Cet article a été initialement publié en mars 2018

L’engouement de Google pour les questions culturelles, en particulier en France, n’est pas une nouveauté, loin de là. Vous connaissez d’ailleurs très certainement « Google Arts et Culture », qui regroupe depuis des années une impressionnante collection de lieux culturels et œuvres artistiques. Mais Google vient de passer un nouveau cap avec la publication de « Trésors de Lyon », le premier dossier culturel entièrement dédié à une ville Française ! Et la dimension touristique mérite toute notre attention… Prêts pour une petite visite guidée ?

Google Cultural Institute

Début 2011, on assistait au lancement de Google Art Project (voir le billet de Sébastien), remplacé ensuite par le Google Cultural Institute créé fin 2012 (voir le billet de Mathieu). En 2014, Stéphanie nous présentait le volet « Street Art », alors que les collections commençaient à se structurer autour de 3 domaines : l’Art, l’Histoire et les Lieux.

Aujourd’hui, l’Institut Culturel regroupe plus de 1 500 organismes culturels partenaires partout dans le monde, permettant de proposer plusieurs millions de contenus culturels en libre accès. Les clés d’entrée se sont d’ailleurs diversifiées, chacun pourra y trouver son bonheur : on peut entrer par catégories (Artistes, supports, mouvements artistiques, évènements historiques, personnages historiques et lieux), par collections (des organismes partenaires) ou tout simplement se laisser guider par les sélections, propositions éditoriales et sujets populaires.

Le tout est naturellement complété par une entrée « à proximité » qui positionne les collections partenaires sur une GoogleMaps.

Une dernière entrée, dénommée « Thèmes », nous intéresse particulièrement. Il s’agit de projets éditoriaux complets, regroupant plusieurs partenaires à l’initiative de Google. Jusque-là, on avait essentiellement droit à des focus sur des thématiques (la culture Latino aux US, la mode et l’histoire, le rôle des femmes dans la culture, le street art…), des lieux emblématiques (Guggenheim, Mucem, Châteaux de la Loire…), des moments forts de l’histoire (première et seconde guerres mondiales, chute du rideau de fer…), voire des pays ou régions du monde (Andalousie, Portugal, Inde, Pakistan…).

 

Depuis cette semaine, un nouveau thème est désormais proposé et mis en avant, entièrement dédié à la découverte des « Trésors de Lyon » sous l’angle culturel… une première !

Trésors de Lyon

Ce qui frappe lorsque l’on accède au dossier Trésors de Lyon, c’est déjà la similitude avec un site de destination ! Les codes phares sont là : vidéo immersive plein écran, invitation au voyage (« Partez à la découverte de la Ville aux deux collines »), richesse visuelle… Mais bon, ce n’est pas vraiment l’objet, on est ici pour parler d’Art et de Culture !

Après une introduction vidéo immersive donc, le dossier laisse le soin à Manon Brill, YouTubeuse Toulousaine aux 115 000 abonnés, de « nous faire découvrir les incontournables de l’art, de l’histoire et de la culture à Lyon » en vidéo, sur un ton résolument décomplexé.

 

Puis vient le moment de plonger dans les contenus culturels, produits et mis en ligne par les 5 partenaires de l’opération : le Musée des Confluences, le Musée des Beaux-Arts de Lyon, l’Opéra de Lyon, la Biennale de Lyon et l’association Historical Cities.

Coté formats éditoriaux, on retrouve principalement les « Expositions en ligne » (37 proposées dans ce dossier), déjà très connues sur la plateforme Google Arts & Culture, mais bien exploitées et toujours aussi efficaces en termes d’immersion… (de quoi faire pâlir de bien nombreux sites de destinations !).

Des reportages plus classiques sont également proposés, permettant par exemple de découvrir « 10 trésors d’art et d’architecture dans les rues de Lyon ».

Mais ce qui bluffe le plus sur le plan fonctionnel et interactif, c’est la richesse des formats techniques et leur mise en scène.

StreetView est omniprésent et parfaitement intégré au contenu éditorial ! Cela permet de visiter les musées partenaires, intérieur comme extérieur, mais également les quartiers phares de Lyon, tout en profitant de contenus explicatifs associés. Une belle source d’inspiration pour mettre en scène des contenus de découverte sur nos sites de destination 😉

35 images en Ultra Haute Définition permettent de zoomer dans les œuvres jusqu’aux moindres détails, à l’image de ce tableau de Paul Gauguin proposé par le MBA.

Une visite de Lyon est proposée dans Google Earth pour y découvrir 10 monuments clés. On a même droit à une découverte de Lyon en couleurs, aussi ludique qu’inspirante !

A noter que chaque contenu (dossier, collection, page, média…) peut être facilement être mis en favoris et partagé.

Au global, ce dossier est vraiment de belle facture, inspirant, interactif, et donne clairement envie de prolonger l’expérience en programmant un séjour à Lyon pour profiter de ces œuvres en vrai ! C’est d’ailleurs tout l’intérêt de la démarche pour les partenaires de l’opération.

Guillemette Naessens, Responsable du service communication du Musée des Beaux-Arts de Lyon, m’a confirmé être ravie de la mise en valeur de leurs œuvres et collections au sein de ce projet. Un projet de longue haleine puisque la signature de la convention de partenariat remonte à 2015.

Un partenariat complet

D’une manière générale sur le programme Google Cultural Institute, le deal est le suivant : Google met à disposition des outils (matériel de captation UHD, 360°…) et technologies (Collection Management System, commentaires audios, storytelling…), les partenaires se chargent de produire et intégrer le contenu à volonté. Une fois le dossier éditorialisé, Google le publie sur le site Google Arts & Culture et l’application mobile du même nom. Comme pour tous les contenus publiés sur la plateforme, il est possible d’intégrer les éléments sur le site du partenaire via embed (comme un player YouTube), sur les Chromecast, en fond d’écran Chrome, sur Google Now pour les mobinautes proches du partenaire, mais également en contenu CardBoard…

Dans le cas de Trésors de Lyon, il semblerait que Google ait contractualisé une convention avec chacun des partenaires, individuellement, sans réelle concertation globale. C’est bien à priori Google qui s’est chargé de l’éditorialisation globale du dossier, sur la base de l’ensemble des contenus mis à disposition par chacun des partenaires. C’est assez atypique dans le modèle de Google qui consiste traditionnellement à laisser les algorithmes agréger des contenus externes !

Reste à voir de quelle visibilité vont réellement bénéficier ces contenus, Google Cultural Institute n’étant pas le dispositif le plus connu de la firme. Néanmoins, quelques tests rapides m’ont permis de constater que les contenus sont assez bien référencés sur Google (c’est bien la moindre des choses). D’autant qu’il n’y a pas vraiment de risque de « concurrence » entre la plateforme et les partenaires puisque ceux-ci sont largement valorisés dans les collections (chaque contenu référence son « propriétaire »). Tout comme dans le tourisme, rendre ses contenus disponibles sur des carrefours d’audience reste une bonne pratique de visibilité !

Quid du tourisme dans tout ça ?

Clairement, ce n’est pas réellement une clé d’entrée en tant que telle, et il est peu probable que cela change. Néanmoins, le lien entre l’art et le tourisme étant très étroit, surtout pour des destinations CityBreak pour lesquelles la dimension culturelle est souvent un motif ou un déclencheur de séjour, on ne peut s’empêcher d’y voir un intérêt particulier. C’est d’ailleurs ce que m’a confirmé Olivier Occelli, Directeur Marketing de l’Office de Tourisme de Lyon. Si l’office n’a pas été sollicité pour ce projet, il voit néanmoins d’un très bon œil la démarche et le résultat obtenu. C’est une nouvelle occasion d’offrir de la visibilité à la ville, qui plus est sous un très bon angle.

Il semblerait donc que l’institut culturel ne considère pas les DMOs comme des interlocuteurs de référence pour le sujet, en tous cas pour l’instant.

Quoi qu’il en soit, je vous invite à prendre le temps de parcourir ce dossier “Trésors de Lyon” dans toutes ses dimensions ! D’abord parce que vous passerez un très agréable moment à (re)découvrir une ville magnifique (en toute objectivité) ! Mais également parce qu’il me semble qu’il y a là largement matière à s’inspirer pour ce qui est de la mise en scène de contenus de découverte, qu’ils soient culturels ou non ! De bonnes pratiques à adapter à nos sites de destinations ?

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De formation marketing, Cédric Chabry a commencé son parcours digital il y a 20 ans en pilotant un projet eTourisme primé, pour le compte d’une collectivité territoriale. En 2000, il participe à la création de l’Agence Interactive à Lyon. En tant que Directeur Conseil et grâce à son expertise transversale du marketing digital, il accompagne ses clients dans la définition et la mise en œuvre de leurs stratégies. Expert en eTourisme, il s’attache tout particulièrement au développement de la visibilité des destinations et au pilotage de la performance globale de leurs dispositifs digitaux. Parmi les clients de l’agence qu’il a accompagnés : les OT de Lyon, Bordeaux et Montpellier ainsi que des destinations phares comme Savoie Mont-Blanc, le Nord-Pas de Calais, la Normandie, la Franche-Comté, l’Hérault, le Cantal, les Hautes-Pyrénées, Le Jura… En 2016, Cédric Chabry fonde ThinkMyWeb, agence conseil en stratégie digitale, et se positionne comme coach digital des dirigeants de DMO.