Bonjour à tous,

Et si on parlait politique… nannnnn j’déconne ! Pierre Eloy qui parle de politique, c’est un peu comme confier un A380 à Ludovic Dublanchet qui ne connaît pas sa gauche de sa droite (je parle des mains)… ne lui dîtes pas. 

Mais quelle introduction digne des meilleurs journalistes (de BFM ou Picsou Magazine), oui j’ai parlé de moi à la troisième personne comme quand le Roi Soleil. Pas étonnant quand mon court mais intense billet du jour commence avec ça : 

etourismeinfo-crowdfounding

Le Danemark est décidément un pays à observer et on est plutôt synchro avec le petit jeune qui va monter dans le tourisme s’il continue comme ça, ce monsieur F. Gaillard qui nous a proposé un article de fond et de réflexion sur ce que doit/peut être une Destination et un DMO. Cela fait un moment que nous l’avions dans les cartons, mais après l’article de François, le timing est parfait pour vous présenter la réflexion de fond engagée par Copenhague dans des thématiques que j’adore : Le LOCAL et la Réflexion COLLECTIVE 

 

Cet article sera court, car je ne vais pas paraphraser ni l’excellent site anglophone DestinationThink (voir le billet), ni le site officiel de la présentation de la stratégie 2020 de Copenhague (juste top à voir) . Je vais juste mettre en lumière certains éléments et vous laisserai le plaisir de prendre le temps, vraiment prendre le temps de lire et de discuter autour de cette stratégie. J’en suis tellement convaincu, quel pied de lire une stratégie posée sur l’implication des locaux, la co-existence entre voyageurs et locaux. 

 

Des destinations qui se retrouvent sur des valeurs

J’ai la chance de faire un métier plutôt sympa qui m’embarque seul ou avec des potes de cerveaux dans des destinations qui se posent toutes la même question, pas exclusive, mais récurrente avec un champ lexical qui tourne autour du Sens, de la Confiance, de “l’après-marketing-grande-gueule” (ça c’est moi qui le dit), de l’Expérience (ou plutôt du Moment partagé ! ), du Travailler ensemble et du “Créateur de Lien” comme aime le qualifier ma pote de cerveau, Sophie Moreau.

Passer de Montréal à La Réunion avec un arrêt minute à Lyon juste après l’Abitibi-Témiscamingue (allez-y, dîtes le d’un coup sans vous plantez 🙂 ) et Shawinigan, tout cela en 4 semaines vous donne un réel aperçu de la profondeur de ces réflexions sur le développement touristique des années à venir pour des destinations qui ont une histoire, un décor mais surtout des cultures, des locaux, des gens qui “ont la chance de vivre ici toute l’année” pour les voyageurs qui profitent de ces destinations.

Retrouver de la conviction, créer avec ses tripes et son coeur, réinventer la surprise, provoquer la Rencontre avec des tronches locales et créer des souvenirs, tout cela dans un climat de Confiance… voilà un bout de convictions partagées ces dernières semaines et qui résonnent en lisant la stratégie de Copenhague.

 

Souhaitez-vous la saveur insipide d’une tomate espagnole gavée de pesticides ?

Alors quand on tombe en début d’année sur la stratégie 2020 de Copenhague, puis sur les réflexions de François Gaillard qui a une certaine expérience du développement touristique (1), on se dit qu’il est temps, vraiment, de repenser le modèle de beaucoup de destinations devenues “hors sol” par un développement touristique imaginé comme des tomates espagnoles sous serre bâchée, sous lampes 3000w pour être bien dans la lumière, sans avoir mis un bout de début de racine dans la terre locale (2).

(1) “certaine expérience” : pour les étudiants de moyenne section qui étudieront un jour ces textes, l’auteur a voulu utiliser une figure de style souvent employée au 21eme siècle, l’euphémisme servant à insister sur le terme sous-estimé “expérience”.

(2) La métaphore de la tomate : un vrai festival pour ceux qui passent le bac blanc de français, une seconde figure de style dans la même phrase. L’auteur a utilisé la métaphore de la tomate pour la première fois ici… métaphore mondialement connue aujourd’hui en 2148. Dans le même style, il y a aussi “avoir le melon” comme l’auteur en écrivant ces lignes 🙂 

 

 

On a la chance de vivre ici toute l’année

Avant de voir les axes stratégiques de Copenhague, on peut imaginer des supports de convictions, d’attraction, de promotion de destinations qui réussiraient le paris et tiendraient la promesse d’une accroche qui est si souvent utilisée par les voyageurs quand leur destination les fait “rêver”… Ohhh Vous avez vraiment de la chance de vivre ici ! 

Sans jouer sur la sémantique, on parle bien de VIVRE et pas de VISITER ou de TOURISTER. Alors pourquoi pas oser une “baseline” très Local Attitude “On a la chance de vivre ici toute l’année”.

Pour l’anecdote, lors d’un Gueuleton Touristique organisé par notre ami à tous, Paul Arsenault, nous avons pu partager notre réflexion sur le Partage de Secrets des Locaux à Montréal avec une centaine d’acteurs touristiques locaux en avril (voir le billet vraiment sympa d’Aude Lenoir sur l’excellent et indispensable VeilleTourisme.ca

Ce qui est génial dans cette expérience et qui doit nous interpeller sur ce qu’est “un lieu Touristique”, c’est le retour des participants qui sont tous de grands acteurs touristiques de Montréal. “C’est fun de voir les yeux pétiller quand on redevient un local qui partage ses bons plans” et surtout “Avez vous remarqué qu’il n’y a quasiment aucun secret “touristique” mais des adresses, des personnes, des événements… très locaux”

 

8 constats forts pour imaginer une stratégie en 5 points clés

Ok ça fait beaucoup de chiffres dans une seule phrase, surtout après 2 mois de campagne électorale ici. Ces points sont vraiment forts et sont déclinés en actions concrètes dans le document mis en ligne par le DMO. Pour ceux qui me subissent sur le terrain, vous verrez que nos convictions sur le local, la tronche, le sens sont partagés 🙂   

  • The experience of temporary localhood : Un “touriste” est un local de quelques heures ou quelques jours… et peut devenir un local tout court (résident permanent ou secondaire)
  • Locals are the destination : derrière les superbes paysages, les volcans, les montagnes, les plages, les Tour Eiffel… ce sont les Tronches et les rencontres qui font une destination locale.
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  • Branding is all about relations : la recommandation et les conversations sont l’affaire de tous… pas seulement des marketeurs. Une relation beaucoup plus fine et explosée, peut être même la fin de la course à l’influenceur bloggeur aux 200K fans (oui j’adore quand on dit j’ai 128 “ka” fans, parler de gens comme de kilos de fans, la classe 🙂 ). Il faut absolument suivre la veille de Grégory Guzzo sur ces questions de Branding (sur son mur FB)
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  • From marketing to enabling : Quel pied de lire ça quand vous tentez de le pratiquer. Les DMO ont oublié un métier magique qu’ils ont dans leur ADN : Créateur de Lien et Facilitateur de Créativité ! Rassembler, co-créer, déployer, impliquer et montrer une destination Unie. Créer du lien entre les forces vives pour offrir un moment “ancré dans le sol” avec du sens (versus ma Tomate hors sol) 
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  • A traveller is all kinds of human : la segmentation marketeuse tradi est bien morte. On est entré dans un monde d’hybridation où je peux être un voyageur travailleur, un routard luxe, un fast-foodeur qui kiffe les 3 macarons. 
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  • Global urban travellers : là c’est simple, reprenez l’article de Francois pour comprendre l’importance du marketing territorial dans le développement “touristique” pour éviter que les sphères Touristes – Citoyens – Acteurs locaux soient disjointes. 
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  • Digital is yesterday’s question, new data is today’s : pas le plus fun des sujets pour oser les figures de style mais l’importance de la donnée est un fait. Ok j’avoue, le créatif que je suis laisse la parole aux spécialistes dans la zone commentaires 🙂 
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  • Agility to change and fail fast : Pour finir, une question importante sur la souplesse que doit avoir/garder/augmenter un DMO dans le changement de direction, d’ajustement opérationnel, de prise de décision sans inertie “politique” dans ce monde de Data et de Connexions entre Voyageurs et Locaux qui vont parfois plus vite que les DMO pour se retrouver. 

 

Je vous invite à lire la version détaillée de ce DMO qui ose 🙂 

Bref… un bon sujet pour le café du mardi matin, juste après un “Alors on va avoir qui au tourisme ?” et avant un “Bon c’est bien beau tout ça mais j’ai un cotech de copil avant le codir à boucler moi” 

Bonne semaine à tous

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Pierre Eloy est le fondateur de Touristic et le co-fondateur d’Agitateurs de Destinations Numériques, entreprises bordelaises dédiées aux solutions numériques pour les professionnels du tourisme. Les interventions de Pierre, son cœur lorrain et sa vie dans le Sud Ouest en font un personnage incontournable du tourisme digital et relationnel ! Ne vous étonnez pas si un jour vous le croisez dans une boulangerie californienne, il a promis qu’un jour il serait boulanger !