Pourquoi les ressources allouées au tourisme baissent que ce soient en termes de ressources humaines, de budget, de moyens donnés, d’actions ?
Il ne se passe pas un mois sans que l’on entende parler d’une structure institutionnelle touristique qui disparait, qui diminue ses actions par manque de subventions, ou que les OGD doivent monter au créneau pour montrer leur légitimité, leur rôle indispensable sur les thématiques du développement économique, de l’accompagnement des professionnels du tourisme ou de la promotion territoriale….
Est-ce que le rôle des OGD n’est pas sous-estimé dans le paysage territorial ?
Et pourquoi on ne met pas plus en avant, le rôle de créateur de lien social au sens fort du terme ?
En tant qu’office de tourisme, de comité départemental ou régional du tourisme, nous avons un rôle de fédérateur, de coordinateur, de faiseur de rencontres, de propagandiste du vivre ensemble. 😊
Les OGD ont un rôle clé pour créer du lien social
On le dénonce depuis plusieurs années maintenant le tourisme utilise trop de données chiffrées pour démontrer de son efficacité : nombre de touristes, nombre de nuitées, nombre de passages, nombre de likes, de j’aime, de fans sur les réseaux, etc.
Pourquoi on ne mesure pas plus les moyens humains mis en œuvre pour mettre en place de produits touristiques, des réseaux professionnels ou des filières touristiques ?
On en passe du temps à faire rencontrer, à mettre en place des partenariats locaux, à trouver les bonnes personnes pour faire avancer les projets, à créer des collectifs pour que la destination devienne cohérente en termes de développement, de marketing.
Est-ce qu’il ne serait pas temps de trouver une mesure du capital social créé par l’opérateur institutionnel touristique ?
Comment oublier que les OGD ont un rôle éminemment politique sur les territoires ?
Ces acteurs.trices du monde institutionnel touristique sont au cœur des nombreuses interactions, qui se jouent pour faire avancer le territoire et leurs enjeux.
Est-ce que nous ne sommes pas au cœur de l’écosystème des territoires, ayant pour rôle d’allier, de mettre d’accord, les besoins des touristes, des habitant.e.s, des élu.e.s, des commercant.e.s, des prestataires privés du tourisme, des associations culturelles, sportives (randonnée pédestre, vélo, à cheval), des starts-up, les opérateurs.trices des événements, et manifestations ?
Est-ce que nous ne sommes pas à la croisée de nombreuses thématiques territoriales : l’aménagement, l’urbanisme, l’adaptation au changement climatique, la qualité de vie, l’hospitalité, l’inclusion, la participation citoyenne, la biodiversité, les mobilités douces, l’intergénérationnel, la transmission des savoir-faire, la nature, la santé, etc. ?
Qui n’a jamais mouillé la chemise sur un schéma directionnel, des fiches actions ou des politiques d’accueil ou d’usages, pour mettre tout ce petit monde d’accord ?
Et pourquoi on ne « mesure » pas plus le rôle de médiateur, de mettre des personnes autour de la table, pour des conseils d’exploitation, des conseils d’administrations ou des assemblées générales ? de faire cohabiter les nombreux.euses usagers.ères du territoire ? Pourquoi on ne « mesure » pas plus le rôle de contributeur aux politiques publiques du territoire ?
Santé sociale : un sujet indissociable
Dernier point, est ce que les OGD ne sont pas des constructeurs de santé sociale ?
Les OGD contribuent à la santé des touristes, c’est indéniable.
« L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que le tourisme durable peut contribuer à la santé grâce notamment à :
- la réduction du stress ;
- l’augmentation de l’activité physique ;
- le contact avec la nature ;
- le renforcement du bien-être psychologique et social »
chez les touristes.
Quant à la définition de la santé sociale d’un territoire, cela pourrait être les relations sociales, la cohésion, les conditions de vie des résident.e.s passager.e.s ou permanent.e.s et comment l’action publique favorise le vivre ensemble, le bien-être et la participation collective.
De par l’organisation de manifestations, de visites guidées, d’activités, de collectifs, de lieux de vie, le tourisme ne participe pas activement à la santé sociale de sa destination ?
Alors bravo aux OGD
Bravo aux acteurs.trices des OGD de se battre pour :
- être en réflexion permanente pour développer durablement leurs territoires
- être à l’écoute des différentes parties prenantes
- créer des projets collectifs
- continuer de construire le vivre et le faire ensemble
Claire Louerat
Nota Bene : j’ai utilisé l’intelligence artificielle, Mistral, pour trouver une définition de la santé sociale, mais comme c’était nul, j’en ai fait une à ma sauce en partant des déterminants sociaux de l’OMS.
Inspiration :
https://www.nosliens.fr/post/lien-social-sortir-de-l-intuition-entrer-dans-les-preuves – Fédération française des liens sociaux