Nous n’en finissons plus dans ce blog, de noter la fin des applications non génériques dans le domaine du voyage.

Relisez ce papier de Philippe Fabry, intitulé « applications mobiles dans le tourisme, pour usage fréquent uniquement » qui date de janvier 2016. Philippe expliquait que 80% du temps d’usage se focalisait sur 5 applications seulement !

La dernière livraison de Google sur le comportement des mobinautes est parlant, surtout pour ce qui concerne les offices de tourisme. Dans cette étude intitulée « Shopping, finance & voyage : rôle des applis et sites mobiles dans le parcours d’achat« , Google a interrogé 500 internautes français sur leur pratiques en voyage.

Premier enseignement  : on apprend que « les utilisateurs utilisent plus naturellement un site mobile quand ils organisent leurs vacances ou réservent un voyage professionnel« . Mais, expliquent les auteurs de l’étude « Notre étude montre toutefois qu’il n’y a pas de préférence claire pour les sites par rapport aux applis. En d’autres termes, une appli native bien conçue a toutes ses chances de susciter l’intérêt des consommateurs. » 

Le site de l’office de tourisme avant l’application mobile

Voilà qui contredit un peu le titre de cet article. C’et lorsque l’on rentre dans le détail des comportements que cela devient plus intéressant. En effet, lorsque l’on demande aux utilisateurs quels usages respectifs ils ont d’une appli mobile ou d’un site mobile pour des activités de voyage, la réponse est nette. Pour chercher des informations touristiques avant ou pendant le voyage, ils ne sont que 20% à utiliser une application mobile.

 Ce qui montre bien que dans la majorité des cas, un visiteur va chercher le site mobile de l’office de tourisme plutôt que d’aller télécharger l’application mobile de la destination. En fait, toute l’étude démontre que seules les applications des grandes marques trouvent grâce auprès des utilisateurs, que ce soit avant ou pendant le voyage.

 

Conclusion : j’abandonne mon appli.

Conclusion rapide, certes, mais qui enfonce le clou : si je gère la promotion d’une destination aujourd’hui, je m’inquiète beaucoup plus d’avoir un site particulièrement bien adapté à l’utilisation en mobilité, que d’investir dans une application généraliste…

Surtout que, comme le montre cette dernière diapositive sortie de l’étude de Google, l’utilisation du mobile pour les activités de voyage est loin d’être neutre. A la question « si vous ne pouviez utiliser votre smartphone que pour trois fonctions, lesquelles choisiriez-vous », ils sont quand même 16% à décider d’abandonner le reste pour se consacrer à l’organisation de leur voyage ou de leurs activités sur place (mais 30% à conserver leur compagnon numérique pour jouer…)

 

 

 

 

 

 

 

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Jean Luc Boulin est directeur de la Mission des Offices de Tourisme Nouvelle-Aquitaine (MONA). Cette structure, unique en France, regroupe les Pays Touristiques et les Offices de Tourisme de Nouvelle-Aquitaine. Elle est soutenue par le Conseil Régional. Deux missions principales lui sont confiées : la structuration touristique des territoires et la professionnalisation. Dans ce cadre là, la MONA assure une veille permanente sur le etourisme et accompagne des expériences dans son réseau. Directeur de l’office de tourisme de l’Entre-deux-Mers (Gironde) et du pays d’accueil touristique du même nom pendant plus de dix ans, Jean Luc Boulin dirige la MONA depuis sa création en 2003. Le manque de source d’information au même endroit sur le etourisme institutionnel et le besoin d‘échanger sur cette formidable mutation du métier des offices de tourisme vers l’Internet ont donné l’idée à Jean Luc Boulin de créer ce blog “etourisme.info”, qui se veut être le creuset de l’etourisme institutionnel sous toutes ses formes. Jean-Luc Boulin est également enseignant en Master Tourisme AGEST (aménagement et gestion des sites et territoires touristiques) à l'université de Bordeaux Montaigne. Le site Internet de la MONA. |Email : jlboulin at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots). |Twitter : @JeanLucBoulin
  • Pingback: Les applis de destination, c'est fini ? | Etour...()

  • Salut Jean-Luc. Je nuancerai un peu en conclusion, certes les applications de destinations généralistes ont peu d’intérêt aujourd’hui pour les voyageurs. Par contre, pour les destinations, il reste de la place pour les applications spécialisées sur des activités, itinéraires ou autres. De préférence en utilisant les applications éditeurs où on peut publier du contenu et réutiliser l’application en marque blanche plutôt que de chercher à développer son application maison en partant d’une feuille blanche.

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  • Romain Péroua

    20% c’est quand même pas rien ! Je trouve qu’une bonne appli de destination est encore super utile, de notre côté on est à fond dedans en offrant de vrais infos bonnes infos pratiques (circuits de randos par exemple on a souvent des gens à l’accueil qui l’utilisent pour ça ; mais aussi tout bête les aires de pique niques, parkings et compagnie qui sont toujours une galère quand nous même nous sommes en vacances, même les WC publiques, ça peut paraitre futile mais combien de fois avons-nous la question à l’accueil ? Et combien de fois en vacances avons-nous chercher à la hâte des toilettes pour le petit qui va se faire dessus ? ^^).
    Il faut juste penser : pratique !

    PS : le paragraphe sur les 5 applis seulement utilisées, je ne pense pas que cela s’applique à une période de vacances. C’est une question sur l’utilisation en général pendant l’année non ?

  • SecondGuide

    Heu Jean-Luc, en Nouvelle Aquitaine il y a quand même Second Guide, une des seules applications qui parle d’autre chose que d’hébergement. Donc effectivement, il n’y a peut-être pas lieu d’investir dans une application généraliste. Il suffirait juste d’y mettre du contenu…

  • Brendan Gdm

    Une appli mobile impose son ergonomie pour trouver l’information et bcp de marketing pour l’installer dans le smartphone du client. Le site mobile bénéficie du référencement des moteurs de recherche… et on y accédera de plus en plus par les assistants siri, cortana et Ok Google. Bref, je rejoins l’avis de Jean-Luc… l’appli touristique d’OT ou de destination est… delta charlie delta !

    • SecondGuide

      On se demande alors pourquoi Google lance Trips. Google est capable de faire une erreur aussi monumentale?

    • SecondGuide

      On est bien d’accord!

  • SecondGuide

    Et on vient enfin d’intégrer Charente-Maritime (merci à Katy Hodikian pour son extrême patience), ce qui fait donc 250 sites touristiques supplémentaires référencés dans Second Guide!

  • Jean-Luc Boulin

    Merci pour vos commentaires.
    Mathieu, évidemment mon trait est un peu forci, je n’englobe pas les applis de visite, de jeux, qui concourent à l’activité sur la destination. Je parle de l’appli généraliste
    Romain, les informations dont tu parles sont essentielles, en effet. Mon propos est de dire que les mettre dans un site mobile suffit. Car de façon générale, les visiteurs une fois sur place cherchent plus le site de la destination qu’à charger une appli. Et aujourd’hui, les sites sont aussi performants.

  • Tiens une lecture télescopée du jour et complémentaire. Peut être qu’une application ne doit pas être limitée au tourisme et aux touristes, mais à tous les services et aux citoyens http://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer/?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250278657992&nl=1

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  • Eve Schaller

    Je trouve également les applications de destination dépassées. Pour y remédier nous avons développé Snukr, qui se définit comme une plateforme collective de promotion territoriale, et qui permet donc aux destinations, mais également aux citoyens, aux sociétés d’embellissement d’une ville, aux associations de randonnées, etc. de mettre en valeur leur région à leur manière (complémentaire) et d’être tous visibles la même plateforme, la même app, à leur nom. Surtout, cela permet aux régions plus retirées, avec moins de budget, de pouvoir quand même se promouvoir. Par exemple nous avons en Suisse sur Snukr Fribourg une grande ville et région très active, mais également Bonfol, un petit village décentré qui s’est parfaitement approprié cet outil. E-tourisme pour tous 🙂

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