général) le bien-être de l’humanité. Ainsi Booking, qui a interrogé 24000 voyageurs heureux d’annoncer comment ils allaient passer leurs vacances en 2022. Et bien, la première tendance (sur les 7, chiffre magique) de l’étude révèle que le workation, c’est déjà fini, à peine commencé! Lassés par le télétravail, les voyageurs de l’an nouveau voudraient vraiment décrocher durant leurs congés, et ne plus lier vacances et travail.

Je croyais détenir une information intéressante, jusqu’à ce que je tombe sur les tendances de Thx Agency, une agence spécialisée dans le « marketing du voyage » qui a mené une enquête super fiable en interrogeant 8 de ses clients 😃 pour sortir aussi 7 tendances (re-chiffre magique) : la numéro 7 est justement « bosser et voyager », et selon les experts de cette agence, le workation pourrait bien devenir un mouvement permanent. Mince!

Pour briller en société : friendcation et trip stacking.

J’ai donc préféré aller chercher les tendances un peu exotiques, manière de vous apprendre des mots nouveaux, ce qui peut vous faire briller en réunion d’équipe. Chez Amadeus, leader de la réservation aérienne, on a compilé avis d’experts et données de réservation, pour dessiner les tendances 2022, parmi lesquelles se dessine la « Friendcation« . et oui, après la staycation, le workation, voici la friendcation. Une vraie tendance « Après une longue période d’enfermement et de restrictions, passer du temps avec ses amis n’a jamais été aussi important.  » Et oui, en 2022, vous ne ferez plus l’apéro avec des potes en bord de mer, vous serez en Friendcation. Une révélation, non?

Allez, rien que pour vous, un deuxième mot-tendance : le trip stacking, tendance révélée par Air Canada. Je vous en bouche un coin, là, non? Kezaco que le trip stacking? Il s’agît ni plus ni moins que de réserver des voyages de rechange au cas où le votre serait annulé. Le Japon a trois cas de covid et ferme ses frontières? Pas grave j’ai aussi un billet pour l’Australie et un autre pour le Sénégal! Le Trip stacking, vous allez pouvoir aussi le placer dans votre prochain comité de direction, ça fera de vous un vrai professionnel du tourisme…

Bref, après une heure de lecture des prédictions de ces diverses compagnies bienfaitrices, je sais tout sur les tendances 2022: la « sécurité avant tout », le « last minute », « l’age d’or du slowtourisme », « les voyages d’affaires prêts à décoller », le « tourisme durable devient une priorité », et bien sur le classique « 20022, l’année du revenge travel ». En fait, je suis complètement perdu…

C’est ainsi que j’ai décidé d’élaborer mes propres tendances voyage pour 2022, en m’interrogeant moi-même, ce qui malgré tout représente déjà un panel assez considérable de gens qui parlent pour ne rien dire…

Au début, j’avais prévu de vous livrer 7 tendances pour 2022 (chiffre magique, toujours), mais il faut vraiment que j’aille préparer une soupe de légumes pour honorer la même bonne résolution que vous, alors, j’arrête à six. Mais chers lecteurs, c’est toujours ça de pris!

#1 . Les touristes partiront plus en vacances durant leurs congés annuels.

Même si tout le monde souhaite étaler au maximum la saison touristique et faire du Morvan la destination phare pour le mois de novembre, force est de constater que ça manquera de touristes, car ceux-ci garderont la mauvaise habitude de partir en vacances durant leurs congés annuels. Et comme plus de 50% des entreprises françaises ferment leur porte au mois d’août, il y a de très fortes chances que ce soit sur cette même période qu’on parle de surtourisme et que l’on s’inquiète de l’étalement de la saison touristique.
Il y aurait bien les retraités qui pourraient aider à ce mouvement de désaisonnalisation, mais comme déjà, ils vont au supermarché le samedi matin, y’a pas de raison qu’ils ne sortent pas leur camping-car la première quinzaine d’août!
Bref, la seule solution serait d’augmenter le nombre de semaines de congés annuels afin de gagner en étalement de vacances.

#2. Les gens adoreront le tourisme de proximité lorsqu’ils ne pourront pas partir plus loin.

Si la pandémie garde les touristes loin des centres urbains et des destinations exotiques, il y a fort à parier qu’ils tombent dingue du tourisme de proximité et fassent preuve d’un intense patriotisme de villégiature. « mais pourquoi partir à l’autre bout du monde alors que nous avons toutes ces merveilles à une heure de la maison ? »
Si par contre, Omicron signe la fin de la plaisanterie covidesque, la proximité aura tendance à prendre du champ…

#3. Les gens prendront plus de plaisir sans masque, sans pandémie, et avec du soleil.

On peut en effet s’attendre à ce que si comme le suggère notre ministre de la santé, cette vague est celle du reflux, ça va faire plaisir à tout le monde. Et si ce printemps il fait beau, qu’on a tombé le masque, et qu’il n’y a plus de covid, et bien tout le monde sera super content de partir en vacances totalement libéré! Je prédis que les visiteurs seront beaucoup moins grognons, et les acteurs du tourisme très heureux de la situation (s’ils arrivent à recruter…)

#4. Ce qui est moins cher et mieux se vendra mieux que ce qui est plus cher et moins bien.

Démonstration : si, dans un contexte post pandémie, une semaine dans un cinq étoiles à Marrakech, vol compris, est vraiment moins cher que la même semaine dans un gîte deux épis du Morvan, il y a des chances que la première offre ait beaucoup plus de succès que la première… Même avec le tourisme de proximité, le slowtourisme, la staycation, et le reste…

#5. Deux nouvelles tendances vont émerger : le noworkation, et le nostaycation.

Encore deux termes pour briller en réunion de direction à la communautés de communes la semaine prochaine. Le noworkation qui consiste juste à partir en vacances sans travailler semble effectivement une pratique assez étrange et novatrice. Mais je pense qu’elle va séduire bon nombre de nos visiteurs l’été prochain…

Quand au nostaycation, c’est là aussi une nouvelle pratique qui consiste à ne pas rester sur place pour prendre des vacances. A bouger, tout simplement, pour aller faire du tourisme en dehors de chez soi. Vous verrez, ça va marcher…

#6. Ah, oui et le tourisme durable…

Ne l’oublions pas cette tendance de fond. 2022 sera vraiment l’année du tourisme durable, de la prise de conscience écologique, de la consommation responsable, du voyage en train et en vélo, du bilan carbone exquis, et du respect total de la planète. Cette tendance sera dans un premier temps confirmée dans nos rendez-vous professionnels, nos colloques, et dans les colonnes de ce blog. Sur le terrain, ça viendra sans doute, mais plus tard, plus lentement… Mais ne dit-on pas que l’important, c’est le chemin ?

Une excellente année à toutes et à tous de la part de la rédaction. Ne croyez pas trop ce qu’on vous raconte, et surtout merci pour votre fidélité…

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Jean Luc Boulin est consultant en tourisme : Intervention auprès des élus et des prestataires touristiques, coaching, accompagnement des équipes et des directions sont ses principaux champs d'intervention. Avec deux exigences : se mettre à la place du client et oser l'innovation. Directeur de l’office de tourisme de l’Entre-deux-Mers (Gironde) et du pays d’accueil touristique du même nom pendant plus de dix ans, Jean Luc Boulin a dirigé la MONA [...]
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