pvlofQu’est-ce qui ressemble le plus à un site web d’OT ? Réponse: un autre site web d’OT.


Découvrir, Où dormir, Que faire, Où manger…  À quelques synonymes près, l’arborescence de tous les sites se ressemblent. Est-ce pour de bonnes raisons (usabilité, clarté, logique,…) ou plus dramatiquement « parce qu’on fait tous comme ça », selon un bon réflexe pavlovien ?


À l’heure du conseil engagé, du règne des sites d’avis et de la concurrence féroce exercée par Google Trips et autres Airbnb, cette approche a-t-elle encore du sens ?

Une question existentielle ?

maispourquoiEn fait, cette question me hante littéralement (oui, bon, faut pas exagérer non plus, hein…) depuis pas mal de temps; j’ai donc un avis sur la question. Avis, par essence, subjectif: vous ne le partagerez pas forcément, c’est logique, mais j’espère tout au moins que cet article vous donnera matière à réflexion.

Pour commencer une petite série de questions à se poser, un petit travail d’introspection:

  • Quelle est la proportion de touristes sur votre territoire à avoir utilisé votre système de réservation ?
  • Quel est le rôle de l’OT sur la toile ?
    • Séduire le visiteur potentiel ?
    • Informer exhaustivement (et « platement ») sur l’offre ?
    • Garantir la représentation de tous les prestataires ?
    • Courir derrière les poids lourds du web ?
    • Différencier son territoire des autres ?

La dernière question est pour moi l’une des plus intéressantes car, à priori, personne ne répondra non. Et pourtant, les similitudes dans l’arborescence et la construction globale des différents sites d’OT constituent déjà un premier obstacle majeur en matière différenciation.

Principes élémentaires de séduction ou « l’OT est-il un vieux beau ? »

vieubeauS’il est bien une carte importante à jouer pour les OT sur la toile, c’est bien celle de la séduction. Car lorsqu’un touriste consulte le site d’un office, c’est souvent pour se faire une idée globale du territoire, un territoire vis-a-vis duquel il n’a peut-être pas encore totalement arrêté son choix. Le convaincre de « rester » est donc primordial et c’est là que commence la danse de la séduction.

Comment s’y prendre ? Comme un vieux beau un peu beauf, version Kéké des plages du troisième âge, qui va faire l’étalage de ses richesses sans même écouter la demoiselle ?
Vous avez envie de ressembler à ça ?
Ou plutôt vous montrer à l’objet de votre désir sous votre meilleur jour en termes de présentation et, surtout, lui faire comprendre que ce qui vous intéresse avant tout, c’est d’en apprendre plus à son sujet et le satisfaire ?

Poser la question, c’est y répondre et c’est justement là que l’arborescence classique de nos sites institutionnels pèche cruellement: nous faisons avant tout l’étalage presque vulgaire de nos « richesses » à l’image du vieux beau qui va parler de lui pendant une heure avant de s’intéresser à sa proie.

Déjà quelques évolutions…

Mine de rien, quelques éléments ont déjà changé… en une vingtaine d’années. Il n’y a pas encore si longtemps, la première rubrique du menu était traditionnellement l’hébergement (appelé aujourd’hui pudiquement « Où dormir ? »). 
L’omniprésence des rouleaux compresseurs Booking et consorts a logiquement rétrogradé cette rubrique. Une évidence. Mais ne faudrait-il pas encore aller plus loin ?

Autre évolution dont je me réjouis: la justice faite au pouvoir de l’image avec des sites qui, dans leur partie supérieure, font la part belle à une photo, ou un carrousel de photos attractives occupant la majorité de l’écran. Petit bémol cependant les amis: la page d’accueil n’est pas forcément la première page vue par vos visiteurs (je n’ose même pas vous donner les chiffres) qui utilisent de mieux en mieux des moteurs de recherche eux-même de plus en plus efficaces. Bref, si votre approche séduction ne passe que par votre homepage, c’est mal barré !

Tout ça pour dire que même si les changements sont timides, ils sont bel et bien possibles. Reste à voir si aujourd’hui, on peut se contenter de modestes évolutions dans notre approche communicationnelle online en préparation de séjour ou si l’heure n’est pas plutôt à une nécessaire révolution…

Pas de réponse mais des envies

Je ne prétends pas avoir de solutions toutes faites à vous proposer mais j’ai par contre envie d’ouvrir le débat. Comment revoir notre stratégie communicationnelle online et l’adapter à une stratégie basée avant tout sur la séduction et non plus sur une logique de catalogue exhaustif perdant le consommateur dans les méandres de l’infobésité ?
Comment positionner l’OT comme le Don Juan du territoire, celui qui, avant même de prétendre informer, pense avant tout à convaincre le touriste que nul territoire ne l’accueillera mieux que lui ?

J’ai d’ailleurs bien envie de proposer un atelier de réflexion sur le sujet à l’ami Ludovic pour les #ET13 ! Ce serait un plaisir d’échanger avec vous à ce propos.

Bon, je vous laisse: ma femme vient de faire sonner la cloche; c’est donc l’heure de manger.