J’ai bien dit “Rando” et pas “Rambo”, que les choses soient claires.

J’ai bien dit également “Visibilité”, c’est-à-dire “enjeu”, “mission”, “service”, “public”. Pas moins.
Inutile de s’attarder trop longtemps sur le contexte : la partie est perdue côté “listing d’hébergements”. A force de s’enfermer dans ces foutues limites administratives, de tergiverser au sujet des avis des internautes, et de cadenasser la mise en forme des pages de détail avec l’immaculée syndication… les internautes se sont détournés des sites institutionnels pour aller s‘éclater sur Abritel, Homelidays, Booking… j’en passe.

La partie est mal engagée côté “contenus éditoriaux”. Là aussi, à ne pas vouloir créer des contenus originaux (textes, photos, vidéos) et à passer trop de temps et d’argent à disserter sur la couleur du douzième sous-titre du quatrième menu déroulant, l’audience s‘éloigne, les sites référents avec elle et la mise en favoris aussi. Je ne parle pas du référencement (la quête obsessionnelle de “l’optimisation du code” mériterait un livre entier).

Je sais : je suis cash !

D’autant plus que je crois avoir identifié un champ magnifique où les privés sont peu présents, où le web 2.0 atteint ses limites en termes de production de contenu expert, où les institutionnels sont légitimes parce qu’ils sont quasiment les seuls à détenir l’information et où ils font déjà des choses remarquables, certes encore un peu trop rares, mais remarquables quand même, j’insiste.

Je veux parler de la randonnée, rando pour les intimes, de ses topofiches, de ses cartes, de ses fichiers .gpx et tutti quanti.

Si vous ne l’avez déjà fait, voilà pourquoi vous avez tout intérêt à investir d’urgence ce domaine :

  1. La randonnée est l’activité la plus pratiquée tant en séjour qu’en excursion. Gratuite, elle représente un loisir doux, générateur de retombées indirectes. Tous les territoires de France ont une offre de randonnée, qui est souvent leur élément d’attractivité le plus fort. C’est d’ailleurs à ce sujet touristique que les collectivités consacrent leurs investissements significatifs : aménagement, signalétique, valorisation, entretien. Tout le monde est d’accord là dessus.
  2. Or, généralement, cette offre primordiale, attendue par nos touristonautes, est soit mal traitée dans les sites, soit carrément ignorée : pas de cartographie, ne serait-ce que pour savoir s’il y a des circuits, pas de topofiches téléchargeables. Bref : pas de “service rando” à la disposition des prospects et clientèles.
  3. Cette situation est regrettable car la mise en place d’un “service rando” en ligne est un moteur d’audience et de visibilité extrêmement puissant.
  4. J’en veux pour preuve ces statistiques, très gentiment fournies par l’ADRT de l’Aisne (merci Mathieu) pour son site randonner.fr
  5. Elles démontrent (avec d’autres stats sur d’autres sites équivalents) que la valorisation de l’offre de randonnée est un excellent investissement pour assurer la promotion de sa destination.
  6. Par ailleurs, le site randonner.fr illustre la pertinence d’une stratégie consistant à développer un service thématique sur un site web dédié : affranchi des contraintes liées à une offre pléthorique, le site dédié permet de mieux traiter l’ergonomie et les contenus parce qu’un seul type de clientèle est à satisfaire.Randonner.fr, randonnée, rando
  7. D’autres territoires poussent le bouchon plus loin. Ainsi en est-il de la Drôme Provençale et du Haut-Vaucluse avec la démarche Escapdo.fr, qui rassemble un site portail, une application iPhone, une application Androïd et un site mobile, escapado.mobi sans parler des accès mis en place dans les OT, via des écrans tactiles. C’est pensé “client”, c’est pratique et ça marche ! D’ores et déjà, Escapado compte des milliers de fidèles qui ont téléchargé les applications et services.
  8. L’ADRT Aisne, très en pointe sur le sujet, le CDT du Nord et l’Intercommunale IDETA en Wallonie, ont pour leur part, dans le cadre du programme Inno Rando pour Tous, créé un site commun (en passant par dessus les limites administratives : bravo !) randofamili.com, réalisé par RouteYou (Damned un privé !). Là aussi, les applications arrivent pour 2012.
  9. D’autres enfin fabriquent des contenus et les valorisent sur des portails comme tracesGPS ou Geolives, et pourraient aussi le faire (c’est peut-être déjà le cas) pour uttagawavtt.com ou skitour.com

Dans tous les cas, les institutionnels attirent l’attention sur leur offre dés lors que :

  • Les itinéraires proposés sont de qualité : empruntez un GPS, relevez la trace des sentiers que vous connaissez et que vous aimez. Profitez-en pour relever l’emplacement des points d’eau, toilettes, aires de pique-nique, points de vue. Notez aussi le type de revêtement tant que vous y êtes pour nos amis cyclotouristes, ou rollertouristes, ou poussettotouristes… Allez voir à ce sujet le site américain traillink.com, traitant des voies vertes US. Simple et efficace. Je vous recommande de vous inscrire (c’est gratuit) et de suivre leur actualité, car ils sont extrêmement dynamiques et plein de bonnes idées.
  • L’information en ligne est adaptée à la préparation du voyage (localisation de l’itinéraire de rando, qualification, emplacement précis du point de départ…) et à la consommation du séjour (topofiches en téléchargement, applications de guidage, applications de médiation…)
  • L’information en ligne est motivante : à chaque itinéraire sa récompense, à chaque circuit une expérience. Il faut absolument aider les touristonautes à choisir leur itinéraire. A vous de les motiver avec des vrais arguments plaisirs (et pas seulement : durée, niveau de difficulté, nom de l’itinéraire) : c’est votre grande force ! Vous connaissez déjà le parcours et le territoire !
  • Des outils vraiment pratiques sont proposés : il y a un chantier formidable en matière d’applications smartphones. Par exemple, le besoin se fait sentir d’après moi en matière de : fonds de carte sur mesure, plus adaptés que les TOP 25 ou Google Maps, téléchargeables en embarqué (pas besoin de connexion GSM), animations ludiques (dans le droit fil du géocaching ou, pourquoi pas, des nouvelles formes de jeu en réalité alternée), contenus riches (services pratiques, médias), interactions avec les randonneurs (alertes, micro blogging…).
  • Et puis, à l’heure des OT digitaux, des écrans tactiles, des tables tactiles… la randonnée est un magnifique sujet, prétexte à la manipulation de cartes et de photos et à la mise en beauté d’une destination.

Alors à vos cartes, à vos GPS, à vos appareils photos, à vos carnets !
Vous êtes prêts ?

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Pierre Croizet est né en 1970, à Issoire. Il vit et travaille à Bordeaux depuis 1998. Il est diplômé de l’Institut des Hautes Etudes de Droit Rural et d’Economie Agricole (IHEDREA – Paris) et du DESS Aménagement du Territoire et Economie du Développement Local (Bordeaux IV – IERSO). Il a créé, en 2004, avec Benjamin Bastien, une des premières maisons d’édition électroniques de France, spécialisée dans les guides touristiques et les solutions d’information mobiles. Il intervient depuis 10 ans dans le domaine du développement local et touristique. D’abord consultant auprès du cabinet RCT et du Groupe Caisse des Dépôts et Consignations, il rejoint la Délégation Régionale au Tourisme d’Aquitaine en février 1998. Il intervient depuis janvier 2003 comme consultant senior auprès des cabinets RCT, CRITER et Un Air de Vacances, sur des missions de valorisation touristique des territoires. Ses très nombreuses interventions, menées dans un cadre privé et public, lui donnent une vision du tourisme complète et originale : – TIC et tourisme : création du premier audioguide multimédia sur téléphone 3G, mise en place d’une des toutes premières plateformes opérationnelles d’édition numérique appliquée à l’information touristique… ; – Accompagnement des démarches de développement touristiques : 15 territoires mis en réseau entre 1998 et 2002 dans le cadre de la politique de pôles touristiques en Aquitaine, missions variées relatives à la définition de plans marketing, de projets de territoires, d’organisation des acteurs… dans toute la France… ; – Monde du vin : auteur du guide du tourisme viti-vinicole dans le Bordelais (GMT Editions – 2005, avec Emilie Castanier), accompagnement des viticulteurs d’Irouléguy et du Val de Garonne (avec François Perroy), repositionnement marketing de Planète Bordeaux (avec Un Air de Vacances, 2004), définition de la politique régionale de valorisation de l’oenotourisme (avec Un Air de Vacances – 2003/2004)… Il est, par ailleurs, chargé depuis plusieurs années du cours de « Tourisme et culture » au sein de l’Institut du Développement Local d’Agen. Email : pcroizet at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots)