sept
3
2013

Référencement naturel et duplicate content

En cette rentrée, l'agence de visibilité internet Objectif Papillon nous fait part d'une enquête qu'elle a menée auprès de 165 gestionnaires de destination (CRT, ADT/CDT, CCI, Agences...) afin de mieux connaître leur perception et travaux sur le thème du référencement naturel. Je vous poste ci-dessous les résultats publiés par l'agence, après m'être permis quelques réflexions/interprétations complémentaires :

  • si 98% des répondants jugent que le référencement naturel est essentiel, presque 2/3 le gèrent exclusivement en interne, alors que 53% s'estiment novices (contre 28% initiés, et 19% experts) : n'y aurait-il pas un problème ?
  • de fait, les actions se bornent généralement à l'optimisation des contenus (58%), un peu d'analyse de mots-clés (23% seulement) ou du netlinking (18% ??!!), et l'on tombe sous la barre des 10% des que cela devient un peu plus technique (audit, formation écriture web, rich snippets, monitoring, redirection, ...)
  • cela peut probablement expliquer les 52% qui s'estiment moyennement, peu voire pas du tout satisfait de leurs résultats en terme d'évolution du positionnement, alors que 38% avancent n'avoir aucune explication à cette insatisfaction (la première réponse de loin !).

 Le constat me semble relativement inquiétant, dans la mesure ou bien que jugé primordial et compris dans la plupart des structures, le référencement naturel ne fait pas aujourd'hui l'objet d'une sous-traitance à des prestataires professionnels au même tire que de nombreux autres sujets, parfois bien moins techniques. Encore probablement un mirage du web et de discours parfois trop simplifié qui laissent à penser aux directions qu'un webmaster peut gérer cet aspect en interne.

Un peu plus tôt dans l'été, Sitra a mis en ligne les conclusions d'un livre blanc commandé sur le duplicate content. Suite aux récentes mises à jour de l'algorithme de Google qui promettait de chasser les pilleurs de contenus, on s'est inquiété des conséquences que cela pourrait avoir sur le référencement des sites reprenant les contenus issus des mêmes bases de données, régionales, départementales ou locales. Pierre Croizet l'évoquait déjà dans ces colonnes dans un billet du 20 avril 2011. Les résultats de l'observation mise en place par Sitra et l'Agence Empirik livrent des conclusions plutôt rassurantes :

  • aucun des sites observés n'a souffert d'un "déclassement" suite aux mises à jour de Google, le caractère institutionnel de ces acteurs leur octroyant, comme l'avait dit Google, une certaine légitimité et confiance.
  • une compétition peut néanmoins s'instaurer entre les différents acteurs utilisant ces données : à noter que les partenaires institutionnels prennent le dessus sur les partenaires privés parmi les diffuseurs de Sitra. C'est ensuite la qualité de l'éditorial des sites et de leurs actions en référencement naturel qui fait la différence.
  • une des conclusions importantes est que la peur irraisonnée qui a pu conduire certains acteurs à se poser la question de l'alimentation et du partage des bases de données touristiques n'a pas lieu d'être. Bien au contraire, une bonne utilisation des données partagées peut conduire à un gain démontré en matière de référencement naturel. C'est le cas notamment sur les recherches de longue traîne, où Google tolère tout à fait le duplicate content en affichant dans sa première page plusieurs diffuseurs de l'information issue de Sitra.
  • enfin, le livre blanc se conclut sur une série de recommandations au vu des évolutions à venir, avec notamment la galaxie des outils de recherche ad hoc déployés par Google (Hotel Finder et autres potentiel à venir), le web sémantique avec l'enrichissement progressif du knowledge graph de Google, ou encore les rich snippets qui génèrent des taux de clics supérieurs.

Deux contributions qui viennent donc s'ajouter à la série de billets que nous avions fait paraître après les #ET8 ("Petit panda mais gros effets", "Le Penguin qui rend les référenceurs manchots"), et qui s'enrichiront encore lors des #ET9 avec l'atelier au cours duquel interviendra Olivier Andrieu, d'Abondance.

 

 

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A propos de l'auteur : Ludovic Dublanchet

Ludovic a démarré sa carrière en Auvergne, à l’Agence Régionale de Développement, puis dans un cabinet conseil sur les stratégies NTIC des collectivités locales. Il a rejoint en 2002 l’Ardesi Midi-Pyrénées (Agence Régionale pour le Développement de la Société de l’Information) et a plus particulièrement en charge le tourisme et la culture. C'est dans ce cadre qu'il lance les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel dont il organisera les six premières éditions à Toulouse. À son compte depuis mai 2011, il est Consultant etourisme & Web social, intervient sur de nombreux séminaires, manifestations et congrès, accompagne des structures sur leur stratégie, en AMO, ou en formation. Il organise les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel pour le compte de l'AEC et la Région Aquitaine à Pau, après les avoir initiées à Toulouse, ainsi que le Forum Tourisme Numérique de Deauville. C’est à partir de ce travail quotidien qu’il se propose d’alimenter ce blog, en livrant ses impressions et commentaires quant au développement des nouvelles technologies au sein des structures publiques de tourisme. Email : ldublanchet at etourisme point info

  • Jean-Michel Rochard

    Bonjour Ludovic, article très intéressant sur le SEO et le Duplicate Content. Pouvez-vous préciser « C’est ensuite la qualité de l’éditorial des sites et de leurs actions en référencement naturel qui fait la différence. » ? En effet, la qualité mentionnée concerne t-elle les contenus du SIT et/ou les contenus éditoriaux du site (pages de séduction) ? Par ailleurs, quelles actions de référencement naturel font réellement la différence ?
    Merci d’avance pour vos précisions.
    Cordialement,
    @jmrochard

  • François Houste

    je ne peux m’enpècher de rebondir, on parle SEO et Travel et les deux sont un peu ma tasse de thé… la question n’est pas QUE la donnée des SIT, mais surtout la façon de s’en servir sur le Web. On en parlait à Deauville en mars dernier :

    « Non, la valeur des informations d’un SIT ne vaut que par son usage. Sa scénarisation pour ceux qui me connaissent. Pourquoi ne considérerait-on pas le SIT comme un gros pot de pâte à modeler destinée à remplir des pages moules qui seront elles des supports de référencement. La description d’un château ou d’un hôtel ne serait qu’une infime partie d’un contenu plus vaste, d’une page ou d’une rubrique présentant un pan de territoire. Les contenus utilisés non plus bruts, mais habillés, gagnent en valeur pour le référencement et se démarque du Mix effectué par les territoires voisins. Dans l’idéal, certains contenus peuvent être « surchargés » par les territoires pour se démarquer totalement de l’utilisation faite par les voisins ! »

    Ma vision ? Là : http://www.etourisme-feng-shui.com/2013/03/28/le-panda-et-le-sit-petite-theorie-de-seo-touristique/

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