Lundi 8 juillet 2019. Nous avons la chance d’être à Montréal avec des amis de la Francophonie pour une semaine d’échanges autour de l’attractivité, de l’innovation, des imbrications entre territoires et start-up pour les #FIT2019. Pour aborder le sujet j’ai produit un podcast à partir d’un super échange avec un francophone indien, acteur touristique et régulièrement connecté avec une utopie. Voyage du Pays Basque à l’Inde alors que nous sommes à Montréal, Québec.

Attractivité ou attraction ? Organisation ou herbes folles ? Territoire ou dynamique surgissantes d’acteurs passionnés, engagés, éclairés ? Nous étions ces derniers jours avec l’ami Pierre Eloy dans les hauteurs fraîches de la magnifique hêtraie d’Iraty, en compagnie de nos collègues de l’Agence d’Attractivité et Développement Touristique Béarn Pays Basque. Complètement connectés à nos travaux relationnels et digitaux, l’intervention de Josy Aroçagaray directrice du site merveilleux des Chalets d’Iraty nous a emballés. En 30 minutes, elle nous a situés la genèse de cette construction collective d’un hameau touristique en connexion simple avec la nature, les travaux forestiers et l’élevage que l’on nomme ici pastoralisme.

Créée voilà plus de 50 ans par des locaux courageux et entreprenants, cette structure relie citadins et locaux des hauteurs. Elle a innové dans sa conception, dans sa modernisation et aujourd’hui encore son développement. Il n’est pas question ici de start-up, de smart city, de nuge et autres concepts et créations modernes. Il est question d’habitants, de voyageurs, d’une nature habitée par des brebis et des vaches sympathiques qui produisent d’excellents produits laitiers, de chevaux libres, d’arbres communicants, de temps changeants, d’une humanité que l’on sent très lointaine dans nos métropoles.

Du Pays Basque à l’Inde

Par la magie de Facebook qui peut rester un formidable outil relationnel, je suis récemment entré en communication avec Velmourougane Sambasivan. Ce citoyen indien est guide touristique dans la région de Pondichéry en Inde et travaille pour l’agence réceptive locale Mayiletour. Il reçoit des touristes, principalement francophones, auxquels il fait découvrir le Sud de l’Inde. Et parmi les endroits intéressants qu’il ouvre à la visite, se trouve le site d’Auroville. Cette cité utopique, fondée voilà 50 ans, est une communauté exigeante quand à l’acceptation de ses membres, mais elle fonctionne. Elle vise à réaliser l’unité humaine et à rendre harmonieux les relations entre la terre et les hommes.

Le son local

Ses habitants en ont fait un havre arboré, dans un environnement sec. Ils travaillent en 35 unités thématiques, dont une informatique et digitale, sont engagés dans une démarche environnementale, inventent de nouvelles manières de voir le monde et gérer notre présence sur terre. La littérature sur Auroville est abondante, avec Courrier International qui y a consacré un récent article, Reporterre s’y est aussi intéressé. Et Auroville dispose d’un relais très documenté en France.

Ma conversation avec Velmourougane a été très riche. Mon nouvel ami témoigne de l’attraction qu’exerce cette initiative, cette smart city locale de 50 ans. Entre attractivité, fondée sur une volonté locale, territoriale, mixant institutions et tissus économiques et universitaires, et attraction née de la volonté d’hommes et de femmes engagés, citoyens ordinaires en prise avec la terre, nous avons ici des modèles différents, des moyens et des résultats inégaux.

Je vous invite à regarder de près d’autres modèles attractifs qui inventent des collaborations mais qui démontrent l’importance vitale de la confiance, de la foi, de l’ancrage, de l’humanité, de la conviction. Il n’existe pas de solutions uniques pour aborder la complexité de notre monde moderne. La démocratie, l’environnement, le numérique ou la mobilité ne peuvent être abordés par des solutions binaires, comme notre culture numérique voudrait parfois nous y conduire par les ressorts miraculeux des outils de simplification de la pensée issus des méthodes de design thinking. De préférence et de culture, je préfère la rencontre et l’écoute. C’est ce qui a guidé cet article, avec mes remerciements à Josy, à Velmourougane, à la forêt d’Iraty et à son silence nocturne.

Pour compléter l’information, j’ai produit mon premier podcast avec les moyens du bord (micro Boya, iPhone, entretien par Messenger, montage sur Audacity, diffusion par Soundcloud).