Lorsque je vivais en Chine, j’avais la chance d’avoir souvent vers moi des étudiants dévoués prêts à m’accompagner à la banque, chez le fournisseur d’accès à Internet ou dans toute autre démarche super sympa. Mais parfois, j’étais seule. Dans ces situations, j’ai quand-même pu m’en sortir…

Du cordonnier à l’agent de police, lorsque je tentais de baragouiner en chinois, tous me tendaient instantanément leur smartphone, pour écrire ou prononcer dans ma langue ce que j’avais à leur dire. L’appli faisait alors le rôle de traducteur et nous pouvions ainsi nous comprendre. J’ai pu récupérer mes chaussures réparées, mon portable volé et beaucoup d’autres choses. Très efficace !

Il fallait toutefois s’armer d’un peu de patience et savoir réinterpréter les messages pas toujours très clairs…

Parfois la traduction n’est pas très juste :

Parfois la reconnaissance vocale a ses limites :

 

Les applis de traduction et d’interprétariat, dont la très populaire Google Translate, sont déjà très pratiques, mais on n’a pas tout vu. L’intelligence artificielle va révolutionner le monde de la traduction.

Paul Fabing nous parlait des prouesses de l’IA, Sébastien Gonzalez évoquait les menaces de l’IA et Nicolas Barret expliquait ce qu’est l’IA et mentionnait également son utilisation dans le tourisme.

Pour moi l’IA entraînera peut-être la fin de l’apprentissage des langues étrangères…

Voici 4 outils récemment lancés  sur le marché, utilisant l’intelligence artificielle pour interpréter une langue de façon instantanée et permettant ainsi à deux personnes parlant deux langues différentes, de converser entre elles.

TRAVIS TRANSLATOR

Travis a été fondé en 2016 à Rotterdam (Pays-Bas). L’équipe est composée de 12 nationalités.

Il se présente sous la forme d’un petit boitier, capable de traduire presque instantanément plus de 80 langues différentes quand il est connecté à un smartphone, et 20 langues (dont le français) quand il n’est pas connecté. Travis est déjà disponible pour les voyageurs et les professionnels qui ont participé à la campagne de crowdfunding et sera également disponible pour les réfugiés syriens dans les centres éducatifs d’OLE en Europe et au Moyen-Orient, afin de les aider à l’apprentissage de nouvelles langues.

PILOT

Inventé par la start-up américaine Waverly Labs, Pilot se présente sous la forme d’oreillettes connectées à un smartphone et qui permettent de traduire instantanément un discours. Les deux oreillettes sont connectées en bluetooth à un téléphone disposant de l’application. Chacun peut alors mettre son appareil et discuter avec l’autre d’une manière toute naturelle, la traduction se faisant dans la seconde suivante. L’outil est actuellement en pré-vente en ligne au prix de 249$.

ILI

Ili a été conçu par un entrepreneur japonais. Petit appareil de la taille d’une clé USB, il est totalement autonome. En intégrant sa propre base de données, il ne nécessite ni Wifi ni connexion 4G. Il réalise des traductions avec un temps de réponse de à 0,2 secondes. Pour ajouter de nouveaux packs de langages et élargir ses possibilités de traduction, il suffit de le mettre à jour.

L’appareil est en vente en ligne au prix de 199$. A ce jour seuls l’anglais, le chinois, le japonais et l’espagnol sont disponibles, mais d’autres langues sont prévues dans un futur proche.

PIXEL BUDS by Google

Google a lancé une nouvelle IA qui va faire faire des progrès très significatifs à son système de traduction instantanée. « Google Neural Machine Translation system » (GNMT), est un système d’ores et déjà utilisée par l’application Google Traduction (Google Translate) pour passer du mandarin à l’anglais.

D’après Google, l’intelligence artificielle réduit de 55 à 85% le taux d’erreur par rapport à la version actuelle de l’algorithme de Google Traduction. Une nouvelle méthode d’apprentissage profond, « long short-term memory » (LSTM) fonctionnant sur le modèle de la mémoire humaine, confère à l’IA la capacité de retenir des informations à court et long termes. Lorsqu’il arrive à la fin d’une phrase qu’il analyse, le système est capable de se souvenir de son début. Il analyse également l’ensemble des mots, la phrase dans sa globalité et dans son contexte, et produit ainsi des résultats beaucoup plus efficaces au niveau du sens.

Par ailleurs, Google lance également ses écouteurs, les « Pixel Buds », capables de traduire 40 langues. Il suffit d’appuyer sur le bouton de l’oreillette droite et dire « Aide-moi à parler italien », « russe » ou « hongrois », et prononcer sa phrase en français. La traduction, est alors prononcée par une voix (un peu métallique) dans le haut-parleur du smartphone sur lequel les « buds » (« boutons ») sont connectés sans fil.

 

 

Sans même parler d’IA, il existe déjà quelques outils bien pratiques et déjà performants. Voici mes trois préférés :

SKYPE TRANSLATOR

Skype translator (disponible sur la dernière version de Skype) permet de traduire en direct les messages instantanés, avec des traductions généralement justes. Il permet également d’interpréter une conversation audio. Un système très impressionnant mais pas encore tout à fait au point…

 

WECHAT

La messagerie chinoise WeChat permet de traduire de très nombreuses langues dans sa langue définie (dans les paramètres de l’application). Les traductions sont généralement justes et permettent donc d’avoir des conversations avec un interlocuteur qui parle une toute autre langue que vous.

J’ai beaucoup utilisé ce système en Chine, pour converser avec des chinois rencontrés par hasard, qui ne savaient pas parler anglais et qui avaient très envie de converser !

Et WeChat ne connaît pas seulement le chinois… !

 

GOOGLE PAGE TRANSLATE

Cet outil est un grand classique, mais rappelons-le, extrêmement pratique ! Il permet de naviguer dans n’importe quelle page d’un site internet en langue étrangère, sans perdre une seule seconde à effectuer des copier-coller dans un traducteur ouvert dans l’onglet d’à côté.

 

Les fabuleux outils qui naissent grâce aux progrès technologiques nous aident à être toujours plus efficaces… parfois à nos dépends car de la mémoire au sens de l’orientation, en passant par le calcul mental, nous perdons certaines facultés que nous ne stimulons plus beaucoup. En sera-t-il de même avec les langues étrangères lorsque l’Intelligence Artificielle aura permis de créer de puissants traducteurs instantanés ?

Que les écoliers et les détracteurs de la langue de Shakespeare ne se réjouissent pas trop vite : l’an dernier, une compétition entre des traducteurs humains et trois systèmes de traduction basés sur l’IA (ceux de Google, de Naver, le « Google » coréen, et de Systran) a été organisée en Corée du Sud. Résultat : les traducteurs humains ont atteint des scores nettement supérieurs aux logiciels sur les textes littéraires, techniques et les articles de journaux à traduire. La machine ne peut pas encore éviter à l’homme d’apprendre les langues étrangères…! 🙂 

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Diplômée de l’ESTHUA de l'Université d'Angers en conduite de projets touristiques, Amélie Perrin a d'abord été chargée de promotion et Animatrice Numérique de Territoire à l'Agence Touristique de la Touraine Côté Sud à Loches. Elle est ensuite partie en Inde, gérer une association humanitaire, et a vécu deux ans en Chine où elle était lectrice de français à la Faculté de Tourisme de l'Université de Ningbo. Après une expérience de directrice d'office de tourisme dans le Tarn-et-Garonne, elle travaille maintenant pour l'Aéroport Toulouse-Blagnac au sein de la direction du développement aéronautique.