GarorockLa ville de Marmande, en Lot-et-Garonne a vécu en fin de semaine dernière au rythme du festival Garorock, qui fêtait son vingtième anniversaire. En point d’orgue, jeudi soir, le groupe britannique Muse a enflammé la plaine de la Fillole et ses 40 000 spectateurs; mais juste avant ce concert exceptionnel, 150 participants réfléchissaient aux festivals connectés, dans le cadre de la première édition de Garocamp, le rendez-vous BtoB des évènements connectés. 

Pierre Bellerose, Vice-Président de Tourisme Montréal a fait dans ces colonnes le compte-rendu de la première journée de Garocamp.

Je voudrais aujourd’hui revenir sur un atelier que j’ai eu le plaisir d’animer, et qui traitait du lien entre tourisme et festival : en quoi les grands évènements sont-ils un support d’attractivité pour le territoire?

Voici la présentation en 90 slides de cet atelier, avec quelques commentaires en suivant.

 

Lorsque les festivals sont un outil de développement touristique

Paul Arseneault, titulaire de la chaire Transat de l’université de Québec à Montréal a fait un tour de piste passionnant de l’actualité des festivals sur le continent Nord Américain. En croissance exceptionnelle, les festivals attirent selon Nielsen 32 millions de participants en 2014. Ils constituent aujourd’hui une véritable vitrine pour les destinations, et sont très intégrés à la stratégie de développement touristique.

Paul ArseneaultPaul a notamment présenté la stratégie du Québec en matière de festival : une partie intégrante, voire dominante de la politique touristique. Les offices de tourisme ou Associations Touristiques Régionales qui collectent la taxe d’hébergement en reverse une partie aux festivals. A Montréal, cela représente plusieurs millions de dollars investis par les DMO dans les festivals.

Le choix des festivals accompagnés prend en compte l’achalandage, les retombées économiques, la programmation mais aussi les actions de promotion hors-Québec.

Autant dire que de ce coté-ci de l’Atlantique, on a compris depuis longtemps quel pouvait être l’impact de l’évènementiel dans le tourisme!

 

Lorsque les festivals sont un outil de développement économique!

Sylvain Couty, directeur de l’office de tourisme d’Angoulême est venu raconter l’histoire du festival de la Bande Dessinée d’Angoulême. Ou comment un territoire a su se construire une image de marque, de nouveaux éléments d’attractivité et une nouvelle filière économique à partir d’un évènementiel ?

BD à AngoulêmeDans les années 1970, le festival est né grâce à la conjonction de trois personnes, en l’occurence le fondateur du festival “passionné visionnaire”, le maire de la ville “élu entrepreneur” qui a facilité le déploiement et un “artiste expert” qui a convaincu le monde de la bande dessinée. En retraçant ces 40 ans de festival, Sylvain a montré comment un écosystème complet pouvait se construire, créer des centaines d’emplois, et donner une identité forte à une ville de province. Aujourd’hui, le directeur de l’office de tourisme peut promouvoir une pépite, unique en France, et qui a façonné l’image de marque du territoire.

A Brive la Gaillarde, c’est l’office de tourisme qui organise le festival d’été, en progression constante et qui ce mois de juillet verra des dizaines de milliers de festivaliers sur les bords de la Corrèze. Autant dire que Stéphane Canarias, patron de l’office de tourisme connaît bien le lien entre tourisme et évènements. Ce qui l’a poussé à être en 2016 un des premiers festivals à appliquer la technique du Yield Management sur la vente des billets de concert ! (diapositive 78 de la présentation ci-dessus). Mais il n’y a pas que dans le domaine de la réservation que tourisme et festival sont cousins, selon Stéphane : si les organisateurs de festival connaissent la même évolution que les offices de tourisme, ils considéreront les festivaliers comme des clients. A partir de là, que ce soit dans le management des réseaux sociaux, dans la gestion de la relation client, les festivals pourront s’inspirer de méthodes mises en place dans le tourisme.

Stéphane CanariasEn conclusion, Maryse Lafenêtre, représentant la région Nouvelle-Aquitaine a pu souligner que les plus grandes évidences ne sont pas forcément suivies de faits : il faut que le monde du tourisme et celui de la culture se rapprochent, et travaillent ensemble.

L’évènement Garocamp, qui est à la charnière du numérique, du tourisme et de la culture a donc un bel avenir devant lui. Organisé par l’office de tourisme local, il a réussi à faire se rencontrer durant deux jours start-ups, acteurs du tourisme et organisateurs de festival. C’est déjà un bon début!

Pour revoir les 1h36 de l’atelier en vidéo, c’est par ici :

 

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Jean Luc Boulin est directeur de la Mission des Offices de Tourisme Nouvelle-Aquitaine (MONA). Cette structure, unique en France, regroupe les Pays Touristiques et les Offices de Tourisme de Nouvelle-Aquitaine. Elle est soutenue par le Conseil Régional. Deux missions principales lui sont confiées : la structuration touristique des territoires et la professionnalisation. Dans ce cadre là, la MONA assure une veille permanente sur le etourisme et accompagne des expériences dans son réseau. Directeur de l’office de tourisme de l’Entre-deux-Mers (Gironde) et du pays d’accueil touristique du même nom pendant plus de dix ans, Jean Luc Boulin dirige la MONA depuis sa création en 2003. Le manque de source d’information au même endroit sur le etourisme institutionnel et le besoin d‘échanger sur cette formidable mutation du métier des offices de tourisme vers l’Internet ont donné l’idée à Jean Luc Boulin de créer ce blog “etourisme.info”, qui se veut être le creuset de l’etourisme institutionnel sous toutes ses formes. Jean-Luc Boulin est également enseignant en Master Tourisme AGEST (aménagement et gestion des sites et territoires touristiques) à l'université de Bordeaux Montaigne. Le site Internet de la MONA. |Email : jlboulin at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots). |Twitter : @JeanLucBoulin