jan
24
2012

Si ça continue, je demande la nationalité suisse

Cela en devient énervant : les Suisses excellent dans la promotion touristique, quels que soient les supports qu'ils investissent. 

On ne cite plus les excellentes vidéos, drôles et décalées, dont on vous a déjà beaucoup parlées, ni la campagne Facebook des deux compères Sebi et Paul.

Aujourd’hui, c’est à un autre de leur outil que l’on dédie cet article, ou plutôt à plusieurs outils : leurs applications pour mobile, car ce n’est pas moins de 13 applications qui ont été créées, hyper segmentées et du coup hyper légères. Mon regard a été happé par le supplément du quotidien Le Monde que l'Office national du tourisme suisse a investi la semaine dernière. Une grande segmentation des offres et de nombreuses promotions étaient affichées. Or me souvenant de l'article de Paul Fabing, publié sur les solutions mobiles suisses, je reviens quasi un an plus tard avec le point de vue suivant que je vous expose.

L'équipe de MySwitzerland raisonne davantage en tant qu’éditeur qu’en tant qu’office de tourisme. La segmentation des contenus, correspondant à une cible particulière et non fourre-tout comme on en trouve sur de nombreux territoires français, répond à une vraie réflexion sur les couples cibles / produits : du vrai marketing  ! A chaque cible son produit, comme le font les éditeurs qui savent répartir leurs contenus pour servir au plus près leurs lecteurs. On a donc face à nous une vraie collection d'applications et ça c'est très bien. Il vaut mieux pousser la richesse de l'information que vouloir tout concentrer.

Quelques exemples qui illustrent des parti-pris d'éditeur :

-       Application de ski, principalement basée sur de l’information pratique liée à la météo, aux conditions d’enneigement… pour iPhone et Android.

 Carte des pistes 

 

-       Pour ceux qui préfèrent l’eau, application sur l’ensemble des lieux de baignades : horaires d’ouverture et tarifs des piscines et parcs aquatique, température de l’eau…

-       Application « Swiss events », listant l’ensemble des animations et événements organisés dans le pays, avec des fiches pratiques reprenant textes, photos, vidéos, géolocalisation sur Google Maps, après une recherche à critères (période, type, lieux…). Le site précise que l’application est actualisée quotidiennement par plus de 500 localités ! L'agenda des manifestations et événements culturels et sportifs avec soi : rien de tel pour les décisions d'impulsion touristiques ou d'excursions.

 -       Application iPhone « Swiss Hike » : application de randonnée contenant toutes les informations nécessaires (itinéraires, difficultés) et secondaires mais quand même importantes (hôtels et restaurants à proximité) pour 32 circuits. Voilà un parti pris concret : 32 spots de randonnée plutôt qu'une invraisemblable collection d'itinéraires non positionnés comme on le voit trop souvent (les éditeurs de guides de randonnées jouent aussi cette carte de la sélection et de la collection de guides).

 

-       Une série d’applications de villes, pour visiter les principales cités suisses (Lugano, Genève, Lausanne, Bern, Basel, Zurich, Luzern…).

-       Et comme cela ne suffisait pas, ils ont lié des partenariats avec d'autres organismes, dont la compagnie aérienne Swiss International Airline pour réserver et gérer ses billets d’avion, et la SBB qui propose une application pour les trains (comme celle de voyages-sncf). Le tourisme et les transports fonctionnant ensemble, ça apporte une vraie plus value aux voyageurs.

Toutes les applications suisses ici !

Autre fait remarquable : toutes les applications sont disponibles en 4 langues, rien que ça : allemand, anglais, français et italien, certaines ayant même des versions espagnoles et néerlandaises, et gratuites !

 Ça fait rêver, non ? 

Les petits moins ? Le revers de la médaille, la segmentation ne sert pas tout le monde. Mais le tourisme non plus : à chacun selon ses goûts et ses moyens. 1 seule de ces applications a été développée sous Android, toutes les autres étant sous iOS (mais cela peut changer compte tenu de l'évolution des marchés qui a vu Android passer devant iPhone), et le site amiral n’est pas optimisé pour le mobile.

 Peut-être cela viendra-t-il mais pour l'instant il reste encore d’après les commentaires des mobinautes quelques « bugs » à régler avant de continuer de développer.

Quelques suggestions de création d'applis à nos amis suisses :

  • Une application recensant les meilleurs concierges d'hôtels suisses : on va aussi en Suisse pour l'excellence du service ;
  • Une autre dédiée à la découverte des lieux cultes de l'industrie horlogère suisse ;
  • Une autre sur les meilleurs spots dédiés au chocolat suisse (boutiques, salons de dégustation, industries, musées...) ;
  • Une autre permettant de créer des circuits comprenant des passages devant des coucous suisses remarquables :)
Enfin, vous m'avez compris, la segmentation ça n'offre que des avantages de spécialisation de contenus et de clients, autrement dit au diable les applis où l'on amoncelle les données pour des usages inexistants.

En tous les cas, une telle offre éditoriale segmentée me fait penser que l'ensemble des ressources touristiques suisses pourrait être traitée de la sorte : à chaque instant et à chaque besoin une application de loisirs couplée à une destination, c'est vraiment de la thématisation et du service. Cela doit davantage inciter à de la consommation en mobilité que les applications fourre-tout. Du coup, je me verrai bien devenir Suisse tant je suis admiratif du travail accompli par cette destination.

 

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A propos de l'auteur : François Perroy

François Perroy est aujourd’hui directeur de l’agence Emotio Tourisme, spécialisée en marketing et en éditorial touristiques après avoir créé et animé de 1999 à 2005 l’agence un Air de Vacances. Par ailleurs, il produit et anime différentes publications touristiques comme la lettre Réseau Tourisme de www.territorial.fr, le classeur “Diriger un office de tourisme” chez Territorial.

Précédemment, il a occupé des fonctions de directeur marketing au sein de l’agence Haute Saison (DDB) et de journaliste en presse professionnelle du tourisme à L’Officiel des Terrains de Camping et pour l'Echo Touristique. Il est également auteur de plusieurs ouvrages ayant trait au tourisme :

  • La communication touristique des collectivités territoriales, avec Pierre Frustier, Editions de la Lettre du Cadre Territorial (www.territorial.fr )
  • Le Camping aux PUF (Collection Que Sais Je ?)
  • Divers guides de randonnées et carnets de voyages pour les Editions Glénat
  • De nombreuses publications pour la revue Espaces

Contact : fperroy at etourisme.info (cette adresse apparait en clair pour éviter les robots)

  • http://twitter.com/Xavier83 Xavier Bertschy

    Je réagis à ton article en te recommandant d’aller essayer « MaFondue », une app iPhone / iPad que mon agence à réalisée. Il s’agit d’un petit calculateur pour les recettes de fondues :-) qui plus est, l’app est gratuite :-)  http://itunes.apple.com/ch/app/mafondue/id388622529?l=fr&mt=8 ! Salutations !

  • http://www.facebook.com/dublanchet Ludovic Dublanchet

    Et tout de suisse derrière se pose inévitablement la questions des moyens ! Car segmentée ou pas, une appli c’est tout de suite quelques milliers d’euros (voire en dizaine), et donc un sacré budget pour se doter d’un tel couteau suisse. Mais peut-être ont-ils réussi à mutualiser les moyens  des divers échelons territoriaux ?

  • Jean-Luc Boulin

    Avec son coté visionnaire, Pierre Croizet écrivait il y a presque deux ans (31 mars 2010) un article dans le blog pour préconiser justement de multiplier les applications dédiées. Et l’article s’appelait : « interface élastique de l’iphone et couteau suisse »! (http://www.etourisme.info/interface-elastique-de-l-iphone-et-couteaux-suisses)!
    Ce n’est pas neutre, comme approche, on peut le dire au risque de trop engager nos amis helvètes… C’est en tous les cas convaincant, avec la question budgétaire à poser, comme le fait Ludovic dans son commentaire

  • http://www.facebook.com/profile.php?id=1033442167 François Perroy

    De toutes façons, il faut d’abord se poser la question des contenus prioritaires et ensuite des moyens à y affecter. Je fais le pari que les institutions touristiques suivront bientôt cet exemple de segmentation en applications concises, resserrées sur un sujet et d’un coût plus abordable que les couteaux suisses uniques à tout faire.

    • Pfabing

      Ça François, je crois qu’on peut te démontrer qu’à partir d’un SIT correctement charpenté et bien renseigné, on monte une appli « généraliste » pour bien moins cher qu’une appli dédiée avec des fonctionnalités sympas et « tendance »… 

  • http://www.blog-etourisme.com Mathieu Bruc

    Je ne suis pas du tout convaincu par cette stratégie de multiplication des Applis. Même si je suis aussi admirateur que François sur le travail effectué par les helvètes sans pour autant songer à changer de nationalité. Multiplication des budgets de développements et de promotion (ce n’est pas anodin) ! Et comme le souligne François, avec l’inconvénient majeur de ne couvrir que la minorité des mobinautes puisque Androïd (et les autres) constituent une part de marché plus importante que iOS d’Apple, et la tendance des prochaines années n’est pas très profitable à la marque à la pomme… Voyages SNCF peut se le permettre considérant la non concurrence sur le marché ferroviaire en France et une visibilité toute acquise, une stratégie bien particulière qui n’est à mon avis pas duplicable pour les acteurs touristiques où la concurrence est rude.

    • Pfabing

      Ben tu vois Mathieu qu’on peut être d’accord ;-) En plus on a écrit en même temps nos commentaires…

      • http://www.blog-etourisme.com Mathieu Bruc

        Le désaccord n’est pas toujours négatif, il permet aussi d’avancer entre esprits  intelligents et constructifs (je ne parle pas de moi :) . Mais oui Paul on peut être aussi d’accord ! D’ailleurs je pense que c’est plus souvent le cas que l’inverse ;)

        • Pfabing

          Entièrement d’accord… encore ! ;-)

  • Pfabing

    La démonstration est séduisante, surtout sous la plume de François. Mais on peut être sceptique sur la réalité de ces fameux couples cibles/produits… Le marketing se heurte souvent, et c’est heureux, à l’inépuisable diversité des attentes, des profils et des comportements humains ! Cette vision intellectuelle ne correspond pas à la réalité. L’homo touristicus désire souvent un peu de tout en même temps, comme ceux qui vont au Club Med parce qu’on peut y pratiquer 53 sports… et qui ne feront sur place qu’une ou deux activités…
    Donc multiplier les applis, c’est sympa (d’abord pour les développeurs ;-) ), mais cela oblige les touristes à télécharger des tonnes de choses disparates qui indubitablement viendront encombrer encore davantage nos chères petites machines… C’est assez rébarbatif… et puis pour quel bénéfice par rapport à une appli généraliste bien foutue ? Pour avoir essayé les applis suisses lorsque j’avais rédigé l’article que tu cites, je n’avais pas trouvé partout un vrai avantage à proposer une appli spécifique…Attention à ne pas décourager les gens avec 3 douzaines d’applis à charger pour pouvoir choisir ses activités… Perso, je n’ai vraiment pas envie de me retaper la séquence téléchargements !Franchement qu’on réalise déjà la bonne appli pour faciliter le séjour sur place des touristes… et ensuite qu’on imagine des applis pointues avec des fonctionnalités vraiment attractives là où cela se justifie…  

    Bref ne laissons pas croire qu’il faudrait mettre la charrue avant les boeufs ;-)  

    • http://www.facebook.com/profile.php?id=1033442167 François Perroy

      Ne pas oublier la durée d’utilisation et de conservation d’une appli : en général 1 à 2 mois et hop, poubelle. Dans ce cas, il vaut bien mieux varier et renouveler les publics.

      • Pfabing

        Oui c’est vrai… mais vraiment pas drôle de charger 12 applis pour préparer un voyage…

  • http://twitter.com/christophetavla ChristopheTavlaridis

    La multiplicité des applications peut être une bonne chose, mais il ne faut pas oublier l’essentiel: l’expérience utilisateur. Qu’est ce qui va faire que mon application va être utilisée, et si elle est utilisée, répond-t-elle de la meilleure manière à la demande du client ? 

    De ce point de vue, des applications comme Google Maps par exemple sont la plupart du temps beaucoup plus performante que n’importe quelle application iphone de destination pour renseigner le mobinaute. 

    Ne vaut-il pas mieux privilégier une segmentation pour des applications iPad qui là correspondent à une logique marketing claire et surtout entrent dans le coeur de l’usage touristique de l’iPad: la préparation du voyage.

    Pour résumer, ne vaut-il pas mieux envisager plusieurs applications iPad ciblées pour favoriser la préparation du voyage et une seule iPhone pour répondre rapidement à n’importe quelle demande du mobinaute pendant son voyage ?

  • http://www.labarakadusud.com/ tourisme maroc

    et moi aussi je demande la nationalite suisse


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