S’il y a une constante dans les dix dernières années, c’est l’incroyable augmentation de contenu vidéo dans l’ensemble des secteurs d’activité et peut-être plus particulièrement dans le tourisme. les raisons en sont connues; c’est notamment l’explosion des réseaux sociaux qui ont entrainé ces vidéos courtes, sympas, et à durée de vie très limitée.

Il est loin le temps où la réalisation d’une vidéo professionnelle de 10 minutes était le seul investissement d’une destination pour toute une saison. Aujourd’hui, il y a de la vidéo maison, tournée par les agents de l’office de tourisme, le reporter de territoire.

Mais les vidéos professionnelles connaissent aussi de nouveaux développements, notamment à travers les web séries, qui se multiplient sur les réseaux sociaux.

Classique et efficace

Premier exemple de web-série, plutôt sèrieuse et institutionnelle, celle produite par l’Office de Tourisme du Cap d’Agde, qui a débuté en 2016 et qui s’intitule “nous sommes allés”. Comme l’explique Sylvie Lopez en charge du web à l’office : ” Nous avons voulu cette série comme une invitation à vivre l’expérience : nous y sommes allés, c’était comme ça, allez-y aussi ! Comme quand on revient de vacances, quand on dit à nos proches «nous sommes allés… » et que l’on montre les vidéos et les photos.

Nous sommes allés au Canal du Midi – Web Serie (office de tourisme Cap d’Agde Méditerranée) from Catch Studio on Vimeo.

Les 18 premières vidéos ont été surtout vues sur les réseaux sociaux (plus de 100000 vues et 6500 réactions).

Le décalage pour conquérir les réseaux sociaux

Les web-séries les plus visionnées sont celles qui à l’instar des youtubeurs, travaillent un décalage bien senti. Mais attention, n’est pas Norman qui veut. Et souvent, les réalisations des destinations tombent à coté de la plaque.

Pourtant, il y a de vrais succès, comme la web-série humoristique de l’office de tourisme des Bahamas, intitulée   “Bahamax l’Aventure

Elle met en scène le côté paradisiaque des Bahamas en s’inspirant du jeu de télé-réalité “Koh Lanta” et en les détournant
Le concept s’appuie ainsi sur une fausse émission où une candidate est larguée sur des îles et doit y survire. A la différence de Koh Lanta, les lieux sont plutôt hospitaliers, car elle se trouve au Bahamas ! 

Le résultat est assez probant, mais l’office de tourisme des Bahamas n’a pas continué dans la même veine, puisqu’en 2017 et 2018, ils ont fait appel à des blogueurs pour réaliser les vidéos promotionnelles. 

Les sociétés de production s’intéressent à ce marché des destinations. Ainsi, Via Media Productions, qui réalisait des émissions de découverte touristique pour RTL Family a décidé de lancer le concept pour les destinations.

Le principe est simple : une actrice un peu emblématique (Sandra Lou), un scenario autour du lieu qu’elle va découvrir, qui intègre les interlocuteurs locaux. Le tout en quatre épisodes de manière à créer un phénomène de web série. 

La vidéo professionnelle, à la portée de tous?

Ce qu’il y a de nouveau, c’est la baisse du coût de production de ces vidéos professionnelles. Ainsi, pour une web-série avec acteur professionnel chez Via Media Productions, l’épisode revient à 2500 euros.  

Alors que dans un précédent billet que j’écrivais en 2012 sur le sujet de la vidéo touristique, on parlait de sommes beaucoup plus conséquentes.

 

PARTAGER
Article précédentQuelques nouveautés bienvenues pour le marketing – Instagram
Prochain articleEt si cette belle aventure se terminait ici, maintenant?
Jean Luc Boulin est directeur de la Mission des Offices de Tourisme Nouvelle-Aquitaine (MONA). Cette structure, unique en France, regroupe les Pays Touristiques et les Offices de Tourisme de Nouvelle-Aquitaine. Elle est soutenue par le Conseil Régional. Deux missions principales lui sont confiées : la structuration touristique des territoires et la professionnalisation. Dans ce cadre là, la MONA assure une veille permanente sur le etourisme et accompagne des expériences dans son réseau. Directeur de l’office de tourisme de l’Entre-deux-Mers (Gironde) et du pays d’accueil touristique du même nom pendant plus de dix ans, Jean Luc Boulin dirige la MONA depuis sa création en 2003. Le manque de source d’information au même endroit sur le etourisme institutionnel et le besoin d‘échanger sur cette formidable mutation du métier des offices de tourisme vers l’Internet ont donné l’idée à Jean Luc Boulin de créer ce blog “etourisme.info”, qui se veut être le creuset de l’etourisme institutionnel sous toutes ses formes. Jean-Luc Boulin est également enseignant en Master Tourisme AGEST (aménagement et gestion des sites et territoires touristiques) à l'université de Bordeaux Montaigne. Le site Internet de la MONA. |Email : jlboulin at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots). |Twitter : @JeanLucBoulin