Petite réflexion du jour suite à mon intervention en analyse statistique devant des étudiants aux yeux écarquillés quand je leur explique que la graphique, la science de la représentation visuelle de données statistiques, répond à des règles précises. Non, on ne représente pas tout et n’importe quoi et surtout pas n’importe comment.

C’est pourtant un des maux du monde professionnel que de produire à tout va des graphiques qui n’ont pas de sens, parce qu’il faut occuper la prochaine réunion et qu’il n’y a rien de mieux que de montrer tous les talents que l’on peut déployer avec Excel (ou LibreOffice). Que celui qui n’est jamais sorti de réunion le front plissé à essayer de comprendre pourquoi on vous a présenté un diagramme circulaire me jette la première pierre. Soit le graphique n’ajoute aucune valeur aux données que l’on communique (autant communiquer le tableau brut). Soit c’est un non-sens dans l’analyse que l’on propose. Par exemple:

Le Tumblr WTF Visualization regorge d’exemples farfelus

“The greatest value of a picture is when it forces us to notice what we never expected to see”, John Tukey. Pour traduire la pensée de ce statisticien américain on dira que la grande force d’un graphique, c’est d’amener à remarquer ce que l’on ne se serait jamais attendu à voir. C’est dans une certaine manière le cas dans l’exemple ci-dessus puisque sur un diagramme circulaire censé représenter une surface de 100%, on peut y loger 380% à contre-courant de toute loi mathématique.

Je ne vais pas m’étendre ici sur les règles de base de la construction d’un graphique, ce n’est pas mon propos. En revanche, j’en viens à mon outil du jour : Chartblocks. Pour faire court, c’est l’anti-Excel : on manipule facilement les données que l’on veut représenter et les modèles de graphique ne sont pas pléthoriques donc on va à l’essentiel (pas de gadgets comme la 3D ou l’éclatement du diagramme). Bref, c’est une application qui répond parfaitement aux attentes du graphique : communiquer simplement sur une série statistique. Petit tour de l’interface.

etourismeinfo-crowdfounding

L’épure domine sur l’ensemble du site, il est donc très intuitif. 1ère étape, renseigner une série de données. Plusieurs options se présentent : rentrer les données brutes sur le tableur intégré ou téléverser un fichier pré-existant.

L’application est encore en version bêta et on pourra prochainement gérer des flux Twitter, espérons Google pour récupérer les résultats d’enquête issus de Form. On pourra également agréger une base de données  (SQL, Oracle, etc.) pour alimenter l’application.

Ci-dessus, les options des différentes séries (à droite) mettent en surbrillance la série de données (à gauche). On sélectionne facilement la série qui nous intéresse. On applique variable et effectifs en abscisse et ordonnée aussi aisément. C’est l’étape que je trouve toujours pénible sous Excel (depuis la version 3, soit en 1991) lorsque la fenêtre de sélection des données s’ouvre sur les données même que l’on veut sélectionner.

Viens l’étape de choix du type de graphique.

Vous remarquez la différence avec Excel là aussi : diagramme en bâton, histogramme, courbe, aire, nuage de points ou diagramme circulaire. Rien de farfelu qui polluerait la lecture de l’information.

Dernière étape, le graphique est affiché et le menu de gauche permet d’opérer quelques retouches esthétiques pour la présentation: orientation, couleurs (fond, effectifs représentés); on affine également le fond (titre, légende, valeur des variables, échelle, etc.).

Les tarifs:

C’est donc un outil complet dès la version freemium. Certains d’entre vous seront peut-être limités de ne pouvoir télécharger leur œuvre qu’au format .png. Toutefois, l’application offre la possibilité d’héberger jusqu’à 50 feuilles de calcul et créer 30 graphiques en ligne. J’ai été convaincu par l’efficacité du produit. Vos retours sont bien entendu les bienvenus, c’est la fin de l’année et l’heure de vos bilans statistiques.

Petit aparté, je vous invite à parcourir le Tumblr de WTF Visualization pour vous interroger sur la pertinence de tel ou tel graphique… et rire un peu.

Un dernier pour la route, si vous n’avez rien compris au Bitcoin ceci ne vous aidera pas.

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Historien de formation, c’est par une spécialisation en valorisation des patrimoines naturels et culturels que Jérôme a mis un pied dans le tourisme. Il met sa passion des territoires au service de leur promotion. Jérôme a notamment travaillé dans les Offices de Tourisme de Poitiers, Aurillac et Villeneuve-sur-Lot. Toujours à l’affût d’outils pour entraîner ses collègues dans des approches innovantes, c’est un geek curieux d’apprendre et transmettre.
Mise en œuvre de stratégie numérique, communication digitale et coordination de projets figurent parmi les compétences de Jérôme pour accompagner ses collaborateurs.