Bonjour à tous,
le soleil brille dehors (là, on est en pleine intelligence artificielle prédictive puisque ce billet est miraculeusement rédigé la veille), alors je vous propose un petit article lumineux ou allumé, écrit à 4 mains avec une personne qui gagne à être connue si ce n’est pas encore le cas, mon ami Benoit Bar, directeur de l’office de tourisme de la Vallée du Loir (ouiiii sans E).

Attention, nous allons vous parler de choses préhistoriques… de 2009…  parfois même 1950 ! 

Benoit, c’est à toi ! 

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STAYCATION… DANS MA BIBLIOTHÈQUE

Staycation… un mot “nouveau” pour une pratique qui ne l’est sans doute pas : partir en vacances près de chez soi ! La tendance est de plus en plus forte, redécouvrir sa destination, pratiquer des activités en local, voire passer un week end en atelier chez Leroy Merlin, Cultura.

Même les hôteliers l’ont bien compris avec des plateformes en ligne comme staycation.fr qui propose aux locaux (parisiens dans cet exemple) de profiter des services d’un hôtel sympa pour la journée. Gagnant pour tout le monde. 

 

Mais encore ? Avec Benoit, on prend au pied de la lettre la notion de “STAY” et on ne sort pas de chez nous. Faire du staycation directement chez soi, éteindre l’ordi et redécouvrir une pièce particulière ou un morceau de mur de la maison. Mais si, vous savez la bibliothèque par exemple et trouver ça inspirant-éclairant-clairvoyant. Et oui ces drôles de documents reliés, pliés, imprimés, etc. appelés communément… des livres, des cartes, des plans, des revues. Pourquoi faire ? Pourquoi pas d’abord et puis aussi pour mieux réinventer nos métiers !

Petit clin d’oeil à l’innovation… pas si innovante avant de continuer cet article. J’ai eu la chance d’avoir dans les mains il y a peu de temps une très belle carte de Nantes faite par une illustratrice, Julie Flamingo en 2018 et une seconde carte de Cholet cette fois, réalisée en 1950.

Il est vraiment temps d’arrêter la course à l’innovation en regardant ces exemples. Se poser, ne pas oublier qu’il y a du bon dans les choses existantes autour de nous, ca peut faire baisser la pression et faire de belles choses au final : 

 

Disruptive et autodérision

Bon alors, on va commencer par des vrais-faux guides de voyages, comme ceux de la Molvanie ou San Sombrero ou Phaic Tan, etc. chez les éditions Jet Lag travel…

Plus de 200 pages de conseils, de rubriques, de coup de cœur, de mise en garde, etc. Enfin tout comme dans un guide de voyage, mais pour des pays qui n’existent pas!

Drôles, cyniques, acides, de ces éditions décalées et surréalistes, que faut-il retenir pour nos propres éditions et contenus ? Et bien sans doute, qu’un peu (beaucoup) d’humour, d’autodérision, d’usage de clichés bien sentis rendraient sans doute nos destinations plus en phase avec leurs propres réalités, voir même nous permettraient d’assumer certaines de nos problématiques territoriales comme un vrai positionnement (pas de 4G et de Wifi = vive la digital detox, amplitude d’ouverture des restaurants trop courtes = direction le marché ou les food trucks, météo capricieuse = le musée a l’air sympa, …).

 

Vive le son et le papier

Des cartes touristiques de charmants petits villages pittoresques de la Drôme : Pont de Barret et Saou. Oui, mais sans points de visites, d’églises et d’adresses classiques. A la place, des lieux d’écoute…  d’oiseaux !

Vous trouverez tous les spots pour écouter les oiseaux sur cette édition “Les Bruits de ciel” aux éditons Draw Draw. Plus artistique et poétique qu’ornithologique, ces cartes se gardent, deviennent de vrais et beaux objets “fait main”, “fait local”.

Là indéniablement, il faut se dire que l’avenir de nos offres de découvertes, de nos éditions devront être sensorielles ou ne seront pas.

Dans une autre catégorie, la carte olfactive de New York, n’est pas un plan avec des odeurs, mais bien une identification des différentes odeurs par quartiers de Manhattan  selon le lieu et le moment de la journée 🙂 . Dur de trouver encore des illustrations de cette idée de 2009, mais voici la carte :

 

Personnalisation de l’édition… What else ?

Bon ok, je prends (Pierre) la responsabilité de cette blague nulle, désolé d’offenser les fans de George Clooney, nombreuses à lire ce billet.

Dans le monde du livre, on aime la possibilité de réimprimer des ouvrages à la demande (fin des problèmes de stocks, gain de place, le bilan carbone positif). L’enseigne Cultura commence à s’équiper de ces belles et grosses machines appelées également dans le milieu “Espresso Book Machine ».

D’accord, c’est sympa, mais quelle application pour nos métiers ?

Enjeu énorme, l’édition d’un guide, d’un carnet de voyage, d’un magazine, d’un roadbook, à la demande, ultra segmenté et hyper personnalisé, à jour en temps réel (ou presque) depuis votre SIT :),  pour nos clients selon leurs goûts, leurs attentes, leurs langues, les handicaps, leur envie d’étonnements ou de classiques. Un monde à explorer là aussi. 

 

Hybridation des contenants

Des ovnis, nouveaux venus dans ma bibliothèque : des MOOKS, de plus en plus de MOOKS, beaucoup de MOOKS ! Un style de publication périodique de forme hybride, entre magazine, revue et livre. La revue que l’on garde, la revue reliée, le grand retour du papier de qualité dans le fond et la forme.

Quelques exemples pour se faire une idée :

la Revue XXI

6 Mois

 

Shnock

Dans le monde des agences de voyages, le magazine VACANCE fait par Voyageurs du Monde est un bon exemple. Une agence qui a intégré d’ailleurs aussi le concept de conciergerie, playlist musical… on dit ça, on dit rien 🙂 .

Leur MOOK est gratuit, l’envoi postal est hyper soigné, le contenu rythmé, hyper graphique, stylisé, classieux, mais pas tape à l’œil, une vraie réussite !

Une source d’inspiration en termes d’éditions pour des destinations souhaitant jouer la carte de la fidélisation, la valorisation de contenu fort, travaillant le story telling et le retour aux sources du papier… de qualité donc. Des MOOC (cours en ligne) de MOOK bientôt dans les plans de formations 🙂 ?

 

Solidaire, mais pas que…

Le voyage, c’est rencontrer L’Autre (concept de pays développé) oui, mais quand L’Autre vient rencontrer le voyageur et que cet Autre est réfugié, exilé… Le Guide du Routard a trouvé une solution pour que les réfugiés de tous pays puissent communiquer grâce à son Guide HELLO, mis en ligne en 2015 :

Tout simplement, une compilation de dessins permettant de se faire comprendre auprès de tous ! Et accessoirement, je crois bien que ça pourrait bien nous servir dans les lieux d’accueil ou pendant nos propres vacances. Bon ok, on dirait que c’est fait en WordArt sur Word 2003 mais ça peut donner des idées pour vulgariser l’information primaire.

 

Ego…trip et retour sur terre

Bon et puis, dans cette bibliothèque, je ne résiste pas à l’idée de vous dire qu’il y a aussi deux livres, à se procurer ou à offrir, aussi drôles que courts.

“Voyage en short, planète en slip” aux éditions Phileas Fogg.

“De l’art de s’ennuyer en racontant ses voyages” aux éditions Cavatines.

Ces deux ouvrages sont cités ici, juste pour se rappeler que malgré notre croyance à penser que nous sommes des voyageurs, des aventuriers, des flâneurs, des esthètes mouvants, des nomades… on reste aussi de bons vieux touristes avec des sandales et une banane (enfin presque) et souvent blindés de préjugés et de surestimation de l’égo…trip !

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Merci Benoit pour ta veille et tes convictions ! A qui le tour ? 

Bonne journée à tous.