Image par Robin Higgins de Pixabay

Ce soir, ou plutôt hier soir quand vous lirez ces lignes, la fête de la musique remplissait les rues des villes dans une ambiance presque “normale”… C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup ! 😉

Compte tenu de ce contexte musical, vous serez assez indulgents pour me pardonner ce jeu de mot inspiré par la très belle chanson Le Jazz et la Java, chantée par Nougaro et Yves Montand.


Sentiment dual ce soir entre joie et mélancolie… 

La Java du déconfiné, c’est la joie des retrouvailles familiales et amicales, de revoir ses proches, de retisser des liens parfois distendus par deux mois de confinement, de se retrouver autour d’un repas…
C’est aussi le plaisir de rejouir de certaines libertés, vaquer où bon nous semble (ou presque), sortir sans attestation, etc.
Et cela s’accompagne de débordements débonnaires comme ces foules qui montent à l’assaut des sites naturels… avec justement un naturel très citadin fait de stationnement anarchique, de bouchons, de déchets égarés dans cette nature si belle parce que épargnée par les humains pendant 10 semaines. Bon je peux témoigner que la randonnée alsacienne de ce dimanche était déjà beaucoup moins saturée… 
La vie en société quoi !

Le Blues du déconfit né, c’est de craindre de plus en plus que ce que nous avons imaginé ou espéré ne se produise pas… L’exaltation des réflexions prospectives semble se fracasser sur le très épais rempart du retour à la normale, dans tous les sens du terme.

Dans mon précédent billet, il y a un peu plus d’un mois seulement, je pariais que cette bien étrange période paradoxale  nous offrait l’opportunité d’une transformation du tourisme, fondée sur un nouveau paradigme aux accents de proximité, durabilité, solidarité et humanité. Aujourd’hui, j’avoue me perdre en conjectures en constatant la vitesse avec laquelle les vieilles habitudes et les méthodes éculées reprennent de plus belle, alors que tout le monde s’accordait pour dire durant les échanges confinés qu’il fallait en changer parce que le monde changerait !

Prenons l’exemple de la communication. Toutes les destinations y vont de leurs campagnes très onéreuses avec de très belles images et de très extatiques accroches pour séduire le Français moyen. Mais que sait-on de l’efficience de ces millions dépensés dans une cacophonie de messages publicitaires proposés au même instant et surtout aux mêmes cibles ? Certes on aura renouvelé la comm des destinations, et peut-être rapporté quelques clients, même si les campagnes de promotion des compagnies Low cost vont sans doute “siphonner” très rapidement les mêmes cibles…
Mais n’y a-t-il que ça à faire ? Bien sûr que non.
Ré-inventer l’offre, enrichir l’expérience, fidéliser, travailler la satisfaction, etc. permettrait d’enclencher gentiment cette transformation qui semble pourtant bien impérative pour exister demain (là aussi dans tous les sens du terme).

Bien sûr, comme le bluesman, j’espère faire bouger les gens avec une chanson triste 😉
On peut aussi se dire que cette boulimie communicante n’aura qu’un temps, celui d’un été. J’ai aussi l’impression que les acteurs, dans leur malheur économique, ont mieux compris la forte interdépendance de tous les chaînons de la filière et du coup l’importance d’un travail collaboratif.
Bref, yapluka favoriser, voire participer activement à l’éclosion d’actions fortes pour engager cette transformation, en continuant inlassablement à argumenter auprès des élus et de tous les acteurs.
Bien sûr, a contrario du bluesman, je ne compte pas juste pleurer sur ma guitare !

 

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Paul FABING est directeur du pôle qualité de l'accueil à l'Agence d'Attractivité de l'Alsace (AAA). Architecte de formation, ancien consultant tourisme, chef du service Tourisme de la Région Alsace et directeur de RésOT-Alsace (Réseau des offices de tourisme), il occupe cette fonction depuis 2015. Entre autres missions, l'AAA est propriétaire, gestionnaire et animateur du système d’information touristique alsacien qui consolide l’ensemble des informations recensées par les OTSI et de nombreuses structures partenaires. Plus de 220 sites touristiques institutionnels et publics alsaciens (la totalité en fait), beaucoup de sites nationaux publics et privés, la plupart des éditions papier, les actions de promotion et les outils mobiles s’appuient sur cette base de données pour offrir aux touristes des services fondés sur la même information. Ainsi les OTSI, coordonnés par l'AAA, se sont placés au cœur de la problématique touristique alsacienne et occupent une place prépondérante dans le développement de l’etourisme. Promis, il s’efforcera de ne pas rédiger en Alsacien, et apportera sans doute un petit vent d’est rafraîchissant dans ce blog (les Alsaciens ne sont pas aussi sérieux qu’il n’y paraît…). L’extranet du RésOT-Alsace Alsace. Email : pfabing at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots).