Pour ce premier billet de cette nouvelle saison, je vous livre un début de réflexion pas forcément très structurée mais assez iconoclaste… 
Le titre se réfère à deux livres de David Lodge, deux bijoux de littérature que je vous conseille vivement ! 
Avec “Changement de décor” et “Un tout petit monde“, David Lodge décrit avec drôlerie et une pointe de perversité les travers du monde autocentré des universitaires qui fréquentent des colloques internationaux. Rien que pour ce conseil lecture, ce court billet vous aura été utile ! 😉

J’ai choisi de prendre ces deux livres comme métaphore littéraire pour illustrer l’idée que les offices de tourisme forment aussi un tout petit monde qui expérimente un changement de décor… 

On a très souvent parlé, ici ou ailleurs, des évolutions, des transformations voire même des mutations en cours ou souhaitables pour nos bons vieux offices de tourisme. 
Le prochain congrès des Office de tourisme de France qui se tiendra à Reims du 25 au 27 septembre sera l’occasion de montrer et de creuser des exemples d’offices de tourisme ayant engagé une évolution qui illustrent les 10 scénarios proposés par la commission prospective d’OTF dès 2017 et présentés sur un site dédié.
Ce travail de prospective démontre en particularité l’éloignement progressif et inéluctable des modèles de propositions de valeur des offices de tourisme.

L’unité de mesure, l’élément “office de tourisme” est-il encore pertinent comme point de vue pour une réflexion sur l’accueil des visiteurs et la promotion d’un territoire ? Ne faut-il pas modifier la focale et mettre le curseur à une autre échelle pour trouver du sens et de la pertinence, pouvoir analyser, comparer pour agir ? Bien entendu, poser ces questions, c’est un peu y répondre… parce que tout nous porte à une évolution :

  • quoi de commun (à part le nom…) entre un OT de grande ville, un OT de station de ski ou un OT en milieu rural ? Les enjeux, les moyens, les services, tout diffère !
  • le passage d’un marketing de l’offre à un marketing centré sur la demande pose la question première de la destination ;
  • les évolutions de la demande vers un “nouveau” tourisme plus responsable, plus immersif, plus humain

Sans aucun doute, c’est la destination qui fait sens et référence autant pour les visiteurs que pour les habitants… 

La question ontologique de l’office de tourisme est pour moi claire : quelle est sa place dans l’écosystème de destination ? Pour les stations de montagne, balnéaires ou thermales, ou encore les grandes villes, l’office de tourisme est souvent l’organisateur et chef d’orchestre touristique. Pour ces “spots” l’OT peut sans doute prétendre piloter la destination. Mais ailleurs la notion de destination reste souvent épineuse car elle bouscule le “Tout petit monde” touristique local… L’OT doit réfléchir à sa place dans un écosystème plus large, incluant d’autres OT, des grands sites, des acteurs, des habitants au service de politiques d’attractivité nécessairement co-construites pour favoriser l’élan collectif…

Le projet de fusion des fédérations nationales des offices de tourisme, des comités départementaux et des comités régionaux du tourisme devrait permettre d’envisager ce “changement de décor” et pourquoi pas proposer demain un congrès des destinations qui réunirait tous les organismes de gestion ou les animateurs des écosystèmes de destination pour réfléchir ensemble aux évolutions du monde. 

 

PARTAGER
Article précédentVisite chez les Vikings
Prochain articleKineMaster, la killer app du montage vidéo sur smartphone
Paul FABING est directeur du pôle qualité de l'accueil à l'Agence d'Attractivité de l'Alsace (AAA). Architecte de formation, ancien consultant tourisme, chef du service Tourisme de la Région Alsace et directeur de RésOT-Alsace (Réseau des offices de tourisme), il occupe cette fonction depuis 2015. Entre autres missions, l'AAA est propriétaire, gestionnaire et animateur du système d’information touristique alsacien qui consolide l’ensemble des informations recensées par les OTSI et de nombreuses structures partenaires. Plus de 220 sites touristiques institutionnels et publics alsaciens (la totalité en fait), beaucoup de sites nationaux publics et privés, la plupart des éditions papier, les actions de promotion et les outils mobiles s’appuient sur cette base de données pour offrir aux touristes des services fondés sur la même information. Ainsi les OTSI, coordonnés par l'AAA, se sont placés au cœur de la problématique touristique alsacienne et occupent une place prépondérante dans le développement de l’etourisme. Promis, il s’efforcera de ne pas rédiger en Alsacien, et apportera sans doute un petit vent d’est rafraîchissant dans ce blog (les Alsaciens ne sont pas aussi sérieux qu’il n’y paraît…). L’extranet du RésOT-Alsace Alsace. Email : pfabing at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots).