La semaine passée se déroulait à Metz le #GEN2019, une manifestation de deux jours dédiés au numérique organisée par Grand Est Numérique. J’y intervenais sur « l’innovation dans la tourisme ».

#GEN n’est pas une manifestation dédiée au Tourisme (seulement deux ou trois conférences sur le secteur) et, il faut le dire, cela fait du bien d’entendre d’autres personnes et d’autres sujets.

Pour une fois, j’ai pris le temps de profiter de l’événement et d’assister à quelques conférences du riche programme.

Voici donc le récit de deux conférences qui sont des invitations à lire :

La plus marquante fut celle de Luc Julia intitulée comme son livre paru récemment : « L’intelligence artificielle n’existe pas ».

L’IA n’existe pas … ?

Pour affirmer que l’IA n’existe pas, il vaut mieux être un peu légitime et de ce point de vue on peut dire que Luc Julia répond présent : l’histoire nous dit qu’à neuf ans il avait construit son robot pour faire son lit (j’ai cru comprendre qu’en matière de recherches et d’invention il avait aussi de solides antécédents familiaux), et que finalement il a été le co-créateur de Siri et qu’il est Directeur de l’innovation de Samsung.

Et voilà donc un brillant inventeur (35 brevets à son actifs), un leader mondial de l’innovation qui vient nous dire que l’intelligence artificielle, dont on nous parle en permanence,  n’existe pas !

Pour faire court (et simple) l’affirmation repose sur une idée forte et réjouissante : l’intelligence humaine est supérieure à celle de la machine : il faut deux images de chat à un enfant de deux ans pour toujours, dans toutes circonstances et à vie , reconnaître un chat (serait-ce un chat dessiné par Picasso), il en faut près de 10 000 à une machine de deep learning pour reconnaître à 98% un chat sur des photos !

Bien entendu, on pourrait objecter qu’une machine (Deep Mind) a battu le champion du monde du jeu de Go mais pour arriver à ce résultat, on a dû construire une machine ultra-puissante (équivalent à 1200 ordinateurs) qui consomme 400kWh soit 20 000 fois plus que le cerveau humain. Bref une machine ultra-consommatrice d’énergie et qui ne sait que jouer au go ! tandis l’humain, même battu, au jeu par la machine, sait faire beaucoup plus de choses… dit autrement, la machine peut dépasser l’intelligence humaine sur un point, dans un domaine, précis au prix d’une concentration de puissance démesurée et d’une consommation d’énergie délirante.

De plus la machine n’est pas capable de s’adapter à l’imprévisible (la voiture autonome de Google s’arrête parce qu’un passant sur le trottoire transporte un panneau « Stop ») et donc au futur. Contrairement à l’être humaine dont l’intelligence est justement de savoir s’adapter à ce qui n’est pas prévu.

Bref, l’IA n’est pas une puissance autonome qui peut nous vaincre mais un système mathématique que l’on crée, que l’on contrôle et que l’on peut expliquer. Intelligence artificielle est donc un abus de langage, et Luc Julia nous livre une vision optimiste d’un outil qui augmente l’intelligence humaine.

Pour aller plus loin lire : « L’intelligence Artificielle n’existe pas » (Edition first).

« Faut-il quitter les réseaux sociaux ? 

Autre conférence, autre livre : « faut-il quitter les réseaux sociaux ? » par Jérôme Colombain.

Journaliste spécialisé Tech de France Info, Jérôme Colombain dresse dans son livre un panorama peu réjouissant des réseaux sociaux : ils sont porteurs de 5 fléaux qui peuvent les menacer de disparition :

1/ La haine

Les réseaux sociaux, lieu de l’émotionnel, sont un vecteur de l’expression de toutes les haines. Sur les réseaux, un message sur 7 est un message de haine. Leur propagation est deux fois supérieure à celle des messages normaux.

2/ Les Fake News

En français « Infox » et là le point de vue du journaliste, dont le métier est bien de produire des infos vérifiées est pertinent. 30% des français ont déjà (consciemment ou non) relayé une infox. On le sait les fake news menacent la démocratie (Cf Brexit, élection de Trump) et demain les « deep fake news » pourraient bien susciter des guerres.

3/ les données personnelles

Mark Zuckerberg ne cesse de s’excuser mais le fait est que Facebook a largement vendu les données personnelles de ses utilisateurs. Et le patron de Facebook affirme que le « futur is private », il reconnait bien qu’il y a une garantie de respect des données privées à réinventer. Bref concilier la vie privée et le modèle économique… basé sur la donnée !

4/Cybercriminalité

La cybercriminalité se développe et touche largement les réseaux sociaux. De l’arnaque au chantage jusqu’au attaque d’officines ou même d’Etat.

5/ addiction

Les réseaux sociaux sont, peut-être, en train de devenir un problème de santé public : 1h30 par jour passé devant les réseaux et surtout leur mécanique (persuasive design, circuit de la récompense, FOMO, etc.) qui isole et narcissise.

Face à ces fléaux, les Facebook, Instagram et autre Twitter pourraient bien disparaître, de vrais menaces existent : désaffection du public (on en est loin), démantèlement par les autorités (les lois anti-trust aux USA ont déjà démanteler de très grandes compagnies) ou un changement de modèle économique.

Mais le plus probable est que les réseaux sociaux sauront s’adapter. Mais pour garder leur puissance ils devront s’attaquer aux 5 fléaux et les combattre sérieusement.

Alors, faut-il quitter les réseaux sociaux ? « Non mais il faut s’en méfier ».

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Nicolas BARRET est aujourd'hui fondateur & CEO de UNIGO. Expert du marketing de destination, du e-marketing, Il propose aux entreprises du Tourisme, de la Culture et du Digital un accompagnement personnalisé, agile et engagé pour la création de valeur. Il publie, notamment, la revue de presse Tourisme & Digital, synthèse hebdomadaire et gratuite de l'actualité de la transformation numérique. Auparavant, il a été Directeur Destinations France de du Groupe Voyages-sncf.com où il a conduit le développement du marketing de destination. Il a, pour le leader européen du e-travel, élaboré de nombreux partenariats avec les acteurs du Tourisme français et mis en oeuvre d'importantes campagnes de promotion on-line.De 2002 à 2012, il était DGA du CRT Paris-IDF en charge du marketing, des études, de la promotion et des partenariats. Il a, en outre, mené une stratégie innovante de collaboration avec les OLTA, hébergeurs et transporteurs pour promouvoir et distribuer la destination Paris et sa région dans le monde entier. Entre 1995 et 2002 Nicolas BARRET a successivement été Consultant pour Price Waterhouse Management, Chef de projet Billetterie au Comité d’Organisation de la Coupe du Monde de Football FRANCE 98 et Conseiller Technique auprès de la Ministre du Tourisme.