24 juillet, ca sent bon l’été, les touristes sont là, cette bête bizarre qui parle le “touriste”, vous savez, cette langue qu’on n’ose à peine exploiter, nous professionnels du tourisme quand on veut créer une relation proche avec lui dans le monde numérique.

Autant les conseillers en séjour sont souvent de très bons experts du relationnel client de visu, autant les sites web institutionnels touristiques (et beaucoup de prestataires privés) semblent oublier qu’ils parlent d’abord à une personne qui veut se faire plaisir, qui va se déconnecter (un peu au moins) de sa vie professionnelle et qu’il a donc besoin qu’on l’embarque dans un univers parfois réel, souvent fantasmé… Ne me dîtes pas que nos chers touristes ne vous rappellent pas souvent que vous avez de la chance de vivre là toute l’année, d’être souvent en vacances sans doute, on bosse dans le tourisme non 🙂 ? 

 Malheureusement, nous souffrons d’un mal qui se soigne, les symptomes sont faciles à déceler, une dépendance à un vocabulaire utile entre techniciens mais moins pour un touriste, une fabuleuse avancée technologique, la syndication de contenus directement depuis votre SIT vers votre site web. C’est vrai après tout, la connexion entre le SIT et le site fonctionne, parfait, on n’a plus à lire le contenu de nos objets touristiques délivrés trop souvent bruts à nos touristes. Le SIT n’y est pour rien, il s’agit de la ligne éditoriale là, vaste sujet et énorme chantier.

Un conseil ou parfois une punition, prenez une heure pour lire le contenu de vos supports web. Vous aurez de belles surprises et sans doute aussi de longs moments de solitude si vous arrivez à vous placer dans la peau d’un touriste. Encore plus simple, prenez une heure pour lire le site de votre voisin territorial, on arrive beaucoup mieux à jouer le touriste dans ce cas.

Bien, le but de ce billet n’est surtout pas de dire que l’institutionnel est nul et que les acteurs privés sont bons, de nouvelles créations nous montrent qu’on peut retravailler les contenus éditoriaux, les visuels pour retrouver une façon “fun” et adaptée de parler à son touriste.

Vous pourrez apprécier le gros boulot qui avait été fait en Flandre, (voir le billet de Ludovic) …

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 … l’approche “on s’connait” du site de séjour alsacien jaienvie.de qui place des phrases selon le contexte… on vous le répète, ca marche, regardez le petit sourire des gens qui regardent l’écran :

 jaienvie

l’esprit Rock and roll… ou plutôt jazzy pour le coup de Montreal Tourisme qui customise un grand conteneur aux couleurs de #MTLmoments pour faire du marketing de rue à Toronto avec un groupe de musique, un food truck pour des concerts quasi sauvages : 

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Crédits : Brendan Murphy et Virgil Knapp 

 

… Stéphane Canarias, directeur de l’office de tourisme de Brive pourra revenir sur leur tour promotionnel avec le combi Brive Festival

 

… ou encore l’approche “fun” et décalée de l’équipe du Snow Report de Val Thorens après de nouvelles chutes de neige en plein juillet (Courage les filles et les gars) :

et notre connaissance des bonnes pratiques n’étant pas exhaustive, n’hésitez pas à partager vos bons exemples dans la zone de commentaires… le sujet n’est pas non plus l’accueil hors les murs, je précise 🙂

 

Michel et Augustin dans un blog etourisme ? 

J’ai trouvé, oui je sais c’est tiré par les cornes mais vous en connaissez beaucoup, des secrétaires d”état en charge du tourisme qui s’affichent comme ca, on dirait une parodie de Kamoulox avec ce titre : 

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Donc les institutionnels savent surprendre, parler le “touriste” mais je me dis qu’il est toujours bon d’aller regarder ailleurs. Pour moi aujourd’hui, c’est mon immense expérience des TGV et de leurs bars (je vous vois venir, on se calme)  qui me permet de vous présenter mes deux potes avec l’italien San Pelligrino pendant mes traversées de France voiture 11, place 65. Je vous présente donc Michel et Augustin.

Vous les connaissez sans doute, sinon, je vous la fais courte, il faut de bons produits pas toujours recommander pour la danseuse étoile que je suis (on m’appelle Neutron(1) pour ma densité). Mais surtout Michel et Augustin, ce sont de grands experts du marketing, de la connaissance client qu’ils sollicitent souvent et de la relation client en parlant la langue de ses utilisateurs. 

Je ne vais pas vous faire un publi-reportage sur eux, quoique, si on gagne une palette d’échantillons pour le blog, on pourrait revoir notre charte de déontologie très stricte le placement de produits. En attendant, je vous invite à vous perdre dans leur site Internet, le contenu y est dense, l’arborescence parfois explose en vol, mais chaque page met en avant leur force éditoriale, leur interaction avec ses utilisateurs et l’importance des collaborateurs en place.

En complément, j’aurais aimé photographier la zone “ingrédients” sur un de leurs produits vendus dans mes chers, très chers TGV, malheureusement je n’ai plus de produits sous la man, mais si vous y pensez encore, regardez comment est traitée cette rubrique toujours scientifique et barbante. Ici, c’est une autre approche qui vous attend.

 

Allez, partons pour cette visite :

1 / Leur newsletter : c’est le graphiste qui doit s’éclater… le routeur de mails beaucoup moins pour l’envoyer

michelnewsletter

 

 

2/ leur approche éditoriale  : attention, elle correspond à une cible identifiée donc elle ne plaira pas à tous, pas grave, on se fout de l’exhaustivité si on touche le consommateur

michelaugustin

 

3/ L’interaction avec sa communauté : dans le tourisme, on parlerait sans doute d’Airbnb pour illustrer la force d’une communauté, dans la vache et la citronnade, on peut regarder par ici. 

citron_greeter

 

 

4/ Leurs cartes relationnelles : ce ne sont pas des cartes de visite, par pitié, la carte de visite, c’est uniquement pour des relations professionnelles… ca ne vous dérange pas de donner votre SIRET et votre Fax à des touristes si à tout hasard vous aviez engagé une relation privilégiée et sur la durée avec lui ? 🙂  

carte_visite

 

5/ L’humanisation partout : en interne, dans la rue, collaborateurs, clients, il y a de la tronche partout. J’ai beaucoup apprécié la rubrique qui met en avant ceux partis de l’entreprise pour lancer leur aventure… en général, on les “blackliste” 🙂 

team

 

6/ Le truc inutile mais qui me plait : cliquez tout en bas sur les drapeaux pour choisir votre langue… allez, soyez fun, vous aussi dans le tourisme, vous avez le droit 

 

drapeau

Et là il est temps de rendre hommage à notre maître à tous dans ce style de contenus, vous les connaissez sans doute, mais un petit clic ne vous fera pas de mal : 

Et si ça vous dit de vous inspirer de styles vus dans ce billet, n’oubliez surtout pas de bien vous rappeler en amont qui sont vos clients, comment parlent-ils et comment vous pourrez les attendre sans être hors-sujet. Si vous reprenez l’exemple Theplaceto.be, il n’est pas question ici d’intéresser le silver surfeur 🙂 

Bonne journée à tous

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Sérieusement, Michel… Augustin… si je vous montrais les stats quotidiennes de notre blog, je crois qu’on pourrait trouver un terrain d’entente 🙂

et enfin, la note de bas de page : (1) Si vous n’en aviez absolument rien à faire de mon billet, j’espère au moins que vous aurez appris que les étoiles les plus denses de l’Univers sont les étoiles à neutron. Alors oui, en plein été, je peux commencer un second billet ici sur ces étoiles, mais je me contenterai d’une définition passionnante et poétique, ca peut toujours servir dans un pot de bienvenue au camping le dimanche : 

“Les étoiles à neutrons sont, avec les trous noirs, les objets les plus denses de l’Univers. Résultant de l’explosion d’une étoile massive, elles mesurent à peine quelques dizaines de kilomètres de rayon pour une masse similaire à celle du Soleil. La gravité à la surface d’une étoile à neutrons est gigantesque, des milliards de fois plus élevée qu’à la surface du Soleil et ces étoiles exercent une formidable attraction sur la matière qui les entourent. Lorsqu’une de ces étoiles très denses se trouve en orbite autour d’une autre étoile compagnon, les phénomènes les plus violents peuvent se déclencher. La matière du compagnon soumise à la très forte gravité, est irrésistiblement attirée vers l’étoile dense. Elle forme en général un disque de matière avant d’être précipitée à des vitesses qui se rapprochent de celle de la lumière vers la surface solide de l’étoile à neutrons où sa température atteint alors des millions de degrés. A ces températures, la lumière émise est alors sous forme de rayons X.” Source : irfu.cea.fr

Si avez ça, je ne me fais pas virer du blog… au moins j’aurai peut être mon poids nu en épicerie Michel & Augustin comme promis ici … vous allez douiller les gars :