Décalécatan, décalécatan, ohé, ohé

La Compagnie Créole est au top du revival et c’est vrai que lorsque l’on a enfin su à 100% que l’on pourrait maintenir en présentiel les #ET16 à Pau, la question du masque, de son inconfort, de présence permanente rendant la voie chuintante et les visages moins expressifs nous questionnait.

Mais au final, ce que tous les présents nous ont dit et ce que l’on retiendra avant tout, c’est “Qu’est-ce que ça fait du bien de se voir en vrai !“. Même avec un masque, même avec les mains qui puent le gel hydroalcoolique, même en se saluant des coudes, et même avec une soirée sans danser, on a pu se voir, se parler, et déjà, c’était bien !

Faute de grives…, nos amis journalistes s’étaient déplacé en masse plus que jamais pour cette édition et Romain Pommier de Tourmag nous en fait une belle couverture, nous qualifiant même de Punks. Pourtant, pas trop d’anarchy in the PA, il a fallu au contraire redoubler d’organisation, et prévoir en permanence le plan B en ligne !

Une édition particulière…

Il faut reconnaître que cela n’a pas été une sinécure cette année, entre des inscriptions forcément différées dans l’attente de certitudes, mais du coup des budgets qui n’étaient plus équilibrés et donc un risque à prendre à 2-3 semaines de la tenue, des annonces gouvernementales en attente qui pouvaient faire flipper tout le monde… S’il a fait un peu moins beau que d’habitude avec un peu de pluie (on a quand même pu profiter de la superbe terrasse), on peut clairement dire qu’on a eu la chance de passer entre les gouttes !

Trois semaines après la fin de l’événement, on peut d’ailleurs se réjouir du fait qu’aucun cas de contamination n’ait été remonté (une personne ayant assisté à un atelier le mardi de 14h à 16h a su après coup qu’elle était déjà positive, mais ne l’a pas refilé à ses voisins d’ateliers contactés par l’organisation, 1 cas confirmé dix jours après probablement contracté ultérieurement à sa venue). Là aussi, peut-être un peu de chances (1 seul cas contact sur 73 intervenants alors que tous les chiffres grimpaient en flèche), mais surtout beaucoup de vigilance et de respect de la part des participants et un protocole suffisamment contraignant sans trop handicaper les rencontres de la part de nos prestataires. Laurent-Pierre Gilliard a d’ailleurs fait un super article dans Placeco pour détailler un peu les mesures mises en oeuvre, et auxquelles il va falloir s’habituer dans les prochains quand on pourra à nouveau (un peu) se réunir.

Alors bien sûr, passer d’une jauge de 850 à 500 personnes, cela fait moins de monde, notamment pour nos amis exposants, qui financent une partie non négligeable de l’événement, mais fort heureusement, la plupart d’entre eux nous ont dit avoir eu des contacts bien entendu en moins grand nombre, mais très satisfaisant sur le qualitatif. Et du côté des participants, qui représentaient malgré tout 76 départements et toute les régions de France, il était finalement plus facile de se croiser, de se retrouver avec cette jauge restreinte dans les grands espaces du Palais Beaumont… Mais bon, on espère bien un retour à la normale pour les #ET17 d’ores et déjà programmées les lundi 11, mardi 12 et mercredi 13 octobre 2021, tu vas pouvoir te programmer un week-end dans les Pyrénées béarnaises ou sur la Côte Basque.

Qu’en retenir ?

Cela reste évidemment une vision très personnelle, parcellaire, mais pour ma part, voilà ce que j’en retiens, et qui nous donne forcément des pistes à travailler pour le futur !

Le rôle de l’institutionnel touristique a ainsi été largement débattu lors de plénières et ateliers :

  • répondre et accompagner les prestataires dans l’accélération de tendances telles que l’écoresponsabilité (pollution numérique, exemples de Bordeaux et Cluny), la valorisation de circuits courts, l’envie de ralentir, de se ressourcer
  • la clientèle locale plus importante que jamais : de nouvelles clientèles que l’on aide à consommer (d’un point de vue financier, mais aussi information/acculturation)
  • communiquer différemment : réorienter les budgets, les mutualiser, éviter la cacophonie promotionnelle
  • s’interroger sur les statuts, les financeurs, la gouvernance de nos organisations.

À ce titre, les punchlines de Jean Pinard ont été largement partagées et commentées : “Faire contribuer les sociétés autoroutières qui sont les premières bénéficiaires”, “Ne pas mesurer l’attractivité d’une destination au nombre de km parcourus pour y parvenir”, ” la clientèle locale qui ne part habituellement pas en vacances n’est pas une clientèle de compensation, mais une clientèle en devenir” (vous allez le fâcher tout rouge si vous parlez de compenser !!!).

Et de façon transversale, les notions de frugalité, de sobérisation, le “moins mais mieux” ont largement constitué le fil directeur des échanges.

Les contenus constituaient également l’un des piliers de cette édition : comment guider les clientèles à travers un parcours client réfléchi en terme de contenus et offres proposées, comment analyser leurs performances, qu’est-ce qui fonctionne sur les réseaux sociaux, faut-il investir les nouveaux espaces (Snapchat, TikTok), quelles sont les tendances d’aujourd’hui, le storytelling, avec l’exemple du Pays de Fontenay Vendée qui a remporté le Social Media Awards.

L’univers des startups reste très présent, au niveau des exposants, avec un espace dédié, des ateliers spécifiques, et un startup contest remporté cette année par Aquatech. L’agilité et l’innovation que portent les startups peuvent être un recours d’autant plus intéressant en cette période durant laquelle certaines destinations doivent se réinventer, insuffler un nouvel élan.

Les rencontres, les échanges et l’émotion, enfin, a été au coeur de cette édition : 

  • émotion de se retrouver, physiquement, sur un des rares événements maintenus en présentiel
  • à travers la projection en fin de premier après-midi du film L’Autre Voix, réalisé par Nans Thomassey et Nabil Qerjij, un vrai retour aux racines du tourisme, la rencontre humaine (vous pouvez voir/revoir le film en soutenant le projet sur HelloAsso), en contrepoint à l’aventure du Choletais Express présentée par Clémence et Catherine
  • avec les 15mn chrono, et notamment les interventions d’Alizée Doumerc, Amélie Deloffre et Pierre Eloy, qui a encore explosé les compteurs du taux de satisfaction (et aussi du minuteur des 15mn !),
  • et à travers le retour d’expérience de notre grand témoin, Charles-Édouard Girard, Président d’HomeExchange, incarnant un plaidoyer pour un tourisme plus humain, plus responsable, tout à fait en résonance avec les réflexions menées au cours de ces trois journées.

On a des participants créatifs qui ont eux aussi créé leur petite synthèse, de façon bien plus graphique que moi dans ce blog, comme Laurent Lingelser par exemple sous LinkedIn.

Voir ou revoir les #ET16

Grâce à la générosité de nos intervenants, à notre prestataire vidéo Jérôme Garin et son équipe, à notre photographe Maria Alberola et aux Master 2 Agest qui ont réalisé des synthèses de chaque ateliers, on a pleins de formats différents à te proposer !

  • tout d’abord, tu peux revoir l’intégralité des plénières des mercredi et jeudi, les rencontres Tourism Lab Nouvelle Aquitaine du mardi après-midi, les ateliers Conférences, Battles, Focus, Retours d’Expériences, Mains dans le Cambouis et Startups (tous à l’exception des Plein Air en fait) sur la playlist #ET16 de notre chaîne Youtube. 44 vidéos et donc quelques heures de visionnage devant toi…
  • tous les contenus “powerpoint” des ateliers et la synthèse des Agest sont accessibles dans cet article sur notre site.
  • Et les photos de Maria sont également visibles en ligne.

Le bilan pour finir

On a dépouillé, compté et recompté plus vite que la Pennsylvanie tes votes pour nos contenus, ta satisfaction… et tout le monde a gagné ! Non, ce n’est pas l’école des fans, mais globalement, on atteint de très bons taux de satisfaction, souvent supérieurs à ceux des années passées, avec notamment une augmentation de la très grande satisfaction sur beaucoup de sessions, une très faible insatisfaction et quasiment pas d’ateliers “ratés” comme cela peut parfois arriver… Bon, certes, on a un exposant “so 2019” qui a trouvé que cette année, “ça manquait un peu de convivialité” et que “la soirée était ratée par rapport aux éditions précédentes“, mais c’était sûrement du second degré 😉

Tu peux consulter le bilan global à cette adresse, et filer regarder les contenus qui ont le plu !

De notre côté, on espère pouvoir organiser un vrai Bal Masqué pour la soirée de l’an prochain, et à défaut de préparer les costumes pendant toute l’année (ouais, faut connaître les paroles pour suivre…) on va te préparer un chouette programme #ET17 !

PARTAGER
Article précédentCrise sanitaire : adopter une stratégie à deux ans
Prochain articleUn extranet tout bête avec Padlet !
Ludovic a démarré sa carrière en Auvergne, à l’Agence Régionale de Développement, puis dans un cabinet conseil sur les stratégies TIC des collectivités locales. Il a rejoint en 2002 l’Ardesi Midi-Pyrénées (Agence du Numérique) et a plus particulièrement en charge le tourisme et la culture. C'est dans ce cadre qu'il lance les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel dont il organisera les six premières éditions à Toulouse. À son compte depuis mai 2011, il est Consultant etourisme, intervient sur de nombreux séminaires, manifestations et congrès, accompagne des structures sur leur stratégie, en AMO, ou en formation. Il organise les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel pour le compte d'UNITEC et la Région Nouvelle Aquitaine à Pau, après les avoir initiées à Toulouse. En 2013, il co-fonde avec ses associés et blogueurs Pierre Eloy et François Perroy la société Agitateurs de Destinations Numériques, initiatrice des concepts d'Internet de Séjour, de Secrets Locaux et de Conciergerie de Destination. C’est à partir de ce travail quotidien qu’il se propose d’alimenter ce blog, en livrant ses impressions et commentaires quant au développement des nouvelles technologies au sein des structures publiques de tourisme.