Note de la rédaction :
Durant la crise, les différents contributeurs au blog ne peuvent pas faire comme s’il n’y avait pas de #COVID_19. Nous nous sommes réunis (virtuellement !) pour vous apporter des réponses adaptées face au défi que notre société et notre secteur du tourisme affrontent. Nous vous proposons donc des billets de blog adaptés et plus nombreux, de nouveaux formats, des réflexions et des outils pour passer le temps du confinement sans le perdre. N’hésitez pas à nous faire vos propositions et retours.

Dans cette phase de confinement face au Covid-19, l’audience des sites Web de destinations touristiques est en chute libre, évidemment les voyageurs ne se projettent pas sur leurs prochains périples mais sur du concret à court terme comme faire ses courses, garder ses enfants ou trouver des occupations quotidiennes quand ils ne sont pas en télétravail. Les réseaux sociaux restent relativement épargnés de cette chute d’audience, néanmoins la question de la pertinence du contenu se pose autant que sa visibilité et son timing de publication.

Une nouvelle chaîne de solidarité a été inaugurée à l’initiative commune de plus d’une trentaine de villes en France dont l’objectif est d’inciter les utilisateurs à partager sur les réseaux sociaux, des photos prises depuis leurs fenêtres.

Couché de soleil puy de dome

Un espace médiatique atrophié et monocorde

Les réseaux sociaux sont considérés comme une des premières sources d’informations en ligne notamment chez les plus jeunes, et les complotistes, là c’est plus inquiétant. Les fakes news en cette période de confinement vont bon train et les animateurs de communauté peuvent contribuer à lutter contre.
Il est sur toutes les lèvres, même celle des enfants, le Coronavirus aussi connu sous son petit nom Covid-19 occupe tout l’espace médiatique. Comme si la Terre avait cessé de tourner et que les difficultés sociales et bien plus grave encore les guerres, famines et autres infamies, étaient elles aussi en confinement. De quoi se poser aussi des questions sur le traitement médiatique trop souvent monocentrique qui passe invariablement d’un sujet à l’autre sans vision d’ensemble, comme emporté dans une course à celui qui dégainera le plus rapidement sur L’ACTU DU MOMENT, où la forme et la rapidité de publication prennent le dessus sur le fond. Un espace médiatique qui s’est ainsi considérablement réduit à celui géopolitiquement plus préoccupant de la fermeture de l’espace Schengen. Inimaginable à l’heure d’Internet et des moyens de communications qui traversent toutes les frontières ou presque. Nul doute que la radio ou une certaine presse restent encore des espaces d’informations intéressants et qui tentent de se renouveler dans le contenu, hélas ils ne concentrent pas la plus grande audience.

Vers de nouveaux comportements touristiques ?

Les sociologues s’affrontent, souvent se rejoignent, tous disent que nos comportements en société et de consommation vont radicalement changer, tourisme y compris. Parmi les pires scenarii, une récession économique latente et accélérée par la pandémie, avec une réduction de la consommation, le blocage de certains investissements et un chômage à 30%. Même si au fond qui peut prédire ce que sera notre futur dans quelques semaines quand le quotidien aura repris le dessus. Nos vies seront-elles si différentes après plusieurs semaines de confinement ? Personne n’a vu venir cette pandémie mondiale, brutale, soudaine, peut-être minimisée par les chinois, une des premières clientèles touristiques mondiales jusqu’ici. Si l’industrie du tourisme sait faire preuve de résilience, la suspicion est parfois tenace et risque peut être de changer la donne sur l’accueil des clientèles chinoises à moyens termes. Pire toutes les clientèles asiatiques pourraient payer la note face aux amalgames.

“Décidément chérie, j’adore la cuisine chinoise”.

Entendu au restaurant thaïlandais

Nous pestons un peu contre ce confinement. Il est pourtant nécessaire, salvateur. Un confinement de luxe, j’entendais à la radio. C’est tellement vrai, tant que nous ne sommes pas malades, nous avons de quoi nous nourrir correctement et nous occuper grâce aux nombreux loisirs accessibles notamment en ligne. Alors que d’autres s’acharnent à sauver des vies comme tous les jours de leurs métiers de soignants, dans des conditions démesurées. On applaudit, on redécouvre, presque avec étonnement, la nécessité vitale de leurs métiers. L’hôpital public appelait à l’aide bien avant cette pandémie, peut être sera-t-il enfin écouté ?

C’est certain quand tout sera terminé, on va vouloir se retrouver en famille, entre amis pour faire la fête. Profitez de la vie jusqu’à la prochaine épidémie que l’on espère lointaine et moins brutale. Entre temps, il va falloir relancer la machine économique et réévaluer les priorités dans les loisirs. La convivialité, le plaisir d’être ensemble seront certainement en tête des envies. Les restaurants, les sites touristiques, tous les lieux accueillant du public vont peut être connaître un boost économique salvateur. Souhaitons-le !

Bref je m’égare mais en résumé, on ne sait plus où donner de la tête. On croule sous l’information redondante et anxiogène et les prévisions dont l’incertitude par essence est un facteur supplémentaire d’inquiétude.
Et pourtant, il y a des signes positifs. On voit des initiatives solidaires ici et là pour aider les soignants, les aînés, les plus démunis. La diminution des déplacements soulage l’environnement. La nature et les animaux reprennent leurs droits sur des territoires désertées momentanément. On entend même les oiseaux chanter en ville quand les véhicules sont à l’arrêt ou presque. On respire aussi moins de CO2 des pots d’échappements, mais gare à la pollution inodore de l’air intérieur. Le printemps est là. Le soleil aussi, à nous narguer de l’autre côté de la fenêtre, le coquin. Et surtout, nous sommes en vie pour les plus chanceux d’entre nous !

La lumière derrière la fenêtre #Fenetresur

La lumière vient du noir

Pierre Soulages

Dans ce contexte, il est difficile pour les organismes de gestion touristiques de trouver la tonalité juste, de prendre la parole sur les réseaux sociaux de manière circonstanciée et pertinente.

Certains continuent à jouer leur rôle d’information touristique en communiquant sur les bons plans accessibles depuis chez soi, quelle bonne idée, comme à Bordeaux, Lyon, dans le Bassin d’Arcachon ou même Clermont en Auvergne.

Mais tous sont confrontés à une équation à deux inconnues :

  • Comment faire de la promotion touristique alors que nous sommes toutes et tous contraints à rester chez nous ?
  • Comment être visible, moi toute seule destination touristique, dans ce flux quotidien et incessant d’infobésité obsessionnelle.

La solution est dans la solidarité et dans la génération de contenus utilisateurs : même confinés prenons toutes et tous la parole !

Si tous les Offices de tourisme ou presque avaient dans l’idée d’inciter les habitants à prendre la parole sur les réseaux sociaux notamment en période de confinement, l’Office de Tourisme de Marseille a eu la bonne idée de convier bon nombre de destinations pour une visio conférence afin d’amplifier le mouvement sur le territoire national.

Quelle belle invention la visioconférence, notamment pour celles et ceux qui oublient de couper leur micro à la fin et nous offrent de bons moments de rigolade : dédicace Michèle 🙂 Plus sérieusement, comment pourrait-on s’en passer aujourd’hui ? Comment cette opération collective aurait-elle pu être possible aussi rapidement ? Alors oui cela ne fonctionne pas toujours nickel nickel, mais avec quelques bonnes pratiques c’est quand même très efficace (couper la caméra quand la connexion est faible, désactiver le micro quand on ne prend pas la parole, attendre son tour plutôt que de couper la chique à son voisin virtuel, etc.). Et puis, j’ai l’impression que l’on va naturellement à l’essentiel et que la durée des échanges sont plus courts que pour un même ordre du jour traité en présentiel. Gagnerait-on en efficacité et en productivité ? Le télétravail pourrait bien se généraliser davantage après cette période d’essai à marche forcée.

Comment ça marche ?

Nos visions vers l’extérieur peuvent être empreintes de poésie, d’humour, d’espoir et de lumière. Certains sont mis lotis que d’autres. Le clivage social passe aussi par la vue de sa fenêtre sur cour ou de sa lucarne sur la gouttière du voisin. Mais tout est événement quand on prend le temps de poser son regard. Chaque vue étant unique, les habitants des villes comme des campagnes sont invités à partager leurs plus belles photos prises depuis leurs fenêtres, et même de leurs intérieurs. En variant les envies et en montrant aussi les lieux qui nous manquent, des idées culinaires, des passe-temps ou lectures du moment.

Chaque destination peut décliner le hashtag à sa guise sur le format #fenetresur et afficher l’étendard national #fenetresurlaFrance. En voici quelques exemples ci-dessous.

Puis chacun est libre de partager les contenus des utilisateurs en stories sur Instagram ou dans un album photos Facebook.

À vos photos !
Avant d’échanger nos places, avec la lumière, derrière la fenêtre !