Retour d’expérience: j’ai laissé l’IA planifier mon road trip en France!

Publié le 23 juillet 2026
5 min

Trois semaines. La Bretagne, la côte atlantique jusqu’au Pays basque, un crochet par les Pyrénées, et un retour qui s’est terminé, comme il se doit, un 14 juillet à Paris. Mes « cousins français » ont encore une fois fait ce qu’ils savent faire de mieux : éblouir les yeux (et les papilles gustatives) de ce Québécois. Mais ce n’est pas ce voyage-là que je veux raconter aujourd’hui. C’est celui qui s’est joué en coulisses, avant même d’embarquer dans l’avion.

Planifier un itinéraire de voyage au complet avec Claude

D’habitude, la recette est connue : Google, Expedia, un détour par les sites des offices de tourisme, et on bricole un itinéraire à la mitaine. Cette fois, j’ai voulu tester autre chose. L’inspiration me venait d’une collègue, Nadia, qui revenait d’un séjour en Grèce entièrement planifié avec ChatGPT, elle et trois amies. Puisqu’on ne parle que de ça depuis deux ans dans l’industrie, je me suis dit que j’allais tester la chose concrètement!

NOTE: L’Écho Touristique rapportait hier que 40% des voyageurs français ont utilisé l’intelligence artificielle pour préparer leurs déplacements en 2026, contre 19% en 2025 et seulement 9% en 2024. C’est le changement de comportement le plus rapide observé dans le secteur du voyage depuis dix ans, selon Phocuswright! (Aux États-Unis, ce sont 56% des voyageurs qui auraient utilisé l’IA en 2026)

J’ai donc ouvert Claude, donné mes dates, mon point d’entrée à Paris, quelques jours prévus en Bretagne chez de la parenté et des amis, puis l’envie de descendre la côte atlantique jusqu’au Pays basque, avec un arrêt dans les Pyrénées. Trois semaines, pas mal de temps libre, et surtout aucune idée préconçue sur ce qu’on irait voir. L’IA a pondu un scénario. Ma copine et moi l’avons regardé, ajusté, discuté… et c’est à peu près comme ça, sans jamais ouvrir un média social ni consulter un site touristique, que l’ossature du voyage a pris forme. ChatGPT est venu confirmer le tout par la suite, avec en prime notre propre gros bon sens pour trancher.

Super découverte avec ce village breton, Pont-Aven, qui a notamment inspiré le peintre Paul Gauguin. (Photo par l’auteur, ville suggérée par parents et amis, mais initialement par Claude aussi)

Le résultat sur le terrain a été à la hauteur, à un accroc près. En quittant l’Île de Ré pour filer vers Bordeaux, l’IA a suggéré un détour par Verdon-sur-Mer avant de reprendre un traversier (en fait, il fallait prendre le traversier AVANT, et non APRÈS) sans se rendre compte qu’un bras d’océan séparait les deux points. Le genre d’erreur qu’aucune carte physique n’aurait laissé passer. On a corrigé le tir, repris l’exercice pour confirmer la route, et retenu la leçon : l’intelligence artificielle planifie très bien, mais elle ne remplace pas un moment de gros bon sens humain.

Les offices de tourisme, toujours utiles

Et c’est là que l’histoire devient intéressante pour quiconque travaille en tourisme. Dans presque chaque ville traversée, on a pris l’habitude de s’arrêter au bureau d’information touristique. À Batz-sur-Mer, du côté des marais salants de Guérande, et ailleurs encore, on est repartis chaque fois avec des conseils que ni Claude ni ChatGPT n’auraient pu fournir : ce qu’il fallait éviter ce jour-là précisément, un incontournable de dernière minute, une anecdote locale. L’IA excelle à dresser une liste des classiques. L’humain, lui, connaît la météo du jour et l’ambiance du village voisin.

Sympathique balade en train au Lac d’Artouste, dans les Pyrénées atlantiques. Surtout quand on cherche un peu de fraîcheur en pleine canicule…
(Photo par l’auteur, attrait suggéré par des parents, et non par l’IA. Validé par les photos trouvées sur Instagram, notamment)

Les visites de sites web officiels du voyage ont d’ailleurs tourné autour d’une seule réservation : le petit train d’Artouste, dans les Pyrénées-Atlantiques, le plus haut d’Europe, dont l’information en ligne restait quand même un peu confuse. Retour à ChatGPT pour valider, encore une fois. Pour le reste, quelques recherches sur Instagram et TikTok sont venues compléter le portrait, notamment pour la Dune du Pilat. Mais dans l’ensemble, l’essentiel du travail de planification (je dirais 90%, peut-être 95 %) s’est fait dans les grandes plateformes conversationnelles, Claude en amont pour bâtir le scénario, ChatGPT en cours de route pour ajuster.

Et la brochure, elle?

Le moment le plus révélateur du voyage, pourtant, n’a rien à voir avec l’IA. À deux jours de la fin, épuisés, prêts à filer directement vers Paris, on tombe sur une pile de brochures qui traînait dans l’Airbnb du soir, quelque part près d’un village en Loire. Des indications sur les châteaux du coin. On a changé les plans sur-le-champ, sauté Paris, et passé l’avant-midi suivant au Château du Clos Lucé, dans l’univers de Léonard de Vinci. Un bout de papier imprimé, laissé au bon endroit, a suffi à réorienter la fin d’un voyage planifié par des algorithmes.

Visite du Château du Clos Lucé, à Ambroise.
(Photo de l’auteur, attrait suggéré par une brochure, et confirmée par le propriétaire de notre Airbnb)

C’est peut-être ça, la vraie morale de l’histoire pour les destinations et les entreprises touristiques. Oui, l’intelligence artificielle change la façon dont les voyageurs bâtissent leurs itinéraires, et il faut être présent dans ces conversations-là. Mais le bureau d’accueil qui donne le bon tuyau, la brochure qui traîne au bon moment, l’humain qui raconte une histoire: tout ça garde une valeur que les modèles de langage n’ont pas encore rattrapée. Le combat, pour nos destinations, c’est de rester visibles à toutes ces étapes du parcours, qu’elles soient conversationnelles ou humaines, si on veut continuer d’attirer les voyageurs dans nos établissements et nos territoires!

NOTE DE TRANSPARENCE IA

La vidéo incluse dans cet article a été tournée à Québec à mon retour dans la vieille capitale, et j’ai utilisé CapCut pour le montage (et accélération de l’audio en mode 1.2x) ainsi que Captions pour les sous-titres avant de mettre en ligne sur YouTube. Pour la rédaction de cet article, j’ai utilisé Claude afin d’extraire un résumé de la vidéo, sans en faire un verbatim intégral. J’ai bien sûr ajusté, bonifié et finalisé le tout avant publication.

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Frédéric Gonzalo est un passionné du marketing et des communications, oeuvrant depuis plus de 25 ans dans le monde du tourisme et du voyage. Début 2012, il fonde Gonzo Marketing et agit à titre de consultant en stratégie marketing, conférencier et formateur sur l’utilisation des nouvelles technologies (web, médias sociaux, mobilité). Il écrit régulièrement pour le bulletin TourismExpress ainsi que PAX Magazine, en plus de rédiger en anglais pour plusieurs [...]
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