Si vous suivez l’actu du etourisme ailleurs que sur notre blog, vous n’avez pas pu raté cette info : depuis 15 jours, Onlylyon Tourisme met à la disposition de ses visiteurs un petit boîtier, le pocket wifi, connecté en 4G LTE, qui permet de connecter jusqu’à dix appareils en wifi, pour un coût de 8€ par jour, ramené à 4€ seulement pour ceux qui achètent une Lyon City Card. L’offre permet d’utiliser une bande passante de 300Mb/jour, encore un peu juste pour du streaming ou un participant moyen des #ET10, mais largement suffisant pour le reste des activités touristiques ou professionnelles classiques.

Wifipocket

Il s’agit d’une extension de l’offre proposée par une startup lyonnaise Hippocket, qui a découvert ce produit au Japon et a eu la bonne idée de l’importer en France. Le service aujourd’hui proposé consiste en une mise à disposition dans un lieu au choix du client, le coût étant dès lors grevé par l’expédition et la mise à disposition du boîtier. Ici, bien entendu, ce service étant pris en charge par Onlylyon Tourisme, il ne reste plus que le coût de location du boîtier.

Lorsque l’on souhaite pousser une clientèle à publier sur sa destination, ou tout simplement lui offrir un service de connexion qu’elle s’attend de plus en plus à trouver, il est aujourd’hui évident qu’il convient de lui fournir une connexion wifi gratuite et de qualité. À travers ce service, c’est donc une connexion permanente que l’on apporte aux visiteurs (6h d’autonomie à pleine utilisation pour le boîtier), bien au-delà du réseau que peuvent proposer les multiples prestataires présents sur la destination. D’autant que la mise en oeuvre d’un réel wifi territorial, tel que nous l’avons à maintes reprises développé dans ce blog, reste rare, et ne correspond pas forcément aux attentes et pratiques de certains clients.

Récemment accompagné de quelques ados, j’ai eu la surprise de constater à la terrasse d’un bar que tous, non équipés d’une connexion 3G, cherchaient à se connecter au wifi de l’établissement pour publier un instagram de leur bouteille de Coca, un Snapchat, un Vine… (mais peu voire pas de Facebook). Mais le wifi nécessitant un mot de passe, aucun n’a eu l’idée de le demander à la serveuse ??? Devant mon interrogation, la réponse fût unanime : “Ben, s’ils mettent un mot de passe, c’est bien qu’ils veulent pas qu’on s’en serve, sinon, à quoi ça servirait ?”. Bien que reconnaissants suite à l’obtention du fameux sésame dont je m’étais enquis auprès de la serveuse, l’observation finale fût la suivante : “Ouais mais attends, s’il faut demander, attendre qu’elle revienne avec son bout de papier, après qu’elle ait servi les trois tables d’à côté, c’est bon quoi, c’est un peu relou !”. Et la clientèle étrangère, comment se comporte-t-elle dans cette situation ? Comme moi, ou comme mes ados ?

Au-delà de cette tranche de vie, on comprend de suite l’intérêt du petit boîtier en l’absence d’une réelle politique générale et harmonieuse de couverture wifi, facilement accessible.

Dans l’immédiat, OnlyLyon teste le produit avec seulement dix boîtiers disponibles à son accueil, et le destine essentiellement à la clientèle étrangère (les premiers clients provenaient d’ailleurs de Chicago). La contrainte est évidente : le client devra venir Place Bellecour pour retirer son wifi pocket, et y repasser pour le déposer. On imagine d’ores et déjà les services futurs en cas de succès de l’expérimentation, tels qu’Onlylyon tourisme les a d’ailleurs développé sur d’autre sujets :

  • pouvoir récupérer puis déposer son wifipocket dans un lieu tiers (son hôtel par exemple, et pourquoi pas le taxi ou la navette, la Gare SNCF ou l’aéroport à terme), comme le permet d’ailleurs le service natif de la société Hippocketwifi, qui fournit une enveloppe pré-timbrée pour le retour et le livre où le souhaite le client (y compris en poste restante) pour 6€ supplémentaire seulement ;
  • au-delà du service apporté au client, il s’agira pour Onlylyon tourisme d’enrichir sa Gestion de la Relation Client : si un minimum d’information est d’ores et déjà collecté en cas d’achat simultané avec une City Card, ce n’est pas forcément le cas s’il s’agit d’un achat direct. Le système est hyper simplifié, le code wifi étant disponible sur le boîtier, mais un portail de connexion Onlylyon permettrait de récupérer davantage d’infos sur le client, de pousser de l’offre à partir d’un site de séjour, pourquoi pas de tracker son parcours sur la destination ?

Allez, je ne résiste pas à la tentation de vous montrer la petite vidéo d’utilisation in situ à travers ce reportage de France3 mettant en scène Olivier Occelli, directeur marketing d’Onlylyon Toutisme : 

Et vous, dans votre destination, votre camping, votre chambre d’hôtes, votre hôtel, avez-vous une clientèle étrangère qui pourrait être intéressée par ce genre de dispositif ?

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Ludovic a démarré sa carrière en Auvergne, à l’Agence Régionale de Développement, puis dans un cabinet conseil sur les stratégies TIC des collectivités locales. Il a rejoint en 2002 l’Ardesi Midi-Pyrénées (Agence du Numérique) et a plus particulièrement en charge le tourisme et la culture. C'est dans ce cadre qu'il lance les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel dont il organisera les six premières éditions à Toulouse. À son compte depuis mai 2011, il est Consultant etourisme, intervient sur de nombreux séminaires, manifestations et congrès, accompagne des structures sur leur stratégie, en AMO, ou en formation. Il organise les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel pour le compte d'UNITEC et la Région Nouvelle Aquitaine à Pau, après les avoir initiées à Toulouse. En 2013, il co-fonde avec ses associés et blogueurs Pierre Eloy et François Perroy la société Agitateurs de Destinations Numériques, initiatrice des concepts d'Internet de Séjour, de Secrets Locaux et de Conciergerie de Destination. C’est à partir de ce travail quotidien qu’il se propose d’alimenter ce blog, en livrant ses impressions et commentaires quant au développement des nouvelles technologies au sein des structures publiques de tourisme.