Barcelona partage concours photos

La polémique du jour… euh… comprenez l’article du jour est consacré aux concours photos. Enfin non, aux photographes pro. Enfin non pas tous… disons que cet article s’adresse à ceux (et ils sont nombreux) qui se plaignent des concours photos organisés par les destinations touristiques, comme ici dans la Mayenne… Vous me suivez ? 🙂

Résumé des faits

Avec les beaux jours qui arrivent, vous allez sûrement vous aussi vous lancer dans une opération bikini de com’ pour donner de la visibilité à votre destination… et vous avez bien raison !

Un concours photo peut vous donner cette visibilité, en capitalisant sur vos clients touristes consommateurs du territoire, l’occasion aussi, de miser sur la viralité. Diffusion des contenus sur les réseaux sociaux, incitation au partage, à l’expérience… les effets, positifs, sont nombreux.

etourismeinfo-crowdfounding

Et pourquoi ne pas miser sur une collaboration avec les instagramers, les igers comme on dit dans le milieu, pour là aussi tirer profit des influenceurs photographes qui pourront vous apporter une forte visibilité grâce à leur communauté ?

Avec un hashtag en poche, vous voilà parti ! Oui mais voilà, c’était sans compter quelques grincheux qui trouvent que le sacro-saint métier de photographe est bafoué, voire comme je l’ai lu tout récemment, que l’on boycotte le travail des photographes…

Humm bizarre bizarre cette civilisation du XXIe siècle qui cherche et trouve toujours à se plaindre, à critiquer et à démonter le travail des autres… Je l’avoue, ça me dépasse.

Quid de la photo amateur alors ?

Si j’en crois ces détracteurs, la photo est et doit rester le monopole de certains qui en vivent, tandis que les autres, les passionnés, n’ont pas à en user. Diantre, le passage à la photo numérique a dû être difficile à vivre pour certains !

Mais… ne peut-on pas distinguer la photo professionnelle de la photo-passion amateur ? Quelqu’un, un professionnel du tourisme, a-t-il un jour dit que les photos de photographes n’avaient pas leur place dans les brochures, sites Internet et autres outils de promotion d’une destination ?

Les concours photos organisés ici et là ne servent qu’à mettre un coup de projecteur sur une destination touristique. Au mieux il servira à flatter l’égo de la poignée de lauréats… lesquels repartiront tantôt les mains vides, tantôt avec un filet garni rempli de produits… du terroir 😉

Mais êtes-vous vraiment sérieux, Messieurs les professionnels de l’image, lorsque vous pointez la menace sur ceux qui utilisent des smartphones et publient des photos carrées de 640 pixels sur la version web ? Au mieux ces clichés serviront à illustrer les réseaux sociaux de la vie, de l’ambiance, du vécu, de l’expérience positive et partagée in situ. Au mieux ces clichés serviront à faire une exposition des meilleurs “moments de vie”. Au mieux ils illustreront une affiche pour montrer les mille et une facettes de la destination vues par les touristes. Oui, qui mieux qu’un touriste peut mettre en avant ses propres coups de cœur auprès de ses congénères ?

Mais ne vous y méprenez pas, la volonté d’une destination n’est pas de se passer des pros de la photo et encore moins s’ils sont implantés sur le territoire. Le seul vrai objectif c’est de faire parler de la destination, de faire que les touristes-clients parlent aux touristes-prospects.

Alors de grâce, Messieurs les professionnels de la photo, laissez les concours photos tranquilles et relayez à votre tour ces initiatives… qui pourront aussi vous mettre dans la lumière et le temps venu vous mèneront sûrement à collaborer avec la destination. J’ai bien peur que l’inverse ne soit pas possible…

 

 

  • Nicolas Monseigne

    Bonjour Sébastien,

    Sujet bien sensible, c’est sûr 🙂
    Il me semble que ce qui est surtout critiqué dans l’article dont tu donnes le lien, c’est “l’appropriation” des clichés par l’organisateur du concours, et pas tellement le concours en tant que tel !?
    Ce qui au passage pose quand même la question des droits d’auteur et des droits d’exploitation, qui existent bien quoi qu’on en dise, que l’on soit photographe amateur ou professionnel ! A voir d’ailleurs deux bons papiers ailleurs sur ce blog… rédigés par le fameux… ah tiens… Sébastien Gonzalez 🙂 : http://www.etourisme.info/droits-dauteur-photos-ce-quil-faut-savoir/ et http://www.etourisme.info/photos-droits-dauteur-et-reseaux-sociaux/

    Et je serais d’ailleurs intéressé d’avoir un retour juridique sur le droit pour un OT qui organiserait un concours via Instagram par ex de pouvoir récupérer les photos pour ses autres supports !?

    .

    Il me semble qu’au-delà de la question de l’appropriation du cliché par l’organisateur du concours, ce qu’il faut voir avec Instagram et autres réseaux sociaux plus ou moins spécialisés dans le partage de photos, c’est tout simplement l’animation de communauté.
    C’est cette communauté qui va choisir de se mobiliser… ou non, et de valoriser la destination… directement.
    .
    Si on parle “animation de communauté”, quel besoin alors de chercher à mettre la main sur tous les clichés ?
    Serait-il si perturbant d’envisager un règlement de concours indiquant que la participation au concours n’implique pas la cession automatique des droits patrimoniaux à son organisateur ? L’office de tourisme n’aurait plus qu’à négocier après coup des droits avec des photos qu’il aura trouvé sympas, après coup, de gré à gré. Les photographes amateurs et professionnels n’auraient peut-être pas les mêmes exigences, mais ce serait peut-être déjà un cadre souple qui motiverait tout un chacun à participer ? Et quand bien même un participant professionnel refuserait la cession des droits, il aurait déjà participé au concours et donc contribué à une belle valorisation de la destination ?

    .
    Qu’en penses-tu ?

  • Xavier

    Je pense aussi que les photographes se plaignent des gens qui vendent leur photos à des tarifs super bas tout en ne déclarant pas les revenus de cette vente. Cela reste de la concurrence déloyale.

    Idem pour les concours qui récupèrent les droits sur les images de tous les participants. Ils espèrent que dans le tas, il y aura quelques photos faites par des amateurs mais avec du matos pro ou semi pro et donc que les photos seront de bonne qualité.

    La différence entre un amateur qui a pu acheter du bon matos et un professionnel ne vient pas forcément de la qualité de la photo mais du fait qu’il y a en a un qui vit de sa photo et qui paye donc toutes les charges quand il la vend et de l’autre un type qui peut réussir une fois une belle image qu’il va vendre pas cher en ne payant aucune charge. Comme la seconde catégorie a tendance a être de + en + nombreuse car les appareils photos sont de + en + performants, et bien la 1ère catégorie a de – en – de travail.

  • Soyez honnête, ces concours n’ont pas pour but de
    créer une animation, un événement sans lendemain ; la motivation
    est d’obtenir à vil prix, si ce n’est gratuitement, des
    photographies pour illustrer des documents et sites touristiques.

    En outre, cela est passé sous silence, l’auteur
    amateur assume seul les recours s’il y a plainte ! Bingo, le beurre
    et l’argent du beurre, on ne paie pas les photos et on n’en assume
    pas les usages, c’est du Ségolène dans le texte, du
    gagnant-gagnant, mais uniquement de votre côté.

    Le fond du problème, ce n’est pas que les images
    d’amateur soit moins bonnes que celles de professionnel, pas
    toujours, d’autant que ces premiers sont souvent mieux équipés,
    même s’il on un usage vraiment très modéré de leur matériel.
    Non, le problème est que des « professionnels » du
    tourisme puissent se contenter d’images de moindre qualité pour des
    économies de bout de chandelle. La France s’enfonce touristiquement,
    surtout si l’on s’intéresse au budget des visiteurs et non à leur
    nombre. L’attitude délétère qui consiste à prendre n’importe quel
    visuel et non le meilleur, qu’il soit produit par un amateur ou un
    professionnel, pourvu qu’il soit le moins onéreux, est
    contre-productif ; la concurrence internationale vous dit merci
    et fait ses choux gras de ces pratiques.

    Être professionnel, ce n’est pas se gonfler la
    poitrine et dire à tous les vents « je suis le meilleur »,
    non, c’est s’attacher à donner le meilleur de soi en tout lieu et à
    tout moment, même pour des images qui apparaissent secondaires,
    voire pires, que personne ne veut faire. Être professionnel c’est
    avoir la notion de service, s’attacher à la demande du client, à
    répondre à ses attentes et non faire joujou avec son super-récent
    matériel que ça épate les filles, mais seulement quand ça amuse,
    pourvu que ce soit fun…

    Et il y a tous ces amateurs qui aimeraient devenir
    professionnels et que l’on abuse avec de telles pratiques dont
    l’effet final est qu’ils ne pourront pas le devenir si ces méthodes
    se généralisent.

  • Une fois n’est pas coutume, cet article n’est pas très nuancé.
    Je n’ai pas l’habitude défendre les grincheux accrochés à leur “périmètre historique”, mais on peut comprendre que la tendance du “concours gratos” qui touche de nombreuses professions de la création, pose quelques problèmes.
    L’argument selon lequel une photo de smartphone ne fait pas d’ombre à une photo pro est imparable, mais c’est un peu caricatural, non ?
    Le fait est que de jeunes vrais photographes participent aux concours, avec du bon matos, dans le but de se faire connaitre et dans l’espoir de vivre un jour de leur passion.
    Et c’est bien ça qui peut être gênant : le principe même que la récompense du travail fourni soit le fait d’être gagnant.

    De manière plus globale, on voit maintenant des collectivités lancer des concours pour refaire leur logo : le principe est le même : bossez gratos, vous aurez l’immense privilège d’être choisi.
    Imaginons juste une seconde qu’une mairie lance un concours de maçonnerie de la plus belle salle polyvalente. Le gagnant aura l’immense honneur d’avoir son nom sur la porte d’entrée. émoticône wink

  • Notredamedemonts
  • Bruno

    Bonjour
    Je crois que vous avez une vue partiale des choses.
    Vous oubliez deux points importants :

    1) toutes les photos ont un potentiel commercial. Je dis bien “toutes”.
    Meme un selfie de base devant la Tour Eiffel à son potentiel commercial.
    De nos jours la mode est a l’instagram et aux images travaillées par des filtres. Voyez la campagne Apple “photographié avec l’IPhone 6”, elle démontre bien que tout est possible.
    Donc la vigilance ne doit pas être relâchée sous prétexte que les images demandées sont de “basse qualité”. Les smartphone font de belles images Cf campagne Apple

    2) vous ne pouvez pas aussi ignorer que la tendance est à l’économie et quoi de plus facile d’utiliser le plaisir du photographe amateur, équipé comme le pro et parfois meme aussi bon pour pas dire meilleur, pour se monter une belle photothèque de qualité pour trois fois rien.
    Quel plaisir en tant qu’amateur de retrouver sa belle photo du chateau local en bandeau sur le site web ou en couv du magazine municipal en échange de deux places de cinema. Pendant ce temps là le pro, lui, attend la commande et relance son client avant de payer ses factures.

    Donc non monsieur, il ne faut pas relâcher la pression sur ceux qui veulent se faire des économies de bout de chandelle sur une matière première que tout le monde s’accorde à dire qu’elle est essentielle dans la société de l’image dans laquelle nous vivons, et tout cela au détriment d’une profession qui cherche à survivre face aux attaques de toutes part.
    A l’occasion on pourra parler des tarifs aussi.

    Bruno
    http://www.brunobeucher.fr

  • Myrtille

    Bonjour Monsieur Gonzalez,
    Non seulement je suis d’accord avec les 7 premiers commentaires, mais j’ajoute que pour votre information, en 2015, il n’y a pas que des messieurs qui sont photographes, il y a aussi des femmes… Et il y en a aussi qui s’informent de leurs droits et devoirs, qui consultent les lois du Code de la Propriété Intellectuelle ainsi que les associations de défense des photographes, les syndicats (entre autre)…

    Pour rappel, les jeux et les concours sont encadrés par une législation à respecter. Pourquoi donc comme par hasard faudrait-il céder ses droits gratuitement ou en échange d’un lot ou d’une petite somme lors d’un concours photo si ce n’est pour l’organisateur de se constituer une banque d’image gratuite (encore moins cher que les microstocks déjà à des tarifs vraiment bas alors que les offices de tourismes y sont abonnés…) ?

    Croyez-vous sérieusement que ce sont les concours photos qui dérangent les photographes professionnels ? Ou plutôt l’utilisation qui en sera faite grâce à une clause dans le règlement du concours comme par exemple :
    – “L’association XXXX restera propriétaire des documents photographiques. Elle se réserve les droits non exclusifs de reproduction”
    ou encore :
    – “Chaque participant s’engagera à céder les droits patrimoniaux sur sa
    création au profit de XXXX, qui pourra être à même
    d’exploiter ces créations dans le cadre de ses activités et sur
    tous les supports
    (papier,
    numériques, électroniques, Internet…) qui lui conviendront. Les
    droits cédés comprennent notamment le droit de
    reproduction, le droit de représentation, le droit
    d’arrangement, le droit d’adaptation, et ce sous toutes les formes, par
    tous les procédés et sur tous supports (papier, numériques,
    électroniques, Internet…).
    La présente cession est consentie à titre gratuit pour le monde entier et pour la durée légale des droits d’auteur.”

    J’invite les organisateurs de concours à faire de même avec par exemple les cuisiniers amateurs : concours du meilleur plat pour gagner un lot d’assiettes, l’organisateur gardera l’intégralité des plats réalisés ainsi que des recettes de cuisine dont il conservera l’intégralité des droits pour le monde entier dans le but d’éditer un livre et d’en faire une exposition (les organisateurs sont aussi friands des expos sans rémunérer les auteurs de droits de monstration).

    Ou encore une autre idée : concours de la meilleure chanson pour gagner un micro, et l’organisateur gardera l’intégralité des chants sous forme numérique dont il conservera l’intégralité des droits pour le monde entier… Sympa non ? Sauf que vous aurez les réactions des chanteurs professionnels et de la Sacem (La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique est une société de gestion des droits d’auteur) à gérer après 😉

    Allez comme mes collègues, je signe avec mon nouveau site http://photographe.agency

    😉

  • Et le Code de la Propriété Intellectuelle (Les articles L111 et L121 en particulier), systématiquement bafoué par ces concours, ça vous parle un peu ? Non ? Normal, vous n’êtes ni photographe ni juriste, vous voulez juste faire de la pub pour votre terroir.

    Alors au lieu de promouvoir des concepts illégaux, réfléchissez 5 minutes. Toute cession de droit (diffusion, etc) doit être spécifiée et limitée dans le temps, l’espace, l’usage, la portée, le(s) support(s) etc. Donc ces concours contenant les paragraphes sur les cessions de droits “libre de droits” (pas d’existence légale de cette notion, le droit d’auteur est inaliénable), avec autorisation de publication dans toutes les publicités, sur tous supports, etc … en cas de plainte d’un des candidats, c’est tribunal et vous perdez. Et ce même s’il a accepté le règlement. Pourquoi ? Parce qu’en France, une clause illégale est appelée “clause abusive” et est nulle (sans que les autres clauses, qui elles peuvent être légales, ne soient impactées).

    Vous avec un DESS Tourisme et valorisation des territoires, donc vous êtes tout SAUF impartial ici. Ce qui vous gêne donc, c’est que certains (les grincheux ? 😉 ) vous empêchent de pouvoir vous constituer une photothèque sans lâcher un kopek !

    Pfff …

    C’est dommage, vos deux autres articles cités ailleurs dans les commentaires étaient bons eux ..

  • Laurent Fabry

    Bonjour,

    Vous n’êtes pas un peu gonflé monsieur le consultant et formateur etourisme titulaire d’un DESS, de parler des notre “civilisation” qui “cherche toujours à démonter le travail des autres” ???

    De quel travail parlez-vous ? Du vôtre, qui consiste à inciter les acteurs touristiques à se passer de prestataires professionnels dignes de ce nom ? Est-ce la démarche que vous avez eue lors de vos nombreuses missions territoriales ? Et cette hiddeuse affiche en Espagne, doit-elle illustrer toute la pertinence de votre propos ?

    Vous écrivez : “un professionnel du tourisme a-t-il un jour dit que les photos de photographes n’avaient pas leur place dans les brochures, sites internet et autres outils de promotion d’une destination”, avant de citer précisément quelques unes des nombreuses utilisations que vous ferez des photos amateurs récoltées gratuitement. N’est-ce pas la le comble de la démagogie ???

    Comme vous, une élue de ma commune m’écrivait récemment que sa démarche “ne remettait aucunement en cause mon professionnalisme”, alors qu’elle avait sollicité (et obtenu) gratuitement une photo sur Facebook, pour illustrer la couverture d’un bulletin municipal de 28 pages !!!

    Ce type de démarche ne remet pas en cause notre professionnalisme, vraiment ? C’est ce que vous pensez également je suppose ?

    Sachez qu’il a, au contraire, pour effet de pousser les photographes de l’état de pauperisation à celui de leur disparition pure et simple !

    Je vous souhaite une longue carrière dans le e-tourisme, Monsieur, jusqu’à ce que les acteurs touristiques aient bien compris votre message, et sachent se passer de vous, également…

    • Sébastien Gonzalez

      Bonjour Laurent, mon Dieu que de haine ! 🙂
      Ne lisez pas entre les lignes ce qui vous intéresse et ne déformez/détournez pas mes propos. Il ne s’agit en aucun cas de faire disparaître les professionnels de la photo, loin de là, pas plus que d’utiliser gratuitement les visuels des amateurs. Je ne prône pas les concours afin de récupérer des photos “libres de droits” et je condamne cette pratique. En revanche j’incite les gestionnaires de destinations à promouvoir leur territoire par le biais de leurs touristes sur place, lesquels peuvent partager et publier une photo pendant leur séjour. Voilà tout. Et dans ce cas la destination capitalise sur les visuels créés par des amateurs oui, mais je n’ai jamais dit qu’il fallait en faire la couverture d’un magazine, éditer des tee-shirts ou en faire je ne sais quel business…
      Le mag de la destination est et restera composé de visuels achetés à des pros, il va de soi et mes propos vont bien dans ce sens.

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