D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voyagé et aimé voyagé. Je vous relatais d’ailleurs mon amour du voyage dans une déclaration de la St-Valentin, parue un peu plus tôt cette année ici-même sur ce blogue.

Je soupçonne qu’il en va de même pour vous : les gens qui bossent dans le tourisme ont tendance à être prédisposés pour le voyage, que ce soit pour des déplacement d’affaires bien sûr, mais également comme passion personnelle dans leur vie privée.

Comme professionnels du tourisme, nous oeuvrons à la création d’expériences qu’on souhaite inoubliables pour le voyageur, à toutes les étapes du processus, de la réservation au voyage lui-même, du transport à l’hébergement à la restauration, en passant par les attraits, le shopping et, bien sûr, les rencontres humaines qui jalonnent ce parcours.

Mais on en vient parfois à oublier pourquoi les gens prennent la décision initiale de voyager…

Que reste-t-il de nos voyages ?

C’est la question que pose avec acuité l’autrice et journaliste voyage québécoise Marie-Julie Gagnon dans un essai paru au début de l’automne 2019 aux Éditions de l’Homme.

Que reste-t-il de nos voyages ? de Marie-Julie Gagnon

Comme elle le dit si bien en introduction du livre, “Je suis persuadée que voir du pays fait de nous de meilleurs humains, peu importe la distance ou la durée du séjour. Que le voyage peut avoir des répercussions positives dans les différentes sphères de notre vie. Et qu’on a, plus que jamais, besoin d’aller voir ailleurs si l’on y est pour mieux (se) comprendre”.

À la façon d’un documentaire, elle cherche à mieux comprendre l’impact du voyage à court, moyen et long terme. Pourquoi est-ce si difficile de résister à l’appel de l’ailleurs après y avoir succombé une première fois? Comment un séjour à l’étranger peut-il influencer la vision du monde? Le voyage est-il une fuite, une quête ou une thérapie? Des vacances d’une ou deux semaines peuvent-elles mener à des changements durables?

Que voilà des questions pertinentes dans un contexte où le tourisme a parfois le dos large et semble être la raison de tous les maux à l’échelle mondiale, du surtourisme au #flygskam en passant par les pratiques douteuses de certains prestataires en matière de développement durable.

L’ami François Perroy en parlait d’ailleurs dans son article Vers la fin du tourisme, évoquant les propos de Rodolphe Christin, auteur du Manuel de l’anti-tourisme. Les problèmes existent certes, il ne sert à rien de se mettre la table dans le sable. Mais vogue-ton vraiment vers la fin du tourisme? Je ne crois pas. Ou alors, ce sera vers la fin du tourisme tel qu’on le connait et on le vit depuis quelques années, mais il saura évoluer.

Parce que voyager demeure une nécessité…

Pour Marie-Julie Gagnon, le ton est résolument plus optimiste, même si elle sait faire preuve de réalisme face aux multiples facettes du voyage, du marketing touristique aux séjours de yoga en passant par les voyages humanitaires et les complexes tout-inclus.

“On se croit unique – et tellement plus lucide que le commun des mortels – jusqu’au jour où on réalise que les autres pensent la même chose d’eux mêmes… Bonjour l’humilité.”

“En partant au bout du monde, on croit tous être les premiers à vraiment comprendre qu’on va plutôt au bout de soi-même. À avoir de grandes révélations. À être frappés par des illuminations. Mais il suffit de discuter avec d’autres voyageurs ou de sa balader sur les blogues pour comprendre que les chemins ont beau différer, les réflexions s’avèrent souvent similaires. On se croit unique – et tellement plus lucide que le commun des mortels – jusqu’au jour où on réalise que les autres pensent la même chose d’eux mêmes… Bonjour l’humilité.”

C’est cette candeur, ce ton oscillant entre l’humour et l’empathie, qui rendent la lecture de ce bouquin d’autant plus intéressant car Marie-Julie y interviewe une trentaine de voyageurs aux profils variés, de même qu’une quinzaine d’experts de différentes disciplines.

Si vous voulez en savoir plus sur la genèse de ce livre, je vous invite à découvrir le blogue de Marie-Julie. Une suggestion d’idée cadeau pour les Fêtes, tiens!

Parlant des Fêtes, j’en profite pour vous souhaiter du bon temps en famille, avec parents et amis, du repos et mes meilleurs voeux pour la nouvelle année! Je vous souhaite surtout de voyager… et qui sait, peut-être que nos chemins se croiseront en 2020?

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Frédéric Gonzalo est un passionné du marketing et des communications, oeuvrant depuis plus de 25 ans dans le monde du tourisme et du voyage. Début 2012, il fonde Gonzo Marketing et agit à titre de consultant en stratégie marketing, conférencier et formateur sur l’utilisation des nouvelles technologies (web, médias sociaux, mobilité). Il écrit régulièrement pour le bulletin TourismExpress ainsi que PAX Magazine, en plus de rédiger en anglais pour plusieurs publications dont Social Media Today, Skift, Tnooz, Business2Community et ehotelier. Son blogue traite de marketing et de tourisme numérique: www.fredericgonzalo.com