Il y a une semaine tout juste se concluait la 22ème édition des Rencontres nationales du etourisme. Vous êtes de nombreuses lectrices et de nombreux lecteurs à avoir participé à cet événement au cours de ces dernières années. 22 ans. Ce n’est pas rien. Au fil des éditions, ces rencontres ont su embrasser annuellement des sujets bien plus larges que l’aspect « numérique ». Cette année encore, à travers le triptyque Intention, Maturité, Génération(s), j’ai vu se tracer un autre chemin dans la programmation. Celui qui révèle un socle de culture professionnelle commune, celui qui donne à voir des modèles émergents comme de nouveaux signaux pour faire différemment. Puis ce chemin m’amène au rôle des organismes de tourisme et à leur valeur cachée : la santé territoriale.

Une culture professionnelle commune
Sujets climatiques et connaître (vraiment) les ordres de grandeur et les trajectoires
C’est d’abord avec Maximilien Petitgenet que quelques points sur les i ont été mis. En effet, en reprenant les éléments scientifiques à disposition, communiqués, connus, mais pourtant tout emmêlés dans nos têtes, il a éclairé à nouveau sur ce savoir commun à avoir sur les SUJETS CLIMATIQUES. Les faits, la science, et non pas les opinions des uns et des autres. Acteurs de territoire et chefs d’entreprises que nous sommes, nous nous devons en 2026 de comprendre, apprendre et agir avec l’exigence d’avoir un effet sur nos actions. Sa conférence d’une heure est disponible. Si vous n’étiez pas aux #ET ? jouez le jeu de son quiz introductif. Vous ne pourrez plus dire « c’est bon je sais » sur ce premier élément de culture professionnelle commune pour notre secteur.
L’intergénérationnel
Deuxième point clé de cette culture professionnelle commune : L’INTERGÉNÉRATIONNEL. Les entreprises et organisations ont en leur sein une richesse de dingue : la transmission. Le partage de pair-à-pair qu’il se fasse au sein d’une même organisation ou entre organisations est un outil clé. Que cette transmission se fasse des plus anciens aux plus jeunes, des plus jeunes aux plus anciens, des plus jeunes aux plus jeunes, des plus anciens aux plus anciens, elle n’a pas de prix (et pas d’âge). Elle peut se faire aussi bien sur des aspects techniques, opérationnels, stratégiques, méthodiques, et aussi sur la perception du monde du travail et de la société. Savoir manager cette transmission, c’est savoir manager en grande partie cette richesse intergénérationnelle. Un levier essentiel pour être une entreprise apprenante surtout au regard de la vitesse des nouveautés et de notre capacité à oublier ce qui marche déjà bien.
Pour que l’intergénérationnel devienne la base, tu peux replonger dans les contenus de l’atelier Management intergénérationnel : mythe ou réalité (avec Magalie Bironneau, Dominique Le Thérisien, Claire Louërat) ou la conférence d’introduction et son Pestacle Génération(s) (Maxime Champemont et Cécile Valero) ou encore t’appuyer sur les pratiques de co-développement pour traiter collectivement les problématiques auxquelles tu fais face (Laurence Giuliani, Sophie Duprat Caouré, Fabien Raimbaud, Maxime, moi-même).
La santé mentale
Troisième sujet de cette culture professionnelle commune : LA SANTÉ MENTALE. Hop hop hop, ne saute pas ce paragraphe, lis déjà la définition de ce que tu crois déjà savoir. Je vous en parle car l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) définit la santé mentale comme « un état de bien-être mental qui nous permet d’affronter les sources de stress de la vie, de réaliser notre potentiel, de bien apprendre et de bien travailler, et de contribuer à la vie de la communauté ».
En clair, santé mentale et monde du travail sont totalement interliés. Ne pas en prendre soin, ne pas l’intégrer avec intention, comme un levier essentiel pour le bon fonctionnement de son organisation pour atteindre ses objectifs, c’est… se louper tout simplement. Avec Claire Louërat, Marion Pansart, nous avons pu mener un atelier à nouveau sur ces sujets et le chantier est encore vaste dans notre réseau (une des ressources affichées dans la salle). Mais, comme le lien avec la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), comme le lien sur la place de chacun dans les équipes, comme le lien avec la lutte contre le sexisme ordinaire au travail, il n’est jamais trop tard pour s’y mettre.
Et si la prochaine étape pour ce levier de culture professionnelle commune, c’était les Premiers Secours en Santé Mentale ?
Des signaux forts pour faire différemment
Les communautés d’intérêt
Mon premier signal avec lequel je reviens encore plus convaincu, c’est la notion de COMMUNAUTÉ D’INTÉRÊT. Et non, ce n’est pas en mode #bisounours. Aux #ET, ce sont des dizaines de milliers d’euros recapitalisés en deux années pour trouver les équilibres. On regarde dans le rétro sur 12 mois ?
Laurent-Pierre Giliard, Ludovic Dublanchet et moi-même partagions à la même période en 2025 nos plus vives interrogations sur la faisabilité d’une édition supplémentaire pour les #ET. En toute transparence, lors de l’événement et après, nous avons exposé la situation à toutes les parties prenantes, nous avons mis en discussion, mouliné.
Puis cela a révélé quelque chose de puissant, non pas seulement des « parties prenantes » autour de l’événement, mais plutôt une véritable communauté d’intérêt pour tout ce que représente cette ressource à préserver.
Nous y retrouvons de nombreux fournisseurs qui ont fait des efforts, forts de plusieurs années de collaborations tissées, entretenues.
Nous y retrouvons les participants qui ont soutenu, apporté des idées, répondu présents.
Nous y retrouvons le Campus des #ET qui rassemblent une vingtaine d’anciens et nouveaux, tous volontaires, pour concocter pour le plus grand nombre le programme des #ET et penser tous les « à côté ».
Nous y retrouvons des entreprises apportant des nouveautés, des démo, du contenu, font vivre le salon de l’innovation.
Nous y retrouvons des partenaires nouveaux et anciens.
Nous y retrouvons les blogueurs de ce blog qui tout au long de l’année sèment et partagent idées, convictions et interrogations.
Nous y retrouvons un premier cercle d’organisateurs qui ne lâchent rien : Laurence, Pierre, Jean-Luc, Ludo, LP, JB…
Tous à leur niveau, avec leur regard et leur apport, voient dans ces rencontres quelque chose qui va bien au-delà que 3 jours dans l’agenda en octobre. Et c’est là que la communauté d’intérêt se relie, quand elle se met en action pour préserver une ressource.

La communauté d’intérêt a également pris toute son épaisseur pendant un atelier dédié aux #ET. Vous avez d’ores et déjà accès aux ressources de Communauté d’intérêt et financement participatif de projets avec Fabien Raimbaud, Fabien Hennion et Stéphane Branquart. L’occasion de parler de mutualisation de moyens, mutualisation de compétences, mutualisation d’outils, coopération territoriale, financement participatif, création de ressources pour un patrimoine commun de savoirs, etc.
Là aussi pas de chichi mais du concret deux projets partagés, inscrit des visions longues, s’appuyant sur des communautés d’intérêt, avec des actions, un modèle économique, du reporting.
Il n’y a donc qu’un pas vers le deuxième signal majeur sur de nouvelles pratiques, c’est le PARTAGE DE COMPÉTENCES.
Le partage des compétences et nouveaux modes d’emploi
En cette période où les lignes budgétaires sont davantage regardées que le capital humain / compétences d’une organisation, le tourisme institutionnel n’a sans doute jamais eu autant besoin de se réinventer. Cette phrase, on pourrait la sortir tous les 5 ans depuis 20 ans sauf qu’aujourd’hui les licenciements, les dissolutions, la disparition de compétences sont réelles.
En parallèle, le monde du travail évolue à tout vitesse, les métiers sont bousculés, les compétences se redistribuent, les organisations sont poreuses entre elles et pourtant nos pratiques restent ancrées dans une logique de possession. « Mon » salarié, « ma » compétence, « mon » périmètre. Une logique qui devient contre-productive quand tout bouge à vive allure, que les compétences transversales, la polyvalence et les expertises pointues doivent s’entremêler au sein des organisations et que les x années de fusions / défusions ont montré les limites d’un modèle classique dans le secteur. Quand 50 % des organisations du réseau des organismes de tourisme ont moins de 6 ETP pour faire 50 métiers différents, le modèle doit clairement continuer à se repenser.
En d’autres termes, comment passer de l’historique Compétence partagée aux partages des compétences. C’était tout le sens de l’atelier que j’ai le plaisir de partager avec Pierre Eloy et Laetitia Nivaggioni qui a fait une part belle aux exemples de groupements employeurs, de recrutement de son employeur, de création de son job, d’emplois partagés, de coopération.
Un peu de rab de lecture pour parler de santé territoriale ?
Mis bout à bout, les organismes de tourisme ont conscience de l’impact écologique de notre cœur d’activité. Les OGD se doivent donc de prendre soin du vivant et de contribuer avec leurs armes à la santé du vivant.
Pour maintenir cette activité, la ressource première est le lien humain, la rencontre, l’hospitalité, l’attention que nous portons à l’autre. Merci Guillaume Tisserand (Mouts de Nus et Culottés) pour cette conférence de clôture. Nous pouvons reparler d’ailleurs de la symétrie des attentions. Cette fameuse symétrie entre l’attention portée en interne (aux collaborateurs) et l’attention portée en externe (client, fournisseurs, partenaires). Et cette activité de loisirs et de tourisme, elle produit bonheur, bien-être, déconnexion.
C’est là que se jouent le cocktail de la santé sociale et de la santé mentale.
Tout cela ne fonctionne pas sans revenir sur les sujets de la robustesse des modèles et donc la santé économique des acteurs.
On prend tout ça, on touille et on réécrit un peu le sens profond de notre mission, nos KPI et notre réelle mesure d’impact ?
Je me lance : Comment mon organisme de tourisme / mon entreprise contribue et agit concrètement pour la santé sociale, la santé mentale et la santé territoriale des individus et des espaces par un accès serein aux loisirs et au tourisme ?
Allez hop, merci d’avoir lu jusque-là pour ma conclusion des #ET édition Maturité Intention Génération(s). Je suis vraiment preneur de vos réactions sur la culture professionnelle commune, les signaux faibles/forts et l’ouverture qui va être un cheval de bataille pour les mois à venir.
Mentions :
Photo de Maria Alberola – partenaire des #ET depuis….piou.
Pour écrire cet article, aucune intelligence artificielle n’a été utilisée.