De bonnes pratiques pour démarrer son podcast.

Publié le 14 avril 2023
5 min
Aujourd’hui c’est vendredi, aka easy friday sur ce blog, alors nous voilà partis pour quelques bons tips pour bien débuter dans le monde merveilleux du podcasting ! 
Nous allons évoquer ici les conditions d’enregistrement. Elles sont la base-même de votre podcast, et si elles sont mauvaises, elles anéantiront tous vos efforts à venir.

C’est décidé, vous allez lancer votre podcast de destination. 

Vous fourmillez d’idées d’histoires à raconter, de personnes à interroger et vous avez bien réfléchi aux meilleurs angles pour parler de votre destination sur les ondes, tout ça dans le cadre de votre stratégie de communication globale. 

Votre première interview est planifiée, le rendez-vous est pris avec votre partenaire/ guide conférencière/élue préférée, mais voilà, le trac vous saisit, vos mains deviennent moites : vous n’avez pas la moindre idée de la manière dont vous allez réaliser cette interview. Vos notions en enregistrement se résument à envoyer de (trop longs) messages vocaux à votre BFF, et à laisser des messages après le bip sonore sur le répondeur de cette personne qui ne vous rappellera jamais. 

*biiiiip*

Ne vous en faites pas, voici les clés pour réaliser de beaux enregistrements, selon les conditions dans lesquelles vous vous trouvez et le matériel dont vous disposez. Retenez qu’on ne peut pas photoshoper le son comme une photo sous-exposée : si c’est raté, et bien, c’est raté ! C’est pour cette raison qu’il est essentiel de commencer avec de petites, mais solides bases.

Premièrement, le choix du micro

Un choix qui peut s’avérer difficile, onéreux et décourageant quand on est novice en la matière. 

Deux solutions : smartphone ou micro professionnel

La bonne nouvelle, c’est que la plupart des smartphones récents et hauts de gamme affichent désormais une qualité suffisante pour réaliser vos interviews.
Quelques bonnes pratiques : 
– Tenir le smartphone à la main, à environ 15-20 cm de son interlocuteur, en formant un angle d’environ 30° vers le bas.
– S’offrir une jolie bonnette, pour atténuer le vent et les plosives (qui Posent un Problème avec les mots qui commencent par P).
– La plupart des smartphones enregistrent en format .m4a, qu’il faudra convertir en .wav (de nombreuses plateformes en ligne le permettent).

En ce qui concerne les micros, et on ne parle ici que d’interviews, nous pouvons vous conseiller d’utiliser un micro-enregistreur, tel que le zoom H4 ou H5, ou encore un TASCAM.
– Si vous êtes en mouvement, prévoyez de le tenir à la main, proche de votre interlocuteur, mais sans trop bouger vos doigts, c’est très sensible.
– Idéalement, brancher un micro-cravate sur votre enregistreur permettra de libérer votre interlocuteur qui oubliera peu à peu la présence du micro sur son col de chemise.
– Si vous êtes en intérieur, un petit trépied posé sur une table sera le bienvenu : toujours assez proche de votre interlocuteur.
Plus le micro est loin de la source, plus on entend la réverbération de la pièce, ce qui sera très désagréable à l’écoute.

Si par la suite, vous vous chauffez pour faire des prises d’ambiances in situ, vous pourrez vous équiper de micros additionnels que vous brancherez sur votre enregistreur.
Mais passez déjà votre premier flocon interview, hein.

Pour creuser le sujet des micros, se référer à l’excellent article d’Arte radio.

Naturellement, on ne saurait que trop vous recommander de vous faire accompagner par un ingénieur du son, professionnel de l’enregistrement qui appuie sur REC plus vite que son ombre. 

Deuxio, il faut préparer le terrain

De l’intérêt d’être attentif aux conditions d’enregistrement. Vraiment, on insiste.

Le plus simple et le plus sécu est d’enregistrer en intérieur : cela vous évite de faire face au vent et aux bruits ambiants éventuels. Qui a envie d’écouter un podcast avec des bruits de klaxon incessants en arrière-plan ?
Une interview en extérieur sera plus spontanée, certes, mais le risque de parasites est important. Nous aurons tendance à vous conseiller d’enregistrer l’interview dans un lieu neutre, et de recréer l’ambiance sonore dans un deuxième temps, en habillage.

En intérieur, privilégiez la meilleure pièce à votre disposition : une petite salle, suffisamment meublée pour éviter de capter les bruits de la pièce, et sa réverb. On aime la moquette et les rideaux, tout ce qui matifie le son de la pièce.

A éviter absolument : la grande salle de réunion carrelée et vide (tapez dans vos mains, ça ne vous trahira jamais), ou encore une pièce à côté du photocopieur ou de la machine à café. 

Une fois la pièce choisie, il va falloir faire la chasse au moindre bruit parasite susceptible de perturber l’enregistrement : grésillements de frigo, bruits de climatisation… Cela veut dire qu’il vous faudra couper ces perturbateurs le temps de l’interview. Et faites sortir le chat.

Enfin, il est important de commencer par des tests micro (ce qui n’est pas possible avec un smartphone, puisque vous ne disposez pas de monitoring casque en direct).
C’est le moment opportun de demander gentiment à votre interlocuteur d’enlever sa doudoune qui fait chouic-chouic, ou de poser ce trousseau de clefs avec lequel il joue nerveusement. Ce test micro avant de réellement démarrer l’interview est aussi un moyen pour vous de détendre l’atmosphère, de mettre à l’aise votre interviewé, bref c’est le moment de faire des blagues. Et de faire éteindre son téléphone à tout le monde. Sans rire.

Évidemment votre interlocuteur aura tendance à ponctuer son propos en assénant de lourds coups de poing sur la table, ou à tripoter ce micro qui l’encombre : neutralisez-le 🙂 Avec le sourire, bien sûr. Par ailleurs, un verre d’eau pour chacun sera apprécié.

Tertio, ça tourne !

Vous vous souvenez, tout à l’heure, je vous parlais du bouton REC ; et bien là, c’est le moment de ne pas oublier d’appuyer dessus.  Sinon, *paf*, même effet que vos supers photos de vacances qui n’ont jamais réellement existé, puisque vous aviez oublié de mettre une pellicule (ne riez pas, l’argentique revient…) Donc, on vérifie deux fois que ça enregistre bien. Si si, ça arrive même aux meilleurs. Même chose pour les piles de votre micro-enregistreur hyper gourmand en énergie, toujours avoir du spair avec vous.

Maintenant que ça enregistre, sentez-vous libre de poser pleins de questions à votre interlocuteur, mais il va falloir faire preuve de discipline : ne pas l’interrompre, se garder de tout “mmm” d’approbation, et surtout être à fond dans l’instant présent, hyper concentré sur ce qui passe ici et maintenant, c’est la garantie de l’interview la plus poussée, intime, unique que vous pourrez réaliser. Prenez le temps de cet échange, c’est rarement dans les premières minutes que les gens se révèlent.

A la fin de la rencontre, pensez à enregistrer une trentaine de secondes de silence, elles vous seront utiles au montage pour éviter les effets de pompe entre le son de la pièce et le silence réel de votre logiciel de montage.

Une fois votre interview terminée, et bien chers amis, il ne vous reste plus qu’à dérusher…
Bon courage !

PS : N’oubliez pas de rallumer le frigo 🙂

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Laurence Giuliani dirige Akken, agence de production sonore pour les destinations touristiques et les lieux de culture. Anciennement responsable d'un Office de Tourisme en milieu néo-rural (ou péri-urbain, comme vous voulez), manager d'artistes, productrice en label indépendant, Laurence cultive la curiosité comme carburant du quotidien. Ses marottes : le son, le tourisme culturel et le "komorebi", cette lumière qui filtre entre les arbres, comme des fêlures de timidité entre les [...]
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