Rien de pire que de bosser dans une organisation pour laquelle on ne croit pas ou plus aux produits, aux services, aux valeurs, au projet d’entreprise, aux collègues…
Rien de pire que de piloter une organisation dans laquelle les collaborateurs ne croient pas ou plus aux produits, aux services, aux valeurs, au projet d’entreprise, aux partenaires…
D’ailleurs pourquoi êtes-vous fiers de travailler là où vous êtes déjà ?  Quels sont les sujets au boulot pour lesquels vous vous tirez la bourre tous les matins ?  Ou même quels sont les sujets et projets qui aiguisent votre curiosité et votre intérêt dans votre organisation ? C’est sûr, il y en a.
Vous avez d’ailleurs certainement déjà partagé et relayé une information sur votre organisation ou ces fameux sujets et projets. Si vous l’avez fait, c’est déjà que vous avez été informés ou que vous vous êtes informés. Vous avez cru en cette information. Peut-être l’avez-vous créée vous-même. Vous l’avez en tout cas assimilée, comprise. Cette information vous a semblé pertinente. Vous vous êtes sentis prêts à vous engager pour en parler.  
Alors vous avez été logiquement un relais d’information de votre entreprise en la partageant sur votre réseau social ou dans vos cercles de discussions et d’affinités professionnels ou personnels.

« Informer, engager, relayer ». Voici un triptyque au cœur d’une démarche d’Employee Advocacy. Ou comment les collaborateurs deviennent les premiers ambassadeurs de l’entreprise et de ses services ?

Employee… quoi ?

L’employee advocacy est une démarche amenant les collaborateurs à devenir les premiers ambassadeurs de l’entreprise dans leur vie professionnelle et aussi parfois dans la vie de tous les jours. Cela passe notamment par le partage des contenus sur leurs propres canaux de diffusion. Avant de parler de canal de diffusion, il s’agit surtout d’une vraie tendance de fond qui émerge et s’ancre dans les organisations. C’est une démarche interne, qui se prépare et surtout qui s’anime. En gros, vos premiers ambassadeurs sont déjà chez vous !

Cette stratégie de collaborateurs ambassadeurs ne se prend pas par le prisme du marketing d’influence tel que nous le voyons depuis plusieurs années avec les vlogueurs, blogueurs, influenceurs, etc . Il ne se prend pas non plus par le prisme de l’outil ou du réseau social x ou y. C’est surtout une démarche liant richesses humaines, sentiment d’appartenance, reconnaissance, sens, et même carrément stratégie de marque employeur.
Nous sommes face à une vraie coloration donnée au management souhaité. Cela assoit les processus initiés dans bon nombre d’entreprise autour de la qualité de vie au travail, le bien-être, le co-construction et le partage d’une vision d’entreprise. Cela nourrit donc les efforts pour fluidifier la circulation de l’information en interne.

« Ces différentes démarches « portent la même ambition : faire en sorte que chaque collaborateur soit positif, impliqué, prenne des initiatives et fasse sien les objectifs de l’entreprise ». Extrait de l’article Les 4 leviers pour mettre vos collaborateurs au cœur du Business model.

Pourquoi s’en soucier ?

En terme de cohésion d’équipe tout d’abord. L’employee advocacy permet d’animer une dynamique de productions et de valorisation de contenus liés à la structure. Ces contenus mettent en avant les services ou valorisent les expertises de collaborateurs ou des moments de vie de l’entreprise ou fait un focus sur des articles, des résultats et des actions diverses. Les formats sont multiples et allons chercher du côté de l’inbound marketing.

Intégrer une logique d’employee advocacy permet aussi de se refocaliser sur les premiers usagers de la marque et des services : le collaborateur. Comment voulez-vous que le client final soit 100 % satisfait si les usagers internes ne sont pas informés et/ou n’adhèrent pas à leur propre entreprise et à ses services ? Prenons l’exemple simple d’un restaurant quand vous êtes servis par un serveur qui tire la tronche car il en prend plein la tête par son manager durant le service ? Que pensez-vous de ce restaurant ? Qu’en direz-vous à votre entourage ? Mais le serveur lui-même, que dit-il à ses clients et à son entourage ? Quelle image dégage-t-il pour le restaurant ? Que va-t-il se dire sur l’entreprise quand le salarié n’y sera plus ? Vous vous rappelez de Glassdoor déjà partagé dans ce blog.
A ce titre, une étude sur le désengagement des employés, relayée ici, indique que seulement 14 % des employés font la promotion de leur entreprise et la recommanderaient à leurs proches, alors que 56% ont tendance à en dire plutôt du mal.

L’employee advocacy est aussi directement lié à la stratégie RH de l’entreprise. Il s’agit en effet d’impliquer et valoriser ses collaborateurs pour les garder, être visible positivement pour attirer de nouveaux talents, communiquer sur la philosophie et les conditions de travail.

L’employee advocacy est aussi révélatrice d’une vraie évolution dans le regard porté par les équipes encadrantes sur l’usage des réseaux sociaux par les collaborateurs. On est bien loin des limites d’accès au travail, voire de l’interdiction de parler de l’entreprise sans verrouillage des cabinets, dir‘ com’ ou autres instances verrouillantes internes.

Pour des entreprises commerciales qui cherchent à trouver de nouveaux prospects à convertir en client, l’employee advocacy est un canal redoutable. En effet, l’employé diffuseur est un tiers de confiance absolu pour son cercle affinitaire récepteur. Ne rougissez pas, vous faites ça dès que vous publiez fièrement la nouvelle video de votre destination auprès de vos amis.

Il faut cependant faire la part des choses car le travail prend déjà beaucoup de temps physiquement et mentalement. Il faut se laisser respirer et le propos n’est pas là de faire une apologie du collaborateur super-communicant de l’entreprise sans filtre, sans encadrement, sans liberté.

Pourquoi un collaborateur se lancerait-il… ou pas ?

Pour ce paragraphe, je me suis prêté à une petite expérience toute simple en questionnant des amis qui travaillent dans différents secteurs. Voici une liste de réponses brutes à trois questions après mis en contextualisation.

Alors pourquoi tu voudrais partager/relayer des éléments de ton entreprise ?

  • Si le sujet m’intéresse même si ce n’est pas dans mes compétences ou dans mes missions.
  • Si je m’intéresse personnellement au sujet, en lien avec mes convictions.
  • Si le sujet fait écho à un sujet de société qui me tient à cœur.
  • Si cela me permet de révéler une partie de ma personnalité auprès de mon cercle de connaissance perso qui ne connait pas cette partie « professionnelle » de ma personnalité.
  • Si cela valorise le travail d’un collègue et que le sujet me plaît.

Pourquoi serais-tu prêt.e à créer du contenu toi-même pour l’entreprise ?

  • Si le sujet me passionne.
  • Si ça fait rêver.
  • Si cela valorise mon travail car c’est rare d’avoir du retour sur ce qu’on fait.
  • Si on m’explique le rôle à avoir car je considère que s’appuyer sur les employés est une démarche pertinente pour la communication de la boîte.

Pourquoi tu ne le ferais pas tout ça ?

  • Je serai moins motivé si ma boîte n’intègre pas naturellement cette démarche dans mon travail. Ce n’est pas à faire dans le temps libre.
  • Je ne le ferai pas si ce n’est pas valorisé en interne.
  • Je ne le ferai pas si c’est obligatoire.
  • Je ne le ferai pas si on commence à me filer une carotte pour le faire et me prendre pour un jambon.

Qu’en retenons-nous ?

On voit là qu’un peu de reconnaissance personnelle ne fait jamais de mal mais c’est surtout la valeur du sujet aux yeux du collaborateur qui fait le plus écho. Le fait de valoriser le travail de son collègue est aussi un facteur d’engagement. Le fait d’avoir des collaborateurs qui communiquent naturellement, en s’auto-disciplinant sur l’intérêt de diffuser telle ou telle information, semble être une bonne pratique.
Comme toute démarche engageante, il faut partir du principe qu’il y a des cycles avec des phases d’euphorie et d’épuisement. Les bonnes volontés du début seront inévitablement en perte de vitesse au bout d’un certain moment. Il y a donc une stratégie d’animation et de redynamisation à anticiper. Le partage de veille, le partage d’expertise, la reconnaissance des travaux menés et des actions collectives permettront d’animer sur la durée cette démarche d’équipe.

On en revient aussi au préalable : un collaborateur informé, qui trouve du sens à ce que fait son entreprise et ce qu’il fait dans celle-ci, relaiera naturellement les informations, voire en sera le producteur.

Deux exemples terre-à-terre pour finir

Je vous invite à lire cet article rédigé par trois drôles de dames du réseau parties sur les routes à la rencontre de collègues pour peaufiner leur projet de réaménagement d’office de tourisme. Un premier article rédigé pour elles, simple, illustré, qui font d’elles des ambassadrices de leur office de tourisme et qui a connu un peu de viralité sur les réseaux sociaux

Et que dire de l’article de Sophie dans ce blog « Devenez une équipe éco-responsable » qui valorisait il y a quelques semaines les actions de son office de tourisme autour de l’engagement environnemental.

De la liberté, de l’intérêt et hop bon week-end

Sources :

https://www.forbes.fr/management/employee-advocacy-faire-des-salaries-des-ambassadeurs-de-marque

https://www.limber.io/employee-advocacy-entretenir-interet-collaborateurs/

https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2015/04/6685-comment-inciter-les-salaries-etre-de-nouveau-engages/

http://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2019/04/25222-les-4-leviers-pour-mettre-vos-collaborateurs-au-coeur-de-votre-business-model

https://blog.sociallymap.com/infographie-employee-advocacy-pourquoi-ca-marche/

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Jean-Baptiste est en charge de la transformation des missions et l’évolution des compétences dans les offices de tourisme. Conseiller, former, mettre en réseau, être en veille et partager représentent son quotidien depuis 2009 au sein de la Mission des Offices de tourisme de Nouvelle-Aquitaine (MONA). Il accompagne entre autres les offices de tourisme dans une approche transversale de la "transition numérique" et déploie le Schéma d’Accueil et de Diffusion de l’Information (SADI). Il intervient comme formateur, animateur de réseau et de groupes de travail et une amène des équipes à repenser la relation client avec les voyageurs et les partenaires privés avec une réelle remise en question des missions, services et habitudes de travail. Il sert aussi d’interlocuteur privilégié à des entreprises et start-ups cherchant à déployer de nouveaux services et expérimentations innovantes dans le réseau des offices de tourisme de Nouvelle-Aquitaine. En conférence ou animation, Jean-Baptiste intervient également lors de rencontres professionnelles ainsi que dans différents Master sur les stratégies numériques et la gestion de la relation client. Ni développeur web, ni geek, ni informaticien, c'est un géographe de formation pour qui les notions de développement local et de développement économique ont du sens. C’est par ces différentes entrées qu’il apporte ses points de vue et sa veille comme rédacteur invité du blog. Son mail : jean-baptiste.soubaigne@monatourisme.fr