Il y a bientôt un an, je publiais sur le blog un article sur l’obligation légale pour vous, professionnels du tourisme, de rendre vos services numériques accessibles et ouverts aux 12 millions de Français en situation de handicap (18 % de la population française).
Aujourd’hui, je vous propose un article moins axé sur l’aspect juridique et plus porté sur les bonnes pratiques concrètes à adopter pour rendre vos contenus lisibles et compréhensibles à un public le plus large possible.
Ayant moi-même été aidant pendant une décennie d’une personne proche en situation de handicap visuel pour l’assister dans ses diverses démarches en ligne, j’ai pu, en partie, être le témoin de quelques-unes des difficultés récurrentes rencontrées.
Je tente de vous livrer ici les postures de bon sens à adopter et les actions prioritaires à intégrer dans votre quotidien pour faciliter l’accès à vos contenus numériques et lever les freins principaux aux 41 % des personnes en situation de handicap qui utilisent des sites ou applis pour préparer leurs séjours en ligne.

Ce billet n’a bien entendu aucune prétention à être exhaustif ni trop pointu techniquement.
Mais peut-être pour les personnes novices en la matière ou désireuses de faire un pas vers plus d’inclusivité, constituera-t-il un premier pas vers une sensibilisation et une découverte plus poussée du RGAA (Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité) ?
La méthode FALC, tu éplucheras
L’un des piliers universels de l’accessibilité est de rendre vos éléments rédactionnels facilement compréhensibles. Il ne s’agit pas de changer le fond du message, mais plutôt sa forme grâce à une méthode européenne d’écriture et de mise en page appelée FALC.
Cette méthode apporte notamment des informations très éclairantes sur le choix des typographies à privilégier, la structuration de l’information à mettre en place, les niveaux de langage à adopter, la bonne utilisation des pictogrammes, des schémas, photos… Une mine d’informations incontournable lorsqu’on souhaite se lancer !

Ton attribut alt pour les images, tu remplieras
L’attribut alt (texte alternatif) permet de fournir une alternative textuelle à l’image qui sera lue par les technologies d’assistance telles que les lecteurs d’écran pour les personnes malvoyantes ou aveugles.
Vous devez donc le renseigner avec un soin tout particulier pour toutes les images non décoratives afin que votre contenu visuel puisse être « perçu et compris ».
En prime, l’attribut alt est bénéfique pour le référencement naturel de vos images sur les moteurs de recherche.

Le contraste et les combinaisons de couleurs, tu soigneras
Optez pour un contraste entre la couleur du texte et la couleur de son arrière-plan suffisamment élevé pour assurer une lisibilité optimale de vos textes et ce en toute condition (comme vérifier les horaires des marées avec son smartphone sur la plage en plein été à midi par une journée ensoleillée…).
Une information spécifique ne doit par ailleurs jamais être donnée uniquement par la couleur, notamment pour les personnes souffrant de daltonisme. Une information importante doit simultanément toujours être transmise par la couleur ET par une autre indication (texte, symbole, motif).

Tes contenus audio et vidéo, tu sous-titreras
Les contenus audio et vidéo doivent disposer d’alternatives accessibles.
Il vous faut donc sous-titrer l’ensemble de vos vidéos (en blanc sur fond noir) et proposer une audiodescription ou une transcription textuelle pertinente (comme les médias de type podcast).
La présence d’une transcription assure l’accès à l’information même au cas où l’utilisateur ne peut pas lire ni voir la vidéo ou entendre le contenu audio.

Tes liens et boutons, correctement tu intituleras
Un lien doit toujours avoir un intitulé pertinent et explicite.
Évitez ainsi les liens creux de type « en savoir + »/« découvrir »/« lire la suite… ».
Mettez en valeur les actions importantes de type call to action (CTA) par des boutons bien étiquetés, de taille suffisante et faciles à activer sans mouvements précis de la souris.

Ton information, tu structureras
Le titre de chacune de vos pages web doit être unique et pertinent et s’afficher dans l’onglet du navigateur pour naviguer facilement parmi différents onglets. Votre hiérarchie des titres de pages est complète et cohérente grâce à une bonne implémentation des balises sémantiques (h1, h2…).
Votre menu de site est simple et l’arborescence simplement compréhensible.
Idem, en bonus, une parfaite structuration de vos contenus est bénéfique pour votre référencement naturel sur les moteurs de recherche classiques et d’IA générative

Le trop d’émojis, tu éviteras
Attention à l’usage intensif des emojis, notamment sur les réseaux sociaux.
Vérifiez la description de vos emojis dans l’emojipedia en amont pour une bonne cohérence de votre message.
Par exemple l’emoji 🙏 est parfois perçu comme un high five, en réalité, son nom Unicode est “mains en prière” et il sera donc dénommé ainsi par les assistants de synthèse vocale…
L’accessibilité des contenus, un voyage continu…
Pour conclure, l’accessibilité numérique n’est pas une destination finale à atteindre, c’est un voyage continu d’apprentissage et de mise en œuvre !
Chaque amélioration, même modeste, contribuera à rendre votre communication plus inclusive.
L’important est de commencer, d’apprendre et de progresser pas à pas vers des contenus plus accessibles pour tous.
Aucune IA n’a été utilisée dans le cadre de la rédaction de ce billet.
Seulement une dose empathique de matière grise humaine, un peu de sueur sur un clavier et surtout un plaisir intense d’écrire.