Cinéphile que je suis, j’ai failli intituler cet article “Nous nous sommes tant aimés”. Windows 7 a eu 10 ans, Windows 7 est enterré depuis hier par Microsoft qui en a stoppé le support comme prévu, le 14 janvier 2020.

Mon OS, ma bataille

Alors oui, nous l’avons beaucoup aimé ce Windows 7… à défaut d’autre chose. Car il faut bien avouer qu’entre la débâcle Vista et le fiasco Windows 8, nous n’avions pas grand chose de “grand public” pour remplacer XP. Le support de ce dernier s’était achevé en 2014. Les réticences à changer d’OS par de nombreux organismes (coût + habitudes de travail à revoir) était la porte ouverte à la multiplication des problèmes de sécurité. On estimait en 2018 à environ 5% le nombre de postes qui utilisaient encore cet OS dans le monde. Les hôpitaux anglais avaient pourtant connu une année noire en 2017 avec le rançongiciel Wannacry.

La France a connu de nombreuses attaques à son tour en 2019 (Grand Cognac, CHU de Rouen pour les plus marquantes). La part de PC tournant sous Windows 7 s’élève toujours à 25% dans le monde. Il y a donc fort à parier que comme pour Windows XP, l’arrêt du support de Windows 7 ne sera pas synonyme de changement rapide d’OS pour ceux qui ne l’ont pas encore fait. J’ai même eu l’expérience sur mon lieu de travail d’un prestataire informatique répondre à ma demande de devis par un laconique “Non mais pour vous il n’y a pas d’impact à rester sous Windows 7.”

En effet, il existera encore un support payant pour les entreprises à condition d’utiliser Windows 7 Pro ou Entreprise.

Et maintenant ?

Le support a pris fin. En clair vous n’avez plus de mise-à-jour pour vous prémunir de nouveaux bugs et des failles de sécurité qui seront découvertes à partir de maintenant. Et il y en aura. Par ailleurs, Microsoft ne fournit plus de support technique. Enfin, progressivement vos logiciels ne seront plus optimisés et vous serez sujet à une vulnérabilité système et des problèmes matériel (ralentissements, bugs…)

D’après ZDNet, pour bénéficier des mises-à-jour de sécurité jusqu’en 2023, il faudra vous acquitter de 25$ par PC pour les clients Entreprise et 50$ pour les clients Pro. Le prix doublera tous les ans pendant les trois ans de ce support. Autant dire que cette grille tarifaire n’a d’autre objectif que de vous faire passer à autre chose. Windows 10 par exemple.

Quelques erreurs à éviter

Vous n’avez pas d’autre choix que de temporiser ? Hum, hum, ce n’est pas raisonnable ! Mais je sais ce que peuvent être les réalités de terrain. Voici donc une poignée d’erreurs à éviter.

  • Croire que vous n’êtes pas une cible
    Tout le monde est une cible pour un pirate informatique.

  • Ne pas faire les correctifs et les mises-à-jour
    Certes, vous ne serez pas à jour de Windows. Mais contrôlez quotidiennement les correctifs des logiciels que vous utilisez tant qu’ils sont fournis pour le système (PAO, navigateur internet, antivirus et pare-feu, bureautique). Les logiciels de sécurité fournissent un service d’alerte si une mise-à-jour est publiée pour les logiciels installés sur votre poste.

  • Lésiner sur les logiciels de sécurité
    Ce n’est plus le moment de penser qu’un logiciel gratuit fera l’affaire. On trouve des antivirus avec pare-feu à partir de 29€ par an et par poste. Les prix sont dégressifs.

  • Sous-estimer la sauvegarde et le chiffrement
    Prudence est mère de sûreté, pensez à faire DES sauvegardes de vos données. Une sauvegarde physique sur disque dur externe, une sauvegarde sur un service de cloud.
    Apprenez également comment chiffrer vos données. Un pirate qui s’empare de vos fichiers ne les utilisera pas pour nuire s’il ne peut pas y accéder.

  • Cliquer sur des liens suspects
    C’est évidemment le grand classique mais tellement courant : ne naviguez pas sur des sites dont vous n’êtes pas sûr. Avant d’ouvrir la pièce jointe d’un mail, lisez bien le contenu de celui-ci pour débusquer les tentatives de phishing et contrôlez toujours l’expéditeur. Vous n’êtes pas à l’abri qu’un spam passe les mailles de la sécurité de la boite mail.

Ces conseils sont à observer en temps normal, avec un système non sécurisé, ce sont des commandements.

Pour conclure

Le mieux est évidemment de passer rapidement à un OS activement maintenu à jour. La solution de facilité sera bien sûr de basculer vers Windows 10. Microsoft se chargera d’alléger votre porte-monnaie une fois de plus à cette occasion.
Mais je vais une fois de plus me faire le promoteur de solutions libres. Nous sommes maintenant en 2020 et les OS basés sur un noyau Linux ne doivent plus effrayer les utilisateurs non avertis. Les distributions ont fait de larges progrès en matière d’ergonomie. Le passage vers Ubuntu par exemple ou Mint ne sera plus perturbant comme cela a pu être le cas auparavant. Et côté logiciel, le seul vrai blocage pour une migration complète vers Linux, c’est l’utilisation d’Adobe. Et de nombreux logiciels-métiers sont fournis désormais en web application donc exit les problèmes de compatibilité.

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Historien de formation, c'est par une spécialisation en valorisation des patrimoines naturels et culturels que Jérôme a mis un pied dans le tourisme. Il met sa passion des territoires au service de leur promotion. Jérôme a notamment travaillé dans les Offices de Tourisme de Poitiers, Aurillac et Villeneuve-sur-Lot. Toujours à l'affût d'outils pour entraîner ses collègues dans des approches innovantes, c'est un geek curieux d'apprendre et transmettre. Mise en œuvre de stratégie numérique, communication digitale et coordination de projets figurent parmi les compétences de Jérôme pour accompagner ses collaborateurs.