L’IA générative en force sur la création de visuels

Publié le 15 juin 2026
9 min

Après avoir rédigé ces derniers temps surtout des articles de fond, je voulais revenir quelque peu aux fondamentaux de ce blog. Je m’adresse donc ici à toi, le couteau suisse de l’OT, la petite fourmi travailleuse toujours en recherche de solutions pour répondre au mieux aux besoins et attentes du touriste.

Si le royaume de la débrouille est ton domaine, que ce soit pour rester dans les clous de la trésorerie tendue de ton office ou parce que la curiosité et la recherche de solutions innovantes sont ancrées dans ton ADN, on a des choses à voir ensemble.
Depuis cette année, l’IA générative ouvre un vaste univers de possibles en matière visuelle, quels que soient les besoins de l’OGD : marketing, transmission d’informations, publications, contenus sociaux, rapports à destination de la gouvernance, …

Le temps passe trèèèèèès vite avec l’IA

Après une petite période de balbutiements, la génération de visuels à l’aide de l’IA a fait un considérable bond en avant à la fin de l’année dernière, particulièrement avec l’arrivée de Gemini Nano Banana Pro (Google) lancé le 20 novembre 2025.
Evidemment, avec l’IA tout bouge très vite, ne fut-ce que sur l’espace d’un mois voire de quelques jours parfois. Ainsi, la V2 de cet outil est sortie en février 2026 et, bien entendu, OpenAI et ChatGPT ont rapidement compris (ainsi que d’autres acteurs de l’IA générative) que pour rester dans la course, ils devaient également proposer des solutions crédibles en matière de génération d’images. Certains considèrent même qu’au-delà de rattraper son retard face à Google , OpenAI est aujourd’hui plus performant que ce dernier. Mais n’entrons pas dans une querelle de clochers; chacun a sa préférence en matière d’outils et, du reste, ces deux concurrents sont très performants.

Image générée par IA

Bref on est bien loin des petits tâtonnements et autres tentatives sympathiques mais pas toujours réalistes de la génération de visuels d’avant 2026 : incrustations de textes absurdes (ou « quand ton IA joue les dyslexiques »), déformation trop visible des visages, superpositions anachroniques d’objets et j’en passe. Aujourd’hui, on a clairement passé un cap majeur.
Cela signifie également, ne l’oublions pas, qu’avec l’IA, ça ne sert à rien de dire « J’ai déjà essayé ceci ou cela, ça ne fonctionne pas très bien » : un même prompt peut donner un résultat considérablement différent sur l’espace de quelques jours avec les améliorations continues auxquelles procèdent les concepteurs de modèles.

Donne à manger à ton IA et éduque-la

Je ne vais pas ici revenir sur les règles fondamentales d’un bon prompt, que ce soit sur ce blog ou sur de multiples autres sites ressources, vous savez déjà ou vous trouverez sans peine le B.A.-BA du prompting de visuels. Par contre, il y a de petites choses toutes simples auxquelles penser que je ne trouve pas toujours dans les tutoriels qui circulent.

L’IA générative évolue mais elle apprend aussi continuellement à votre sujet, la rendant plus apte à répondre à vos attentes mais si vous la cadrez un peu, elle vous apportera encore plus de satisfaction. Aussi, avant de partir tête baissée dans la génération d’une image, différents éléments utiles à faire intégrer par votre assistant virtuel préféré sont à aborder.

Pour ma part, j’aime travailler sur des fonds uniformes « blancs ». J’ai très vite constaté que les IA avaient souvent tendance à générer des visuels avec un fond certes très clair, dans les tons beiges, mais pas totalement blancs. J’ai le souci du détail et je n’aimais pas trop le rendu, par exemple dans un Powerpoint, de certaines de mes incrustations (je ne parle de contenus de type « photoréaliste » ici mais plutôt d’illustrations comme on en générerait avec Canva ou tout autre logiciel de création visuelle). J’ai donc pris le soin de préciser à mon « ami » virtuel que dorénavant, sauf mention contraire de ma part, je souhaitais que systématiquement, tout visuel non-photoréaliste devrait s’appuyer sur un fond d’un blanc immaculé. Toujours ça de gagné pour les prompts à venir.

Une autre source fondamentale qui peut tout changer et qu’il faut que votre IA intègre, c’est votre charte graphique, à commencer par votre logo et codes couleurs à privilégier. Via la fonction d’envoi de fichiers joints et par un prompt, transmettez ces éléments à votre IA; cela sera bien utile pour générer des visuels cohérents avec votre environnement visuel. On y reviendra dans le point suivant qui traite de différents usages possibles.

Ici encore, il est utile de (re)préciser à votre assistant que sauf mention contraire, vous attendez de lui cette cohérence graphique. Au-delà de la charte graphique (ou de la transmission simple de votre logo si vous ne disposez que de cela), n’hésitez pas à lui envoyer (via la fonction qui permet de joindre des fichiers) des documents tels des présentations, brochures, flyers ou autres rapports dont le rendu visuel correspond à ce que attendez et souhaitez, cela vous épargnera parfois des détails inutiles à mentionner dans vos prompts. Les PDF sont très bien interprétés par l’IA : même si c’est possible, ne lui transmettez pas un Powerpoint, convertissez-le dans ce format générique.

Quelques usages intéressants possibles

Aujourd’hui, avec cette évolution majeure de la qualité de rendu des supports visuels générés par IA, c’est tout un univers de possibles qui s’offre à vous. Je vais pas ici illustrer exhaustivement ce qu’il est déjà possible de faire (et qui se fera de plus en plus et de mieux en mieux d’ici peu) mais plutôt donner quelques exemples d’usages qui me semblent intéressants pour le quotidien d’un OGD. D’ailleurs, je n’évoquerai pas les contenus pour réseaux sociaux qui font déjà partie de votre pratique ou pour lesquels vous trouverez facilement de l’information ailleurs.

Tout d’abord, je pense à la transposition/adaptation de supports pour les enfants. Dans la cellule familiale, en matière de loisirs, l’enfant est souvent le décideur, ou bien, à tout le moins, ses parents souhaitent lui faire plaisir. Bref, disposer de supports (plans, brochures,…) adaptés aux plus jeunes peut être intéressant. Aussi, sur base de visuels existants, et dans la logique générale exposée dans ce billet, on peut créer des contenus visuels attractifs et adaptés aux enfants. À titre d’exemple, ci-dessous, vous trouverez le plan d’un zoo (j’ai masqué volontairement avec des zones noires ce qui permettait de l’identifier) visuellement développé pour des enfants avec un prompt adapté précisant notamment que je souhaitais que cela soit graphiquement inspiré/proche de l’univers du jeu Animal Crossing. L’IA ne fait pas de plagiat ou de copie; il s’agit bien d’inspiration, « à la manière de », sans être réellement l’univers précis de ce jeu. Bref, en partant d’un plan « classique », purement informationnel et sobre, on peut obtenir un support bien plus attractif pour les enfants (et gardant pourtant toutes les informations utiles du document de base).

Plan généré par IA

Si j’ai choisi ici l’exemple du public-cible « enfants », les possibilités en matière de déclinaisons par univers, pour d’autres publics, sont innombrables : rendre une brochure (version web) plus « metal » à l’occasion d’un festival local de la musique du même genre, décliner temporairement votre logo en version Halloween durant cette période, etc. Si vous êtes créatif sans pour autant être pro du graphisme, vous surprendrez et serez surpris par vos résultats.

Un autre usage intéressant réside dans la création de pictogrammes: pour baliser une balade thématique, pour délimiter des espaces de votre bâtiment d’accueil, pour illustrer une brochure ou un site web, … Ici encore, sur base de votre charte graphique, l’IA peut produire des choses très intéressantes et cohérentes. Pour cet exemple, voici par exemple ci-contre un pictogramme que mon assistant favori a généré et qui s’inscrit pleinement dans la ligne graphique du logo de mon entreprise qui repose sur trois couleurs : orange, gris (presque noir) et blanc. Pour parer à tous les usages éventuels, j’ai également pris la peine dans ce cas-ci dans mon prompt de préciser que je souhaitais que les pictogrammes produits gèrent l’effet de transparence (format PNG transparent); je pourrai ainsi les utiliser sur différentes couleurs de fond sans le moindre problème; une bonne précaution à prendre, d’autant plus que l’IA est capable de répondre à cette demande spécifique !

Un dernier exemple d’usage que je souhaitais vous suggérer est plutôt lié à vos activités back-office ou à celles liées à l’animation de votre réseau de socio-pros. Je pense aux présentations de type Powerpoint ou aux rapports d’activités et autres joyeusetés administratives destinées à vos instances de gouvernance. Comme le dit l’adage, un visuel vaut mieux qu’un long discours; n’hésitez donc pas à soumettre le contenu textuel de certaines de vos « diapositives » afin de les décliner en visuels qui pourront renforcer ou illustrer votre propos. Selon le contenu, veillez à préciser le mieux possible la forme attendue : certaines précisions peuvent s’avérer utiles comme par exemple « schéma sous forme de séquence », « sans recours à du texte dans le visuel », « uniquement reprendre le texte des points clés » (ou des sous-titres selon le contexte), … Le tout bien entendu dans la continuité de votre univers graphique, mais ça, votre IA le sait puisque vous lui avez déjà dit quand vous lui avez transmis les sources nécessaires 😉

Les limites: tout n’est pas encore parfait

À l’heure de la rédaction de ce billet (ça aura, à n’en pas douter, encore évolué dans le bon sens si vous me lisez ne fut-ce qu’un mois après la date de rédaction de cet article), tout n’est bien sûr par encore parfait. Certaines « hallucinations » de l’IA viennent encore perturber certaines générations d’images. Parfois, le système « décroche » et donne l’impression d’avoir oublié toute l’historique de l’échange ; d’autres fois, une demande de modification minime entraine une révision complète et plus du tout conforme du visuel initialement produit. On ne va pas se mentir : il y a encore une large marge de progression pour atteindre le service parfait et apte à satisfaire toutes nos attentes précises. Mais que de chemin parcouru depuis un an à peine !

D’expérience, voici quelques petits constats que je vous livre sous forme de derniers conseils.

Tout d’abord, promptez le plus précisément possible dès le départ et alimentez votre IA avec toutes les sources utiles (que vous aurez aussi pris la peine de bien vérifier: orthographe, mise en forme, résolution suffisante,…). Soyez bien conscients que plus vous demanderez de modifications/améliorations, par prompts successifs, plus vous prenez de risques qu’à partir d’un certain nombre, le résultat décroche soudainement de la logique de développement visuel de départ. Vous repartez alors à zéro, ce qui peut être décourageant. Il n’y pas de chiffres précis mais au-delà de trois modifications, ça peut déjà « partir en sucette » comme on dit chez moi.

Attention aussi si vous souhaitez vous lancer dans la génération d’une série d’images que vous attendez, je m’en doute, cohérentes entre elles. Quand je parle de « série », je parle déjà de plus de trois images. Là aussi, ça peut aussi très vite bloquer, planter ou manquer soudainement de cohérence. Ici encore, le prompt de départ est crucial. Pour rendre le traitement plus facile, il est parfois judicieux dans ce cas de figure de demander à votre assister de traiter les visuels de votre série un par un, plutôt que de vous soumettre l’ensemble d’un coup.

Enfin, tant que vous restez dans un même univers visuel, dans une même logique, ne créez pas un nouveau chat, une nouvelle conversation pour chaque création. L’IA contextualise beaucoup mieux (et réagit par conséquent plus efficacement) ce qui s’inscrit dans la continuité d’un même sujet.

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Conférencier et consultant en Innovation touristique, Denis Genevois est également actif dans la sphère e-business et le marketing depuis plus de 20 ans. Il accompagne au quotidien les acteurs publics et privés du tourisme en Belgique francophone et en France dans leurs projets. Il est Directeur associé chez Un Tour d'Avance, bureau spécialisé en innovation et ingénierie touristique.    
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