californie
Mon article de ce jour est un peu éparpillé façon puzzle. Je vais vous parler de trois mini sujets qui m’ont traversé l’esprit ces derniers temps :

  • la pertinence du maintien de sites web de destination et l’organisation de leur home page,
  • les communautés de locaux,
  • et sons et podcasts comme sources de veille à utiliser dans le tourisme.

Habiles comme vous l’êtes, vous saurez bien remettre de l’ordre et tirer partie de mes synapses numériques du jour 🙂

Premier point : le site web de destination

Il n’y a plus que 2300 offices de tourisme en France et leur nombre va décroître fortement dans les prochaines années. Avec eux, le nombre de sites web de destinations va forcément diminuer. Peut-être en arrivera-t-on à ce demander s’il est encore pertinent de disposer partout d’un site web de destination et corollaire, de sa home page. 

La home page, je la verrais bien offrir une proposition de vide, de silence, d’endroits de repli car c’est semble-t-il une valeur recherchée massivement pour les vacances et rarement proposée. On croule sous l’information et sous les propositions ! On ne peut raisonnablement tout assimiler. Revenir à du temps pour soi, ça me paraît être une sage proposition. A priori, ça n’est pas vendeur pour l’offre locale. Mais si ça l’est pour une partie importante des touristes, il faut regarder cela de près. Le site de VisitCalifornia est bien peu bavard et ça fait du bien !

Je la verrais aussi proposer un raccourci de ce qu’il y a à découvrir et pratiquer dans un format court comme le font si bien les guides urbains des grands éditeurs : Venise en 2, 3 ou 4 jours. L’essentiel, ça marcherait tout pareil ailleurs comme à Joyeux dans l’Ain, à Angoisse en Dordogne, à Bourré en Loire et Cher ou encore à Mouais en Loire Atlantique. 

Autres aspects régulièrement développés dans ce blog et finalement peu investis encore, le vivre comme un local, couplé à des conseils d’initiés, pas seulement greeters que l’on doit aller chercher dans les arborescences. Le nouveau site de Nice est très réussi, en 7 langues, avec sélection d’activités et de sorties sympas et tout et tout, mais il faut débusquer la mise en relation avec des greeters locaux. Les rubriques arriver et quitter, truffées de bons conseils, couplées aux sources multiples de transports, notamment les nouveaux, autocars, collaboratifs, locations de vélos… et la carte des aires et quartiers, bien renseignée manque souvent. Puis un moteur de recherche dépouillé, comme celui de cet espace bien luxous à Santa Monica

santa monica
Mais le plus important, notamment pour les plus jeunes, c’est la question suivante : le site web et sa home page sont-ils encore pertinents ? De plus en plus de nouveaux media n’ont plus de site web. Ils créent des contenus qu’ils poussent sur Facebook et sur Snapchat. Now This, AJ+ le disent clairement.

AJ+Tasty est un nouveau média de recettes de cuisine en vidéos uniquement publiées sur une page Facebook dédiée. Obsessee, qui s’adresse aux ados et jeunes adultes ne publie ses contenus que sur les réseaux sociaux de ses lecteurs. La question du site sur lequel on concentre son offre et ses contenus mérite d’être clairement posée désormais. Cet article des Echos illustre bien le sujet pour ce public qui est quasi né avec un smartphone greffé au bout des doigts. 

now thisDeuxième point : les communautés de citoyens et les experts locaux

Mon dernier article sur l’initiative suédoise consistant à mettre en relation voyageurs et habitants a suggéré des compléments. The US number est une autre dimension. Par une application qui utilise les CallThere, appels locaux acheminés par Internet, chacun peut s’exprimer pendant 5 minutes sur des sujets très variés avec des Américains. En Californie le site officiel de l’Etat indique que “les experts et les ressources du tourisme local partagent un maximum d’idées dans tout l’État. Dans les California Welcome Centers existant en Californie, vous trouverez des « concierges » pour un tourisme personnalisé. Ces experts sont là pour vous fournir les informations qui vous permettront d’améliorer et d’enrichir votre visite, par exemple en vous suggérant des restaurants, des attractions intéressantes et des hôtels ou autres moyens d’hébergement”. On le voit, au-delà de l’accueil professionnel, l’envie de rencontrer des locaux et d’échanger avec eux est inhérente à un tourisme plus intelligent que celui de la pure consommation qui a longtemps prévalu. Le smart tourism deviendra peut être un greffon du concept de smart city.

Troisième point : s’informer par podcast sur les grandes tendances touristiques

skift podcastLes outils de veille à lire sont nombreux, je n’y reviens pas. Mais il existe également des supports intéressants via podcast pour mieux appréhender l’actualité touristique, comme TourMag.com sur l’actualité qui en est à sa 57ème production ou en anglais le Tourism Tweetup the Podcast, qui s’est arrêté en décembre 2015, mais les archives sont audibles (et son blog) piloté par Holly Galbraith d’Australie. Le plus passionnant demeurant The Skift Podcast, très renifleur de tendances touristiques et digitales. Le dernier diffusé en exemple.

Et à propos de son pour conclure cette chronique façon puzzle, une bonne interrogation dans la première partie de ce long article documenté d’Inaglobal sur notre capacité à accepter et à percevoir toutes les subtilités des sons et images de haute qualité. “Toujours considéré comme le parent pauvre de l’audiovisuel, le son devrait pourtant progresser dans sa qualité de diffusion. En effet notre cerveau perçoit assez mal les grands écarts qualitatifs entre image et son simultanés. C’est encore plus flagrant avec les écoutes au casque. Les nouveaux supports de diffusion individuels que sont les ordinateurs portables, les tablettes et autres smartphones ont massivement recours à l’écoute au casque stéréophonique. Si notre cerveau est conditionné en partie par une société d’images (qu’il priorise donc), le son joue un rôle totalement complémentaire si il est associé à ces images et il faudra compenser en permanence une moindre qualité du son”.