Ces dernières années, le marché des festivals n’a cessé de croître et se révèle être un excellent moyen d’attractivité pour les territoires. 

Les festivals comme évènements d’attractivité

A l’approche des beaux jours (bien que l’on soit bientôt début novembre 😆 ), il n’est pas rare de voir le sujet des festivals arriver lors de conversations entre amis. Outre les têtes d’affiches dont on parlera un peu plus bas, l’ambiance et l’expérience sont des éléments clés dans la décision d’aller à un festival. Mais l’association “festival + tourisme” se fait une petite place depuis quelques années. 

Certains festivals, en France ou à l’étranger, ont un tel succès que de plus en plus de festivaliers combinent festival et tourisme. Parmi les deux plus gros qui me viennent à l’esprit, sur le plan international, on peut parler de Coachella, en Californie, et Tomorrowland, en Belgique. 

Coachella c’est LE festival des célébrités et des instagramers/youtubeurs. Outre le fait de proposer des têtes d’affiches comme Beyoncé ou Eminem , c’est un lieu où les gens aiment se montrer et revêtir leurs plus belles tenues neo-hippies. Aujourd’hui, des marques de make-up envoient même des “influenceurs” à ce festival pour promouvoir leurs produits. Pour le coup, le côté musical du festival est plutôt relayé au second plan après ce côté “c’est tendance de se montrer à Coachella”. Et cela semble plaire puisque le festival a rapporté 150 millions de dollars en ventes de billets en 2017. En effet, les pass sont vendus entre 430 dollars (pass normal) et 1000 dollars (pass VIP). Alors pour nous petits français situés à 11 heures de vol de la Californie, ça en fait un budget pour écouter de la musique. Et pourtant !

Dans la même veine, on peut penser à Tomorrowland, devenu aujourd’hui l’un des plus grands festivals de musique électrique à travers le monde, et qui attire là aussi à des prix exorbitants : de 270 € à plus de 2000 € en fonction des pass et des options. Le phénomène attire tellement qu’il s’est exporté aux Etats-Unis, au Brésil, et même en France cet hiver 2019 à l’Alpes d’Huez. Alors, à vos agendas ! Et si vous n’avez jamais entendu parler de Tomorrowland, je vous laisse regarder cette vidéo (un peu longue) qui vous donnera une idée. 

On observe, dans ces différentes vidéos, des festivaliers avec des drapeaux de différents pays. Selon une étude du site Festicket datant de 2017, 48% des festivaliers sont étrangers et 94% d’entre eux ont moins de 34 ans (tendance qui se vérifie également sur les vidéos). Alors la génération Y (et les suivantes) ne seraient-elles pas en train de s’orienter vers un tourisme de festival en forte croissance ces dernières années ? 

Les réseaux sociaux comme vecteur de communication

L’ère du numérique, ça fait un moment qu’on est en plein dedans. Et les réseaux sociaux jouent chaque jour un rôle de plus en plus important dans notre quotidien. Et c’est d’ailleurs sur les réseaux sociaux (et plus précisément Instagram) que j’ai découvert les deux festivals dont je vous parlais juste avant, il y a maintenant quelques années. 

Selon une étude du magazine SocialBand, 97% des festivals sont présents sur Facebook, Twitter et Instagram. Et 87% des festivals (de grande importance/renommée) disposent d’une application mobile. Ni une ni deux, je suis allée faire un petit tour sur l’AppStore pour voir quels festivals avaient une application. Bien entendu, Coachella et Tomorrowland ont chacun une application mobile. Et pour nos chers festivals français, les plus importants ont également tous une application mobile : Rock en Seine, Hellfest, Les Vieilles Charrues, Les Francofolies, Garorock, le Festival Interceltique, Le Printemps de Bourges, Les Nuits Sonores, Jazz in Marciac, Reggae Sun Ska, etc. Et bons nombre sont présents sur les réseaux sociaux. 

La France n’est pas en reste en termes de festivals. En 2017, elle a accueilli 6 800 000 festivaliers dans les cent plus grands festivals du pays, avec une évolution de la fréquentation de +14% en l’espace d’un an. 

Les Echos START

Les têtes d’affiche ramènent du monde

Le festival est généralement une combinaison de plusieurs éléments, et les têtes d’affiche que les organisateurs réussissent à attirer font généralement partie de l’équation. On prend son pass pour un festival pour plusieurs raisons : l’ambiance, l’expérience musicale et amicale, les rencontres, la popularité de l’évènement, … et les artistes qui seront présents. Et ces artistes permettent d’accroître la popularité de l’évènement. Un beau cercle vertueux !

Mais aujourd’hui, cela ne se vérifie pas forcément. Par exemple, si l’on prend le cas du Hellfest, la majorité des artistes de l’édition 2019 ne sont pas encore connus et pourtant les places se sont vendus à une rapidité effarante (une matinée). De même pour Tomorrowland et sa prochaine édition hivernale en France. Quelques artistes sont connus mais d’autres seront ajoutés à la liste dans les mois/semaines précédant l’évènement. Ainsi, on peut facilement supposer ou en déduire que les festivaliers ne s’y rendent pas que pour les têtes d’affiches pour l’expérience que l’évènement procure, et pour la découverte. Ou du moins ils savent que l’évènement attirera de “grosses pointures” comme on dit. 

Ainsi, lorsqu’un évènement comme les quelques-uns cités précédemment fonctionne bien, il tend à être renouvelé encore et encore. Car il entraîne des retombées économiques pour le territoire, mais le nom du territoire peut souvent être associé à l’évènement. Je pense par exemple aux Francofolies de La Rochelle, Jazz in Marciac, les Eurockéennes de Belfort, etc. 

Les articles sur les festivals et le tourisme sont nombreux. Et l’impact que ceux-ci ont sur les territoires accueillants ne semblent plus à démontrer (dans le positif comme dans le négatif parfois). Mais il semblerait qu’aujourd’hui (ou plutôt depuis quelques années), la génération Y et les suivantes envisagent davantage le festival comme une destination de séjour.