Oui oui, ce pourrait être légitime, pour mon premier de l’année, de vous adresser ce type de message. Mais en vérité je vous le dis, ce n’est qu’un raccourci des annonces récentes provenant de la direction de Facebook (même si je vous envoie plein de bisous pour cette nouvelle année, et à mes amis d’abord !).

Les amis d’abord !

Et oui, c’est la grosse annonce de cette rentrée, et elle vient de Mark Zuckerberg en personne. Bon, on a attendu un peu ici au blog avant de l’évoquer, occupé qu’on était à dire un peu de mal mais pas trop du nouveau France.fr la semaine dernière, mais manque de bol, Mark répond pas au téléphone, on va donc simplement subodorer deux-trois bricoles et regarder un peu tout ce qui s’est dit.

L’annonce en question, c’est que Marco veut absolument que l’on passe du temps de qualité sur Facebook, quitte à en passer un peu moins d’ailleurs !?!? Et le temps de qualité, en ligne comme dans la vraie vie, pour Marcounet, c’est avec sa famille, ses amis, ses proches. Alors c’est décidé, fini de vous polluer avec les pubs et les publications des marques et autres entités qui font rien qu’à profiter d’un p’tit like que tu as fait un jour pour te noyer ton fil, te le faire perdre, quitte à payer de plus en plus, parce que le reach naturel n’est quand même plus ce qu’il était depuis bien longtemps ma p’tite dame.

Du coup, après un test dans six “petits” pays l’année dernière, Zuck envisage de différencier le fil de tes vrais amis, les profils, de celui des pages avec lesquelles tu as pu interagir. Autant dire que la visibilité va se faire de plus en plus faible, ce qui en conduit même certaines marques, medias, à se poser la question de leur présence sur Facebook. Il donne quand même quelques pistes intéressantes : le live va sûrement encore gagner une petite prime dans l’algorithme maison, et tant qu’à faire, autant pousser les produits maison plutôt que de faire le beurre de Youtube ; il annonce même le retour en force… des groupes, et oui, le truc qu’on avait un peu tous laissé tomber va reprendre du poil de la bête et rééquilibrer un peu le rapport de force avec les pages.

Bref, Facebook et son boss Mark Zuckerberg ne veulent que du bien à leurs quelques 2 milliards de profils, et vont continuer à les aider à resserrer et créer des vrais liens dans la vraie vie, et surtout pas être passif comme on peut l’être devant une TV. Alors les mauvaise langues version hypothèse 1 nous disent que c’est parce que Facebook a dû encaisser un sacré bad buzz en cette année 2017, avec les anciens collaborateurs qui estiment que c’est devenu une machine à laver le cerveau, ou encore un attrape-données qui revend tout au plus offrant, et même un influenceur sur les élections. Il fallait donc se racheter un bonne conscience !

Les mauvaises langues version hypothèse 2 diront que c’est pour trouver un nouveau moyen de faire cracher du pognon aux annonceurs qui commençaient à se poser des questions quant au réel ROI de leurs colossaux investissements sur la plate-forme. T’es bien gentil coco avec ton engagement et ta notoriété, on a suivi, mais là, clairement, est-ce qu’on remet pas un peu le pognon dans la télé et les magazines ? Pourtant, le patron France Laurent Solly vient même d’annoncer que Facebook allait payer de vrais impôts en France cette année, contrant l’argument que les GAFA font rien qu’à enrichir l’Irlande depuis une décennie et que tout le monde s’en plaint (sauf les irlandais) sans toutefois essayer de combler les failles de l’optimisation fiscale par un bon consensus pas mou du tout au niveau de l’Union Européenne.

Finalement, cet argument pourrait aussi aller dans le sens des mauvaises langues version hypothèse 3, qui nous dit qu’après le scandale Kevin Spacey et la fin de House of Cards, l’abrutissante websérie “Trump as #POTUS”, et l’assourdissant silence démocrate, Mark Zuckerberg se verrait bien des ambitions de candidat pour les prochaines élections…même si attention, Oprah Winfrey se retrouve sur les rangs après un émouvant discours la semaine dernière… Alors il est bien nécessaire de montrer un visage un peu plus angélique, un peu moins démoniaque, quitte à perdre quelques millions ? milliards ?, autant profiter du fait que Facebook semble être une vraie machine à faire perdre ou gagner des élections.

Finalement, il y a peut-être un peu de vrai, un peu de faux dans tout cela, mais le fait est que Facebook doit aussi faire face à la concurrence des autres réseaux, Snapchat chez les plus jeunes, Instagram, où lkes utilisateurs partagent aujourd’hui davantage les moments de leur vraie vie, tandis que Facebook serait assimilé davantage à une succession de fake news, de vidéos plus ou moins drôles et de publicités.

Et nous dans le tourisme avec tout ça ?

Vous avez peut-être déjà lu quelques articles sur le sujet de gens qui travaillent au quotidien là-dedans, que ce soit sur le blog de WeLikeTravel, ou celui de VEM sous la plume de Sébastien Répéto.

Le message est clair, pas d’affolement ! D’abord, on va voir ce que ça donne, et puis ensuite, ça ne fait que renforcer ce qui vous est dit et répété à longueur de conférences, d’ateliers,… : misez sur le vrai User Generated Content, créer un engagement non pas de façade, mais quasi one-to-one, pour que vos vrais fans, vos plus grands fans, abreuvent à votre place leurs amis avec vos/leurs photos, visuels, vidéos, expériences. Et puis à fond sur le live, et va peut-être falloir mettre une piécette sur les groupes 😉

KISS

Oui, c’est la deuxième partie du titre de ce billet, et là, les plus attachés à notre belle langue sont prêts à me harponner, préférant un bon vieux Big Bisou avec un hommage à Carlos, tandis que mes défenseurs, rétifs à ce style musical bedonnant dégaineront leur hard rock de pacotille et le maquillage qui va avec.

Mais non, il est encore question de Facebook, et KISS n’est que l’acronyme de Keep It Simple, Stupid. Et oui, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué semblait être le nouvel adage des développeurs de Messenger. Alors quelques jours après son boss, David Marcus, le patron de Messenger, y est allé de sa petite note sur le réseau.

Du coup, premier truc important (après avoir fait en intro son bilan en forme de auto éloge panégyrique, tel un patron d’Apple en pleine keynote), on va simplifier le bouzin (et on ferait bien de tous prendre exemple…). “La simplicité est la sophistication suprême” disait Léonard de Vinci, qui n’a pas fait que peindre des Mona Lisa à peine souriante. Faut dire que les stats de téléchargement de Messenger Lite par rapport à la version complète commençait à faire mauvais genre…

Qu’on se le dise, ça va bouger aussi dans la messagerie instantanée native de Facebook. Faut dire que le Monsieur doit ressentir un peu de pression avec Whatsapp… Dire qu’on s’était bien marré quand Facebook l’avait racheté 19 milliards de dollars… et que maintenant, avec ses 1,2 ou 1,3 milliard de membres, il est à la hauteur de son grand frère et pourrait bien lui manger la soupe sur la tête rapidement. Du coup, il nous la joue un peu “‘mon patron il a raison et je suis d’accord avec lui” pour ne pas dire suce-boule… Il y aura plus de vidéos, plus de chat, ce sera plus simple, plus accessible, parce que c’est super important de pouvoir partager avec ses proches, ses amis, sa famille; blablabla et “We are all social beings”. Il en profite quand même pour nous dire trois fois qu’il n’y a pas besoin de n° de téléphone… j’ai comme l’impression qu’il vise un concurrent !

Et puis on finit sur du sérieux, du lourd, qu’on vous rabache aussi depuis quelques temps : Messenger, c’est devenu un véritable canal dans votre CRM, et une étude de Nielsen affirme que 56% des personnes interrogées préfèrent envoyer un message à une entreprise plutôt que d’appeler le service client, et 67% s’attendent à envoyer un message aux entreprises encore plus au cours des deux prochaines années. Après l’annonce en 2017, attendez-vous donc à vous de plus en plus de sociétés adopter à la place traditionnelle du chat en ligne une fenêtre identique, mais pour Messenger. Malgré son caractère exclusif, puisque réservé aux seuls clients y disposant d’un compte contrairement au chat en ligne, quelques grosses boîtes ont déjà franchi le pas. Les deux pourront-ils cohabiter ? Allez-vous devoir faire un choix après avoir sondé vos clients ? Voici la petite vidéo réalisée pour présenter cela en novembre dernier.

Voilà voilà, donc les quelques salariés du réseau bleu schtroumpf ont d’ores et déjà un peu de pain sur la planche pour l’année à venir, mais ce qui est tout de même marrant, c’est que quand ils sentent que ça va pas fort et qu’il y a risque que ça ne suive plus, ben ils sont capables de faire un petit mea culpa familial, de revoir la stratégie et de dire gentiment, “on est là pour faire un monde meilleur, on va changer”… et ça marche !

 

PARTAGER
Article précédentToi aussi, invente ta destination !
Prochain articleEt si nos destinations choisissaient de se déconnecter ?
Ludovic a démarré sa carrière en Auvergne, à l’Agence Régionale de Développement, puis dans un cabinet conseil sur les stratégies TIC des collectivités locales. Il a rejoint en 2002 l’Ardesi Midi-Pyrénées (Agence Régionale pour le Développement de la Société de l’Information) et a plus particulièrement en charge le tourisme et la culture. C'est dans ce cadre qu'il lance les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel dont il organisera les six premières éditions à Toulouse. À son compte depuis mai 2011, il est Consultant etourisme & Web social, intervient sur de nombreux séminaires, manifestations et congrès, accompagne des structures sur leur stratégie, en AMO, ou en formation. Il organise les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel pour le compte de l'AEC et la Région Aquitaine à Pau, après les avoir initiées à Toulouse. En 2013, il co-fonde avec ses associés et blogueurs Pierre Eloy et François Perroy la société Agitateurs de Destinations Numériques. C’est à partir de ce travail quotidien qu’il se propose d’alimenter ce blog, en livrant ses impressions et commentaires quant au développement des nouvelles technologies au sein des structures publiques de tourisme.