Attention j’annonce… mon introduction est immense avant de vous présenter ce nouveau service à surveiller :), bon courage !

J’évoquais pour la rentrée du blog en septembre la fin de cette fuite en avant dans le numérique et encore plus dans l’usage touristique du numérique. Ce médium devient mature, les gros avalent les petits, inutile de revenir sur nos billets sur les OTA, tout comme les quelques chaînes d’hypermarchés ont avalé en leur temps les petits commerces. Dans ce Internet mature, une tendance de fond m’interpelle et focalise une partie de ma veille dessus, c’est la fin de la curiosité numérique, voire le gavage numérique qui trouve ses limites. Aucune interprétation de valeur à apporter à ce constat, je me dis juste que ce doit être fabuleux d’être un sociologue/anthropologue en ce début de siècle, car là où il fallait une analyse sur 300 ans pour étudier un changement sociétal ou culturel, ici en à peine 15 ans, ce scientifique peut être témoin de 34 révolutions sociologiques.

L’Humatérialisation, mélange d’Humanisation et de Matérialisation, trouve chaque de nouveaux exemples. Nous avons pu profiter hier, mardi 12 nov 2013 (pour la postérité de ce billet dans 300 ans, la bise aux sociologues de 2313)  d’une visite privée de l’office de tourisme de #Bisca(rrosse) avec les stagiaires de la formation aquitaine Accueil Par l’EXcellence. Cette formation fait la part belle aux solutions numériques au service d’un conseil en séjour “éclairé”. Biscarrosse a été un des initiateurs de ce virage numérique dans l’accueil physique des offices de tourisme. Ils sont donc les premiers à pouvoir faire un bilan de presque 3 ans d’usages numériques dans leur local. Au delà des clients satisfaits de ces nouveaux services mais aussi des contraintes liées à la mise à jour permanente des outils numériques, à la malveillance que peut subir ce matériel, je retiendrai un chiffre marquant qui montre ce nouveau virage que nous vivons dans notre approche “touristique” de l’usage du numérique. 

Ce chiffre, c’est +31%… d’actes de renseignement/conseil physiques en août 2013, comparé à août 2012, pour un nombre de visiteurs quasi constant. Il est donc très clair que les tablettes mises à disposition ont été délaissées pour un acte de renseignement touristique. Nous avons passé cette ère de la curiosité-découverte des outils numériques grand public.

Aujourd’hui, les foyers équipés en tablette se comptent par millions juste en France. Ajoutons à cela des contenus qui vieillissent toujours plus vite sur le numérique que sur papier, nous avons l’habitude de dire que le Numérique, c’est comme les Chiens, on multiplie par 7 le temps pour avoir une idée réelle de l’âge de vos développements. Une application à tendance exhaustive créée en 2011 a donc aujourd’hui presque 20 ans en années numériques 🙂 .

C’est sans doute la seconde explication qui montre que des services numériques trop larges, trop gros, trop exhaustifs ne correspondent plus à la demande d’un client cherchant l’expertise humaine quand il pousse la porte d’un office de tourisme mais qui utilise aussi des applications numériques touristiques… mais pas n’importe lesquelles… souvent des applications à usage unique ciblé, inutile de revenir sur la stratégie et le succès sonnant et trébuchant de Voyages Sncf. Juste un élément rappelé par Yves Tyrode son patron, VSC préfère développer 5 applications à usage spécifique et à forte valeur ajoutée sans diluer le service dans une application généraliste… sans doute un bon sujet d’échanges et de débats pour nous également dans le tourisme : “Quelle est la valeur ajoutée et l’usage pertinent que proposera (ont) ma(mes) application(s) ?

Ce que j’en retiens, c’est la fin (ou la perte d’intérêt) généralisée des services exhaustifs. Cette introduction digne d’une soutenance de thèse sur les Chevaliers paysans de l’an mil au lac de Paladru m’amène à mettre en lumière “touristique” l’arrivée d’un nouvel acteur dans la communication humaine, par voie numérique. 

Facebook est gros, très gros, les mises à jour de statuts de vos centaines d’amis deviennent chronophages (deviennent n’est peut être pas le bon terme 🙂 , la publication à un grand nombre atteint ses limites. Et si l’ère de la curiosité et de la prospection amicale avait elle aussi vécu ? Ouais ok, ca sent la philosophie sociologique Kronenbourg, mais il est toujours intéressant de voir comment ceux qui sont nés dans le numérique (voir le billet d’hier sur ces générations Y) s’approprient ou délaissent certains services. 

Vous ne le connaissez peut être pas encore, mais dans la famille des réseaux sociaux qui sont avant tout des services d’échanges humains instantanés en ligne, ou plus simplement appelés Chat, SMS, MMS 🙂 , je demande le petit frère de Skype, Msn, Whatsapp, WeChat, grande famille de centaines de millions d’utilisateurs de ces services dissociés des réseaux traditionnels 3G/4G. Nous vous présentons le frère japonnais, créé à la suite des ruptures de réseaux télécom lors du tsunami de 2011, qui aujourd’hui enregistre en moyenne 63000 nouveaux utilisateurs par heure… et là, mon jeu de mot dans le titre prend tout son sens, quel suspens, on dirait la dernière minute de l’élection miss France avant qu’une des deux s’évanouisse… And the winner est Line

line

 On ne parle pas ici d’innovation révolutionnaire, je vous l’ai dit en introduction, la fuite en avant technologique n’est pas forcément la priorité de tous. Line est un espace d’échanges,  qui privilégie la communication par icônes/stickers (Wow what a revolution) en chat, mais aussi un outil de communication en audio ou en vidéo. Comme beaucoup de nouveautés, il s’agira peut être d’un succès éphémère, mais il est intéressant de voir qu’il a mis 2 fois moins de temps que Facebook pour gagner ses premiers 200 millions d’utilisateurs. L’usage est simple, la communauté est restreinte à un cercle d’amis bien plus physiques que vos profils facebook (surtout pour les pros du tourisme) devenus des usines à gaz avec un dernier élément de contexte qui me dit que Line est peut être lancé sur un bon créneau, c’est l’intensification des usages de mail, chat, contacts instantanés dans Facebook, totalement déconnectés des infos publiées dans les statuts et des publicités qui y sont rattachées sur la partie droite de FB. Au final, Facebook deviendrait il un enorme Chat / Mail pas forcément anticipé  par FB et donc pas priorisé dans son ergonomie ? 

Line, un acteur à suivre, avec l’extension de la 4G, Bouygues Télécom est le premier à avoir misé dessus (voir l’actu fraîche ici)

Et pour finir, un peu d’espagnol fait toujours du bien aux oreilles quand il fait gris dehors en novembre : 

En conclusion, je vous invite à lire ce billet du Nouvel Economiste qui nous a alerté dans notre veille, je le trouve personnellement très intéressant : 
http://www.lenouveleconomiste.fr/il-y-a-eu-facebook-apres-google-linimaginable-peut-il-se-produire-a-nouveau-20163/

 

Visitez le portail Line, en Indien, en Brésilien, mais pas encore en Français, une analyse rapide des marchés les plus dynamiques et en devenir ? 🙂 http://line.naver.jp/en/