Je poursuis avec ce billet les retours sur nos travaux lors des 7èmes Francophonies du etourisme avec les collègues français, québécois, belges et suisses, et un accueil et une participation active de nos hôtes réunionnais.

Dans le cadre de nos réflexions sur la thématique des Résidents (Cf. le billet initial de Jean-Luc et ceux qui ont suivi), les professionnels locaux nous ont titillés pour ancrer nos élucubrations dans leur quotidien, et proposer des projets concrets qui pourraient bénéficier à la destination. Et oui, car sur les Francophonies du etourisme, on est souvent sur des thématiques larges, que les trois jours d’échanges entre les personnes présentes permettent de resserrer ensuite sur des points plus précis, mais pas forcément en résonance avec le territoire qui nous accueille. 

Dès le débrief collectif du deuxième début d’après-midi, nous avons poussé l’idée d’une Fondation, qui a recueilli un écho très positif de l’ensemble des participants. C’est donc durant les deux demi-journées qui ont suivi que nous avons posé les bases de ce projet au sein d’un groupe de travail que j’ai eu le plaisir d’animer avec Grégory Guzzo (Val Thorens), Bertrand Millot (Saint-Emilion), et les locales Catherine Dostes (Île de La Réunion Tourisme), Katherine Chatel (Co-fondatrice d’Odyssée Réunion) et Sophie Durville (Présidente du Club Tourisme Île de La Réunion).

C’est quoi une Fondation ?

Le terme de fondation est défini par l’article 18 de la loi du  : « Une fondation désigne l’acte par lequel une ou plusieurs personnes physiques ou morales décident l’affectation irrévocable de biens, droits ou ressources à la réalisation d’une œuvre d’intérêt général et à but non lucratif. » Après décret en Conseil d’État accordant la reconnaissance d’utilité publique, elle acquiert alors le statut de fondation reconnue d’utilité publique.

Pour qu’il y ait intérêt général, il faut que l’œuvre ait un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, ou concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la défense de l’environnement naturel ou à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques française.

C’est donc différent d’une association Loi 1901, plus contraignant et formel dans sa création et sa mise en oeuvre, mais aussi plus pérenne, avec une gouvernance différente, et de nature privée mais dédié à l’intérêt général.

On a même du coup commencé en définissant par défaut ce que ne serait pas cette Fondation :

Pourquoi une Fondation ?

© IRT / La Vie en Mauve

Pour partager une vision, une ambition, dont découlent des missions, puis des actions, avec une volonté forte de développer un modèle unique et novateur, avec une gouvernance nouvelle.

Pour associer des personnes physiques, des personnes morales, des institutions et des professionnels, du tourisme et d’autres secteurs, des habitants impliqués, des touristes responsables, mais aussi des mécènes, des bénévoles.

Pour préserver, protéger, mais aussi et surtout développer, s’impliquer, financer des projets.

“Unique au monde”, vous y allez un peu fort nous direz-vous…Pas si sûr que ça voyez-vous, car l’ambition d’y associer voyageurs, résidents, professionnels, mécènes autour de thématiques aussi larges que l’éducation, la culture, le sport, l’économie, le tourisme bien sûr et dans un environnement aussi riche que fragile que La Réunion, et bien oui… cela nous paraît unique 😉

Comment ça marche ?

Evidemment, une Fondation doit se doter de fonds pour pouvoir soutenir derrière les projets.

On envisage donc de mettre à contribution les voyageurs et les professionnels locaux en mettant en place, à l’instar de la taxe de séjour, un système de dons collectés puis reversés par les fournisseurs de services, produits, avec une communication beaucoup plus “sympa” bien évidemment. L’objectif est aussi que le client comme le prestataire ait conscience l’un et l’autre d’oeuvrer pour le bien commun ! En choisissant, cette activité, ce presta, membre actif, adhérent où je ne sais quoi de la Fondation, j’ai conscience que je participe à la préservation/protection/développement de la destination et du territoire.

Comme le dit Greg, “T’es jamais à l’abri d’avoir un homme d’affaires, un milliardaire, amoureux de la destination qui deviendra mécène“, et l’aspect défiscalisation de la Fondation prend là toute son importante !

Et puis bien évidemment, il n’y a pas que l’argent, on peut donc aussi donner de son temps, que l’on soit voyageur, habitant, professionnel.

Et maintenant ?

Et bien la balle est dans le camp de nos amis réunionnais ! Valider le principe, choisir le statut, valider les éléments fondateurs, la gouvernance, les actions à mener sans marcher sur les plates-bandes des uns et des autres… D’autres fondations sont en cours de création à La Réunion et celle-ci fait son chemin.

Si les grandes entreprises utilisent souvent les Fondations notamment à des fins d’image, rares sont encore les territoires à s’être lancés sur ce sujet. Cela a fait partie des réflexions qu’on a déjà eu l’occasion de pousser auprès de clients il y a déjà quelques années, mais les différentes lois récentes, regroupements/fusions ont eu raison des velléités de l’époque…

On a toute fois retenu les exemples de la station de ski américaine de Vail, et aussi plus proche de nous de la MISSA (Mission Isle-sur-la-Sorgue Attractivité) que pilote Joël Gayet, et qui a choisi ce modèle pour agréger les forces vives et les finances.

Je vous joins ci-dessous la présentation qui a été faite à nos amis réunionnais lors des Rencontres qui ont suivi nos réflexions sur le sujet, avec notamment quelques exemples d’actions thématiques choisies par nos hôtes pour illustrer les différents sujets, allant du financement d’une formation à l’étranger pour développer les compétences à la mise en oeuvre de micro-financements en local, d’un centre d’excellence de l’ultratrail, avec toujours un guide commun quant aux contreparties : qu’est-ce que cela apporte au territoire, aux porteurs de projet, aux résidents, aux voyageurs, et pourquoi la Fondation est le bon support pour accompagner ce projet, cette action.

 

Et pour les plus motivés d’entre vous, Guillaume Cromer a filmé la séquence de présentation lors des #ETRUN, la voici donc depuis Youtube :
 
 

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Ludovic a démarré sa carrière en Auvergne, à l’Agence Régionale de Développement, puis dans un cabinet conseil sur les stratégies TIC des collectivités locales. Il a rejoint en 2002 l’Ardesi Midi-Pyrénées (Agence Régionale pour le Développement de la Société de l’Information) et a plus particulièrement en charge le tourisme et la culture. C'est dans ce cadre qu'il lance les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel dont il organisera les six premières éditions à Toulouse. À son compte depuis mai 2011, il est Consultant etourisme & Web social, intervient sur de nombreux séminaires, manifestations et congrès, accompagne des structures sur leur stratégie, en AMO, ou en formation. Il organise les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel pour le compte de l'AEC et la Région Aquitaine à Pau, après les avoir initiées à Toulouse. En 2013, il co-fonde avec ses associés et blogueurs Pierre Eloy et François Perroy la société Agitateurs de Destinations Numériques. C’est à partir de ce travail quotidien qu’il se propose d’alimenter ce blog, en livrant ses impressions et commentaires quant au développement des nouvelles technologies au sein des structures publiques de tourisme.