Analogique VS digital : le paradoxe de la Gen Z 

Publié le 26 mars 2026
4 min

Ana… Quoi ?

« L’analogique et le numérique sont deux procédés qui permettent de transporter et de stocker des données (de type audio, photo , vidéo…). L’analogique est né avec le début de l’électricité tandis que le numérique est apparu plus récemment avec l’ère de l’informatique. »
Source : Iptis.fr

Si l’analogique était un objet ce serait une cassette VHS (ce truc génial qu’on allait louer dans un magasin le vendredi soir, et qu’on devait parfois rembobiner avec un stylo #millenial) tandis que le digital (ou numérique) serait un DVD ou, plus moderne, un service de streaming en ligne. De façon très simple, c’est un retour au monde réel.

Une façon pour toute une génération d’appuyer sur « pause » dans un monde où tout va trop vite, trop loin et de façon effrayante. Coucou l’IA, le service public et la géopolitique ! 👋

Image d’archive © pixabay – inspiredimages

LA tendance social media de 2026

Qui par ici a fait son « Off February » le mois dernier ? Objectif : pas de réseaux sociaux pendant 28 jours (heureusement, ils ont choisi le mois le plus court de l’année, ouf). 

Dans cette même optique de reprendre le contrôle sur la technologie numérique, de nouveaux contenus apparaissent dans nos fils d’actualités : 

  • Les « sacs analogiques », qui regorgent de trésors venus du passé comme un MP3, un carnet à dessin, des mots fléchés voire un appareil photo argentique pour celles et ceux qui ont passé le niveau « expert·e » des hobbies à l’ancienne
  • Des vidéos valorisant les « activités de grand-mère » comme le tricot ou la broderie (je vous en parlais déjà en 2024 aux Rencontres Nationales du Tourisme à Pau)
  • Des séries de créateur·ices du type « finding myself » (*se retrouver) invitant à faire une activité déconnectée par jour, en postant quotidiennement pour s’y tenir via la responsabilité envers une communauté digitale
  • Des contenus contemplatifs, doux, apaisants, à la première personne du singulier et globalement qui tendent la main aux communautés
Hashtags Instagram avec le mot-clé « argentique »

Digital flemme VS FOMO*

Cette tendance est révélatrice d’une chose : on a tous·tes besoin de concret, de renouer avec le monde physique et on cherche à se rassurer en s’appuyant sur des objets tangibles. Et ce, particulièrement quand on a grandi avec Internet car tous les automatismes sont à déconstruire ! 

« 47% des jeunes de 16 à 21 ans déclarent qu’ils préfèreraient être jeunes dans un monde sans internet »
Source : FranceInfo

La raison principale ? Elle est limpide : la fatigue numérique omniprésente, la surcharge digitale, l’infobésité, le doomscrolling (*le fait de faire défiler sans fin des contenus social media) ou peu importe votre façon de l’appeler. On n’en peut plus d’être connecté·es, et paradoxalement notre besoin de connexion (avec soi-même ou les autres) n’a jamais été aussi fort. Bienvenue en 2026 !

On a aussi en tête que la fin du monde n’est peut-être pas SI éloignée que ça, et que c’est peut-être pas une SI mauvaise idée de (ré)apprendre à faire des choses avec ses mains, loin des écrans. 

« 40 % des adolescents de 12 à 15 ans déclarent désormais faire volontairement des pauses avec leur smartphone ou les réseaux sociaux, une proportion en hausse de 18 points depuis 2022. Plus largement, près de la moitié de la Gen Z dit se sentir submergée par les écrans, tandis que 44 % affirment avoir réduit volontairement leur temps d’écran au cours des six derniers mois »
Source : La Réclame

Cette tendance n’est cependant pas exempt d’effets pervers même si elle paraît louable au premier abord : déjà, elle existe grâce aux réseaux sociaux. Je me suis moi-même retrouvée à scroller pendant des heures sur TikTok en regardant des vidéos de personnes me montrant à quel point c’était chouette de faire des trucs « dans la vraie vie » comme dessiner, lire, se balader… Et c’est vrai que ça avait l’air chouette, mais à part nourrir ma culpabilité de ne pas le faire et ajouter à la pression de ne pas faire quelque chose de « productif », il ne s’est pas passé grand chose. Ça n’a aucun sens me direz-vous ! Oui. Mais c’est aussi symptomatique d’une génération qui a les fesses entre deux chaises digitales, entre la VHS et le DVD.

Ce que je trouve cependant très positif c’est que cette tendance analogique est un signal fort que le monde change, et que les nouvelles générations veulent reprendre la main sur leur attention !

*FOMO = Fear Of Missing Out = peur de passer à côté de quelque chose

OK… Et dans le tourisme, ça dit quoi ?

La tendance analogique c’est une vraie opportunité pour les destinations qui ont un récit ancré, authentique, qui infuse à travers tout le territoire et les acteur·ices socio-professionnel·les.

On pourrait imaginer des expériences touristiques « déconnectées » comme des « séjours analogiques » qui allient un itinéraire de rando avec un carnet de voyage à remplir + un atelier poterie, des offres d’hébergements en « digital detox »… Le tout mis en valeur avec des contenus qui invitent à ralentir plutôt qu’à consommer davantage, qui révèlent l’âme du territoire et créent un lien avec ses visiteur·ices ! 

Tendance passagère ou changement sociétal : affaire à suivre ? En attendant, je vais de ce pas ouvrir mon carnet de croquis pour immortaliser mon chien saucisse en train de dormir au soleil.

C’est pas si mal les hobbies analogiques !
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Fondatrice de l'agence Avéré et spécialisée en communication digitale depuis 9 ans, j'aide mes client·es à atteindre leurs objectifs stratégiques grâce aux réseaux sociaux.
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