Google, gardien de votre vie

Je suis, à titre personnel, adepte des outils Google qui, avouons-le, sont particulièrement pratiques, ergonomiques, accessibles et qui plus est gratuits. Mais comme dirait l’autre, « quand un outil est gratuit, la monnaie, c’est l’utilisateur ! ». Ce n’est pas faux : force est d’avouer que l’on sait tous que Google collecte nos données, qui seront alors utilisées à des fins commerciales, politiques, judiciaires, et j’en passe.

Etant peu influencée par la publicité et ne pratiquant aucune activité illicite, je n’y avais jamais vu là un problème majeur. Mais en découvrant l’existence de la plateforme « My account » de Google, j’ai réalisé l’ampleur de la collecte des données par Google.

Je suis allée faire un tour sur mon compte, et je m’aperçois alors que Google sait tout de moi depuis que j’ai commencé à l’utiliser. Il a l’historique de mes connexions, de mes déplacements, de mes recherches et de toutes mes activités liées à l’utilisation d’applications mobiles reliées à Google Play. Google peut retracer mon activité quotidienne des dernières années. Autant dire que ma mémoire n’aurait pas pu retenir un centième de tout cela !


Bien que Google promesse de garder les données en sécurité (comme expliqué en détail sur sa page de confidentialité), on peut quand-même douter de l’entière sécurisation de notre historique, notamment au vue de la récente loi passée par les Sénateurs américains autorisant les Fournisseurs d’Accès à Internet à vendre l’historique de navigation des utilisateurs, sans leur autorisation. Et quand bien-même ce serait effectivement le cas, quiconque connaît ou obtient notre mot de passe peut alors fouiller dans les moindre détails de notre vie. Effrayant !

Des outils alternatifs

Revenons-en au cœur de notre sujet : l’usage professionnel de Google. L’informaticien de ma collectivité, militant de la défense des données, nous a fortement déconseillé l’usage des outils Google à des fins professionnelles. Alors lorsque que des agents de mon équipe sont allées, fières de s’intéresser au sujet, suivre une formation sur l’ « accueil numérique », elles en sont revenues très frustrées : elles ont appris à utiliser tous les outils de Google,  dont elles ne pourront pas se servir.

Je suis donc allée demander la solution à mon informaticien, qui après m’avoir sensibilisée à la collecte des données par Google, m’a donné un lien très intéressant : degooglisons-internet.org. Ce site Internet, réalisé par l’association « Framasoft », œuvrant pour un Internet « libre, décentralisé, éthique et solidaire » propose une alternative à chaque logiciel « espion ». Ainsi, pour chaque outil et app Google ou assimilé, Framasoft a développé son propre outil qui répond à un code éthique : « libre » (logiciels au code source libre), « étique » (qui ne collecte pas les données de l’utilisateur), « décentralisé » (l’auto-hébergement est privilégié, pas de centralisation et de partage des données) et « solidaire » (partage des coûts, partage des ressources). Sur son site, l’association propose en outre des outils alternatifs développés par d’autres qu’elle.

Sachez donc maintenant que face à Google, vous avez toujours le choix.

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Diplômée de l’ESTHUA de l'Université d'Angers en conduite de projets touristiques, Amélie Perrin a commencé par une première expérience dans la communication et le numérique au CDT du Doubs avant de travailler pendant deux ans comme chargée de promotion et Animatrice Numérique de Territoire pour l'Agence Touristique de la Touraine Côté Sud à Loches. Elle est ensuite partie en Inde, gérer une association humanitaire, et a vécu en Chine où elle était lectrice de français à la Faculté de Tourisme de l'Université de Ningbo. Elle est désormais directrice d'un office de tourisme dans le Tarn-et-Garonne.
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  • Paul Fabing

    Alors là, moi je me méfie beaucoup plus des informaticiens de collectivités que de Google 😉
    À la base, pour éviter toute « fuite » d’infos, il ne faut pas être identifié sur la toile. Cela implique que les connexions entre services sont impossibles, et donc que chaque service est indépendant. C’est la philosophie de Framasoft, qui, de plus propose des outils à l’évidence moins « usables ». À l’usage, cela rend le travail beaucoup moins fluide, et donc moins productif…
    Moi j’apprécie par exemple de retrouver l’adresse de ma réunion dans mon Waze parce que je l’ai rentrée dans mon Google Agenda. Je gagne un peu de temps à chaque fois et je ne prends pas le chou… Les exemples sont multiples
    On ne peut d’ailleurs pas limiter la réflexion à Google car il existe de nombreuses « bulles » de ce type, et notamment Apple qui y rajoute la couche matérielle d’ailleurs !
    Le problème me semble-t-il c’est le manque de conscience de ce qu’on laisse comme traces. Quant à la confiance, le débat reste ouvert. Un encadrement strict paraît nécessaire, comme pour la vidéosurveillance par exemple…
    Et si on veut vraiment rester anonyme, cela demande de nombreux efforts et cela devrait commencer par le choix d’un système d’exploitation open source.
    Personnellement, j’accepte l’échange des services et de la fluidité entre eux en échange de mon prospect qualifié… Par contre j’ai choisi de ne pas accepter l’asservissement à une marque matérielle.
    Oui Google me connaît très bien et je le sais… Et alors ?

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  • 对你爱爱爱不完,我可以天天月月年年看你博客到永远!

  • Greg Barile

    Je partage l’avis de Paul Fabing.

    A titre individuel, le grand atout des Apps Google, ne tient pas forcément à leurs fonctionnalités, sinon, ça fait longtemps que j’aurais foutu en l’air Google Docs et Sheets qui sont très nettement en dessous de mes attentes concernant le traitement de texte et le tableur.
    Mais c’est bien dans la fluidité d’utilisation de l’écosystème que l’on trouve son compte.

    A titre collaboratif, c’est juste génial!
    Et pour obtenir le même niveau de collaborativité (je ne suis pas sur que le mot existe, désolé), il faut vraiment se lever de bonne heure.

    Alors oui, la protection de données est un sujet délicat.
    Des formations doivent exister pour sensibiliser à l’utilisation « safe » des outils Google (mais aussi Apple, Facebook,…), un peu comme la sensibilisation à la contraception.
    Mais à moins de gérer des informations de haute importance, la plupart des risques sont quand même gérables.

  • Quelle que soit la solution alternative, n’oublions pas que si s’est pour se connecter sur un iPomme ou un PC, les données seront transmises à des tiers que ce soit la synchro des contacts, de l’agenda, etc. Donc le problème reste tout simplement le même, seuls les acteurs changent…

    Rien ne vous oblige à utiliser le GPS en permanence ou le WiFi ni d’autoriser toutes les applications à tout recevoir. Qui pense à personnaliser les autorisations en acceptant une application Facebook ? Et qui elle d’ailleurs revendra vos données puisque c’est le modèle économique de ces sites pour la plupart.

    Pour ma part, je travaille essentiellement avec des solutions opensource sauf quand l’utilisation me fait perdre en productivité et avec Google, c’est tout simplement difficile de s’en affranchir si l’on doit être efficace à moindre coût…

    Framasoft est une initiative indispensable et nécessaire mais qui parfois oublie des aspects fondamentaux : le temps c’est de l’argent (productivité), Rome ne s’est pas faite en 1 jour (apprentissage) et qu’une transition graduelle vers l’opensource est préférable à l’intégrisme.
    D’ailleurs sans Google, l’opensource ne se serait très certainement pas autant développé ces 20 dernières années (Mozilla, Google summer of code, AMP, et tant d’autres projets soutenus très activement)

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  • Mme Sirtaqui

    Quand on vous connaît très bien, il est plus facile de vous manipuler, aussi conscient et vigilant qu’on estime l’être. Sans compter la récupération de nos données personnelles par des personnes peu scrupuleuses de toute nature qui peuvent en faire un usage dangereux. Je ne fais pas de catastrophisme, pour moi ce sont des risques objectifs.

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