#rediffusion : Cet article a été précédemment publié dans notre blog etourisme.info en mars 2019.

Les tutoriels sur Youtube sont devenus des contenus incontournables; on en a (presque, je suppose) tous déjà visionnés. Recettes, astuces, bricolage, modes d’emploi,… Le réflexe recherche “Google” s’est progressivement mué en “je vais voir comment faire sur YouTube”. Média social numéro 1 indéniable chez les moins de 24 ans depuis au moins 2016, YouTube génère plus de visites quotidiennes que Google et Facebook. On ne va quand même pas passer à côté de cette formidable opportunité de visibilité et de branding pour nos destinations, non ?
Attention, je précise qu’on ne va pas parler ici de vidéos promotionnelles de territoires, chose que vous avez plus que probablement déjà tentées avec plus ou moins de succès selon les cas mais bien du potentiel de l’effet “tuto” qui mérite d’être creusé. Il me reste à vous convaincre et à vous donner des pistes de contenus, en passant par un p’tit peu de technique. Il est fou ce belge…

Tu veux des chiffres ?

Je vous invite à faire des recherches : vous constaterez aisément l’impact de YouTube. Consultez notamment les derniers chiffres publiés par Weliketravel dont est extraite l’illustration ci-dessus.

YouTube est devenu énorme; on ne va pas passer trois heures là-dessus.
Parmi les sujets les plus consultés sur la plateformes on retrouve dans l’ordre:
1. La musique
2. Le “lifestyle” (cuisine, mode, déco,…)
3. Le sport
4. Le bricolage
5. Comédie


Et surtout, on constate que le terme tutoriel ou tuto (et ses variantes linguistiques , tutorial en tête) est omniprésent avec des statistiques de visionnages qui donnent parfois le tournis !
À titre d’exemple, ce tutoriel consacré “aux 5 noeuds indispensables pour la pêche au leurre” qui totalise plus de 460.000 vues depuis sa mise en ligne en décembre 2016. On ne peut pas dire que cette vidéo traite d’un sujet qui concerne tout le monde !


Et nous, les destinations, on propose quoi ?

Tout d’abord, je vais vous dire, selon moi, pourquoi vous devriez proposer des tutoriels “made in mon Office de Tourisme”.

  1. Parce que les tutos sont des contenus vidéos relativement faciles à produire et à monter.
  2. Parce que vous allez donner de la visibilité à votre Office et à ses services et développer votre branding.
  3. Parce que ce sont des contenus recherchés par les utilisateurs, plus faciles à faire émerger dans la masse que des vidéos auto-promotionnelles.
  4. Parce que, si les chiffres montrent que YouTube est “the place to be”, on ne sait pas toujours par quel bout le prendre pour commencer.
  5. Parce que c’est un excellent moyen de mettre vos équipes et talents locaux en avant: l’humatérialisation chère à l’ami Pierre Eloy.

En faisant quelques rapides recherches autour de vos propres centres d’intérêt (gastronomie, artisanat, techniques spécifiques, arts,…) vous constaterez l’intérêt de la communauté YouTube (oui, c’est bel et bien un réseau social et de plus en plus, générations montantes aidant) pour les tutoriels. Et même si ce type de vidéos foisonnent, vous avez une place à prendre en raison de votre expertise territoriale !

Pour ce qui est des sujets à aborder, justement, liez votre statut d’expert local à votre connaissance des attentes des clients YouTube. Parmi les idées de sujets à aborder, voici quelques pistes que je lance en espérant qu’elles vous donneront d’autres idées de tutos. Vous veillerez évidemment, à des fins de référencement, à intégrer dans le titre de votre vidéo et sa description les mots-clés les plus simples et illustratifs du thème choisi, à commencer par le mot “tuto” ! (Que je n’utilise pas ci-dessous; ce sont des idées de thème, pas le titre à utiliser)

– Réalisation d’un plat local emblématique (en précisant “la vraie”… crêpe bretonne, choucroute alsacienne, quiche loraine, frite belge,…)
– Découverte et pratique d’une technique artisanale locale (re)connue
– Techniques de pêche pour les destinations maritimes ou fluviales
– Techniques de marche en montagne, ski, ou encore, comment se comporter en refuge,…
– Peindre à la manière de… pour les destinations liées à un artiste célèbre (toutes les techniques artisanales ou artistiques s’y prêtent)
– Pourquoi pas un “mode d’emploi” de consommation de la destination décliné en sous-thématiques: vie nocturne, nature/rando, live like a local ,…

La mise en oeuvre

On va distinguer deux aspects importants dans la création de vos capsules: l’humain et la technique.

Du côté des ressources humaines, il vous faudra bien sûr compter sur des personnes relativement à l’aise devant la caméra; ce n’est pas donné à tout le monde. N’hésitez pas à élargir votre horizon aux acteurs locaux et à vous adjoindre les talents de bonnes volontés plus douées que vous face à l’objectif si cela s’avère nécessaire. Néanmoins, ce serait bien que votre office soit présent et “incarné” dans la vidéo.

Souvent, une formule de co-animation peut rendre l’exercice plus facile: on n’est pas seul face caméra et on divise le stress par deux 😉
Du reste, être deux peut rendre le tutoriel plus dynamique et plus intéressant. Une formule qui a fait ses preuves est celle du “candide” et de l’expert. La candide pose les questions que tout le monde se pose tandis que l’expert présente la solution, le tout avec le plus de pédagogie possible: si le public tolèrera une “boulette” technique dans la vidéo, il sera plus intransigeant quant à la compréhension. D’ailleurs, acceptez que l’on ne puisse pas plaire à tout le monde et ne faites pas un drame des pouces baissés ou des commentaires déplaisants…pour autant que ce courant ne soit pas majoritaire, auquel cas, il faudra remettre fondamentalement en question votre façon de faire. J’ai récemment vu un tutoriel proposé par un drôniste qui remerciait les commentateurs critiques de ses premières vidéos qui lui ont permis de s’améliorer continuellement. Bel exemple de modestie et de professionnalisme . Bref, on se décourage pas et on persévère !

Un aperçu du matériel nécessaire. Budget hors PC/Mac: moins de 500 euros

Côté technique, si un smartphone de bonne qualité peut sembler suffire, je vous conseille malgré tout d’investir dans une caméra ou un appareil photo caméra pour autant que l’on puisse y brancher un micro. En effet, les micros embarqués nativement dans ces appareils captent, et c’est un euphémisme, un peu trop largement les sons ambiants.
Bref, si vous ne voulez pas qu’on entende les portes s’ouvrir, le téléphone sonner ou Jacqueline qui demande si on a bien répondu au mail de l’adjoint au maire, vous veillerez également à investir dans un ou deux micros, si possible sans fil (Vous trouverez sur MamaZone, pour ne pas faire de publicité, des modèles acceptables, voire tout à fait corrects, aux alentours de 100 euros en “sans fil”.

Pour la stabilité de l’image, un trépied est indispensable. On en trouve partout, y compris sur le marché de l’occasion.
Un bon éclairage est, selon moi, nécessaire, et fait souvent la différence entre deux vidéos. Faites l’acquisition d’une softbox, un produit accessible à moins de cent euros également. C’est facile à déployer et à ranger et ça fonctionne bien.

Enfin, il vous faudra un logiciel de montage. Le plus simple, si vous avez un Mac (j’en vois passer beaucoup sur Facebook quand mes amis du blog partagent des photos de formations auxquelles vous participez), c’est d’utiliser iMovie, inclus d’office, un outil simple, intuitif et largement suffisant pour réaliser un tutoriel de belle facture. Sur PC, les manipulations peuvent être plus complexes mais sont compensées par une offre open-source ou de logiciels en “version d’essai” plus large.

Pour terminer

En conclusion, je ne peux que vous encourager à vous lancer dans cette expérience: comme pour tous les médias sociaux, il faut oser, oser se planter et apprendre de ses erreurs. Il faut aussi se différencier et proposer des contenus qui répondent aux attentes des clients: les tutoriels sont un moyen d’y parvenir. N’hésitez pas à nous donner un retour de vos créations en la matière. Et n’oubliez pas non plus que votre tutoriel est partageable aussi sur vos autres médias, Facebook en tête, autant ne pas s’en priver !
Bises de Belgique.