J’ai eu l’opportunité de visiter le tout nouveau musée national du Qatar, logé dans le magnifique bâtiment « Rose des Sables » par Jean Nouvel et je dois avouer avoir été séduite par cette expérience.

Voici en quelques points illustrés les ingrédients d’un cocktail musée réussi.

Un design intégré, unique et esthétique

Certes, tout le monde ne peut pas s’offrir Jean Nouvel. Je ne suis pourtant pas fan d’architecture contemporaine, mais là je suis bluffée.

Le bâtiment s’intègre parfaitement dans son environnement, on comprend tout de suite de quoi il s’agit : une rose des sables, rappelant les paysages du pays.

L’intérieur est tout aussi impressionnant. Les lignes géométriques, les perspectives sont calculées avec précision. C’est un régal pour les yeux.

La déambulation non-linéaire permet de ne jamais s’attendre à la suite. La forme des salles et des couloirs nous donne la sensation d’avancer entre les dunes dans le désert, découvrant au fur et à mesure ce qui se cache derrière. La structure permet sans conteste de susciter la curiosité du visiteur et de lui donner l’envie d’avancer, d’explorer.

Une scénographie immersive

La déambulation rappelle une avancée dans les dunes. L’ambiance sonore, propre à chaque salle, permet de plonger davantage encore le visiteur dans un monde dédié. Dans chaque salle, des vidéos projetées sur la totalité des murs immenses et la lumière tamisée viennent compléter l’immersion du visiteur.

Il ne manquerait plus que la sensation du sable emporté par le vent, ainsi que les odeurs pour qu’on s’y croit vraiment.

Un musée pensé pour tous les publics

Il y a ceux qui préfèrent vivre une expérience.

Il y a ceux qui veulent tout lire jusqu’à la moindre petite légende.

Il y a les enfants, qui apprennent en jouant.

Dans ce musée, il y en a pour tous les goûts. De la simple expérience sonore ou visuelle à vivre, on peut tout à fait creuser l’histoire du pays au travers des différents panneaux explicatifs, des plus généralistes aux plus précis. Les vidéos de témoignages viennent ensuite compléter les explications plus factuelles.

Les enfants ne sont pas laissés pour compte. A chaque thème sa salle dédiée avec des quizz et des expériences à réaliser pour expliquer l’histoire de façon ludique.

Une utilisation raisonnée de la technologie

Ici, pas d’utilisation abusive de la technologie, où la visite du musée ne consisterait qu’en une étape de tablette en tablette, à l’écran gras tâchés par les grosses traces de doigt.

La technologie vient compléter les collections d’objets et vêtements anciens, tant pour approfondir l’information et contextualiser ces collections, que pour créer une atmosphère immersive.

Je relève principalement :

  • Les projections murales
  • Les écrans tactiles avec jeux pour apprendre et cartes interactives pour creuser l’information
  • Les écrans pour illustrer la vie d’autrefois et contextualiser les outils affichés en vitrine

 Un site accessible et confortable

J’entends ici :

  • Des assises dans toutes les salles
  • Le wi-fi gratuit et accessible dans tout le musée
  • La mise en place d’une navette gratuite entre les deux musées nationaux de la ville
  • Un billet d’entrée valable 72h.

Mais la perfection n’étant pas de ce monde

Je vous livre les petits bémols que j’ai notés :

  • Une salle dédiée à l’avant pré-histoire, remplie d’animaux, sans que cela ait beaucoup de sens.
  • Pas de fontaine à eau (même si le musée est entièrement climatisé, une fontaine à eau dans un pays où il fait 50° n’est jamais mal venue)
  • Des produits hors-sujet dans la boutique… et une boutique accessible à l’entrée du musée et non à la sortie (on peut quand-même y retourner après la visite, mais cela oblige à repasser l’entrée du musée).
  • Un tarif d’entrée un peu élevé (50QRY pour les étrangers, soit environ 12,5€)
  • A vérifier, mais je ne suis pas sûre que le musée soit très adapté aux personnes à mobilité réduite ainsi qu’aux malvoyants.
  • Un contenu explicatif parfois décousu, qui manque de contextualisation.

Il n’en reste pas moins que je suis sortie séduite et plus cultivée ! 😊

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Diplômée de l’ESTHUA de l'Université d'Angers en conduite de projets touristiques, Amélie Perrin a d'abord été chargée de promotion pour l'Agence Touristique de la Touraine Côté Sud à Loches. Elle est ensuite partie en Inde s'occuper d'une association humanitaire, et a vécu deux ans en Chine où elle était lectrice de français à la Faculté de Tourisme de l'Université de Ningbo. Après une expérience de directrice d'office de tourisme dans le Tarn-et-Garonne, elle travaille maintenant pour l'Aéroport Toulouse-Blagnac comme chargée de développement de la clientèle loisir.