vue du printempsC’est à moi que revient le plaisir du premier billet de printemps. Si la météo n’est pas encore partout au beau fixe, on sent néanmoins qu’il y a quelque chose dans l’air ; la morosité de l’hiver s’éloigne et on se sent mieux. Rien de tel pour entamer une réflexion créative en équipe. Qu’il s’agisse d’un projet techno, web ou pas, une démarche créative ne s’improvise pas.
S’il faut effectivement lâcher la bride pour ne pas étouffer la créativité des collaborateurs, un minimum de rigueur s’impose malgré tout pour que la séance de travail soit à la fois productive et rentable.

En outre, de nombreux prestataires me le confirment trop souvent: on leur demande finalement « un peu toujours la même chose ». Ils sont en attente du client qui viendra les challenger avec une commande innovante et créative qui les poussera à se dépasser. Et au-delà du prestataire technique, c’est aussi ce qu’attendent nos gentils touristes: l’effet WAOUW ! Qu’on les surprenne !
Bref, vous l’aurez compris, c’est de ce sujet que je souhaite vous entretenir aujourd’hui: comment lancer et animer une réunion de production créative en équipe.

Les facteurs favorables

barbecue entre maisUne réflexion créative est un moment à part, unique, et à ce titre, il convient de lui aménager l’espace qu’elle mérite.
À commencer par le temps: que vous séquenciez la réflexion sur plusieurs jours (quel luxe !) ou sur un seul, une demi-journée est un minimum pour aboutir à une production d’idées digne de ce nom.
Pour ce qui est du lieu, fuyez la traditionnelle salle de réunion trop empreinte de contraintes et de rigueur, sans parler de sa connotation « corvée » pour certains collaborateurs. La mise-au-vert, au propre comme au figuré, est le choix idéal. Le lieu doit être agréable et propice à la réflexion tout en permettant les échanges. (Évitez la proximité de la voie ferrée…)

Pour ce qui est du matériel, prévoyez un flipchart (appelé aussi paperboard ou tableau de conférence) avec des feuilles en suffisance. Rien ne vaut le papier: il se conserve, on peut l’afficher dans la pièce au fil des remplissages, la prise de notes est rapide et les effluves des marqueurs vont plongeront dans un état digne des meilleures substances hallucinogènes. Non, sérieusement, le papier, c’est top !

Pour le reste, je vous laisse la liberté d’intégrer en plus tout ce qui peut être suggéré par les participants pour autant que cela leur permette effectivement de se sentir bien et créatifs.
Ah, j’oubliais: on coupe les téléphones et les tablettes, c’est essentiel !

Qui fait quoi ?

En fait, en termes de rôles, il n’y a pas énormément de contraintes: un animateur est nécessaire et celui-ci ne doit pas forcément être le manager de la structure. Son rôle est double: noter les idées au fur et à mesure et « relancer la machine » quand ça sèche un peu. Il peut aussi exprimer ses idées mais en veillant à ne pas s’imposer plus que les autres participants. Je donnerai plus de détails quant à la prise de note plus loin dans cet article.

À côté de cet animateur, il y a les participants, avec tout ce que ça implique de variété de profils humains: le bavard, la râleuse, le timide, l’enthousiaste,… L’animateur veillera à donner un espace de parole à chacun, à encourager les plus réticents à s’exprimer mais sans les forcer, bien entendu.

Est-on prêts à démarrer ce fichu brainstorming maintenant ? Que nenni !
L’enjeu de la séance est-il clair pour tout le monde ? Cet enjeu est-il motivant pour tout le monde ? A-t-il été formulé de manière à nous réveiller, à nous prendre par les tripes ?
Autant de questions qu’il faudra éclaircir avant de démarrer la tempête d’idées. Ce n’est pas un détail: l’implication émotionnelle des participants doit être forte pour qu’ils se donnent à 100%.

Un problème sans solution est un problème mal posé. (A. EINSTEIN )

Un brainstorming de rêve

Bon, allez… Maintenant, vous pouvez commencer à brainstormer comme des petits fous.
Mais encore une fois, pour que cela fonctionne, quelques petits conseils.

À commencer par la forme du brainstorming: vous allez faire un DREAM brainstorming.
« C’est quoi ça, un DREAM brainstorming ? ». Attends, je t’explique.

DREAM, c’est pour:

  • Délire. Cela signifie que pendant un brainstorming, toute idée est bonne à prendre, même celle qui ferait passer Steven Spielberg pour l’inventeur de l’eau chaude. Bref, lâchez-vous et osez même l’impensable car une idée farfelue peut, après relecture, donner naissance à un concept totalement novateur mais réalisable.
  • Respect. Tu trouves que l’idée de Jacqueline est vraiment biesse comme on dit en Belgique. Tu trouves qu’elle aurait mieux fait de la fermer ? Et bien tu gardes ces vilains sentiments pour toi et tu la laisses s’exprimer. C’est un principe de base: tout le monde a le droit à la parole et finalement son idée n’est peut-être pas si nulle ou, en tout cas, sans la sienne, Caroline n’aurait pas eu son coup de génie.
  • Ecrire. Je t’avais dit plus haut que je reparlerais de la prise de note pour l’animateur. Et ben, tu vois, je n’ai pas oublié: c’est ici. L’animateur veillera en effet à bien écrire chaque idée exprimée et avec suffisamment de détails pour que l’on sache toujours de quoi il s’agissait une semaine plus tard en relisant les notes. Bref, écrire « l’idée du tonneau » ne voudra sûrement plus dire grand chose plusieurs jours plus tard…
  • Associer. Ici encore, c’est le rôle de l’animateur que d’associer les idées qui se recouperaient. Mais attention: il veillera toujours à s’assurer auprès des émetteurs des deux idées concernées par une éventuel recoupement qu’ils sont bien d’accord de la proximité de leurs propositions respectives. Cela évite les redites.
  • Maximum. Très simplement: que vous disposiez d’une demi-journées ou de plusieurs, vous veillerez à être les plus productifs possible. Chacun donnera un maximum d’idées en fonction de ses possibilités.

Attention, principe super important à intégrer: brainstorming et évaluation sont deux moments distincts ; on veillera donc (principe du Respect) à ne jamais évaluer la faisabilité technique, humaine ou encore financière d’une idée durant le brainstorming. L’évaluation vient à posteriori, une fois le brainstorming totalement terminé.

J’ai encore deux ou trois trucs à vous dire mais j’en ferai l’objet de mon prochain billet. J’aborderai en détail les méthodologies de pondération/évaluation des idées produites pour faire son ou ses choix. J’en profiterai aussi pour donner quelques astuces destinées aux animateurs pour relancer la machine créative chez les collaborateurs momentanément en manque d’inspiration.

D’ici-là, phosphorez bien et à bientôt !