Et donc oui… le nouveau monde monde ressemble furieusement à l’ancien, “Et même pire !” diront ceux qui étaient vraiment optimistes et y croyaient, “Surprise Motherfucker” pourrait dire Donald T.

La vague verte urbaine, bien qu’en mal de représentativité va-t-elle faire changer les choses ? En ces temps de difficultés économiques et sociales à venir, la croissance à tout prix sera-t-elle reléguée au second plan ?

L’annonce d’un report de la production du nouvel iPhone onnesaitpluscombien de quelques mois s’est faite dans un presque silence radio, et ils sont moins nombreux à se demander cette année quelles “nouveautés” renfermera le nouveau précieux. Les chiffres d’Apple pourraient être un indicateur intéressant et d’ores et déjà, la moindre couverture médiatique en est un.

Airbnb et les plates-formes bannies du centre d’Amsterdam

Airbnb était fortement ciblé depuis quelques années par les grandes métropoles en surtourisme, et Amsterdam vient de porter le fer en renforçant encore sa législation au 1er juillet (Cf. cet article de Frenchweb) : plus aucune location dans les trois districts du centre ville, obligation d’un permis, limitation à 30 jours de location par an pour au maximum quatre personnes dans tous les autres quartiers ! Les bataves frappent fort et comptent bien mettre à profit cette période pour rendre la ville à ses habitants, et y développer un tourisme moins agressif, moins présent. La politique locale a donc bien son mot à dire, quelle que soit sa représentativité dans les urnes et il est probable que d’autres villes suivront cet exemple. Quitte à perdre la manne de taxe de séjour, qui ne suffit désormais plus à contrebalancer les effets négatifs pour les édiles.

Airbnb déclarait par la voix de son co-fondateur Brian Chesky vouloir retrouver l’esprit du début après avoir annoncé la suppression d’un quart de ses emplois en avril, certains vont l’y aider, même la startup californienne rue dans les brancards.

Amazon s’achète une conscience verte

Le trillionnaire Jeff Bezos avait tendance à regarder de très très haut ceux qui mettaient en cause son modèle économique basé sur la robotisation et l’IA pour remplacer les ouvriers pas foutus de bosser plus de 35h par semaine (et qui ne parviennent pas toujours à pisser dans une bouteille tout en continuant de bosser), avec une logistique à toute épreuve, grande émettrice de trucs pas très bons pour la planète, sans parler des fermes de serveurs.

Mais finies les attitudes contemptrices, il a lancé le Bezos Earth Fund, qu’il dote personnellement de 10 milliards de dollars ! Alors bien sûr, comme d’autres philanthropes avant lui (et notamment Bill Gates), on lui reproche de faire avant tout de la défiscalisation, qu’il fait l’aumône au vu de son patrimoine boursier… Force est de constater qu’il a quand même cédé aux attaques de plus en plus virulentes, et compris le risque à continuer conne si de rien n’était face à une conscientisation écologique qui gagne du terrain chez ses consommateurs.

Facebook ads boycotté !

Un autre géant du web a également récemment cédé à la pression. Celle de ses quelques utilisateurs demandant une modération plus stricte des contenus incitant à la haine n’avait guère rencontré d’écho jusque-là, et le réseau bleu continuait de développer des outils bien plus prompts à supprimer un bout de sein ou de quéquette plutôt qu’un appel au meurtre, au viol ou des propos racistes.

Mais George Floyd est (tré)passé par là, et quelques gros annonceurs américains (Unilever, Coca-Cola, Verizon, Honda) ont annoncé un boycott des publicités sur les réseaux sociaux en général, sur Facebook en particulier, pour réclamer plus de transparence et de responsabilité de leur part. Les mauvaises langues cyniques diront que la crise économique liée à la crise sanitaire contraignaient ces grandes sociétés à des coupes budgétaires, alors autant trouver un moyen d’en faire un joli buzz sur le dos d’un autre plutôt que d’assumer un trou dans les caisses.

N’empêche que Zuckerberg, déjà sous les projecteurs en cette période électorale américaine, a dû consentir à montrer patte blanche et faire des concessions (Cf. l’article du Monde), ce qui est suffisamment rare pour être remarqué.

 

Dans un monde chahuté de toutes parts, il semblerait donc qu’électeurs, consommateurs et citoyens puissent retrouver une parole un peu plus forte, soutenues de façon plus ou moins cyniques par des sociétés et élus en panique face aux évolutions des comportements. Les géants du web dictent un peu moins leurs règles, devront faire face à de plus en plus de scepticisme de la part de leur client, même si nous sommes toujours plus nombreux à délivrer inconsciemment nos données personnelles à Google (le grand absent de ce billet !) et consorts alors qu’on s’émeut de l’application Stop-Covid.

 

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Ludovic a démarré sa carrière en Auvergne, à l’Agence Régionale de Développement, puis dans un cabinet conseil sur les stratégies TIC des collectivités locales. Il a rejoint en 2002 l’Ardesi Midi-Pyrénées (Agence du Numérique) et a plus particulièrement en charge le tourisme et la culture. C'est dans ce cadre qu'il lance les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel dont il organisera les six premières éditions à Toulouse. À son compte depuis mai 2011, il est Consultant etourisme, intervient sur de nombreux séminaires, manifestations et congrès, accompagne des structures sur leur stratégie, en AMO, ou en formation. Il organise les Rencontres Nationales du etourisme institutionnel pour le compte d'UNITEC et la Région Nouvelle Aquitaine à Pau, après les avoir initiées à Toulouse. En 2013, il co-fonde avec ses associés et blogueurs Pierre Eloy et François Perroy la société Agitateurs de Destinations Numériques, initiatrice des concepts d'Internet de Séjour, de Secrets Locaux et de Conciergerie de Destination. C’est à partir de ce travail quotidien qu’il se propose d’alimenter ce blog, en livrant ses impressions et commentaires quant au développement des nouvelles technologies au sein des structures publiques de tourisme.