Depuis longtemps je milite pour dépouiller les interfaces des sites touristiques. Tout nous y pousse et notamment 2 constats. Le premier tient au fait que le tourisme rime avec vacances, plaisir et curiosité… et pas avec prises de tête, encyclopédie ou encore décryptage du langage technocratique. Le second concernent les terminaux qui se réduisent, se “tactilisent”… les petits écrans et les gros doigts pénalisent les navigations pointilleuses…
Mais qu’il est difficile de convaincre les élus, les institutionnels, les techniciens…

En m’intéressant aux phénomène des Greeters, j’ai découvert une illustration très significative du principe de simplicité qui devrait guider nos chers organismes institutionnels et très très officiels.

Examinons quelques exemples parlants :

1) Les Hauts-de-Seine : quand la simplicité confine à l’austérité clinique !

Site très dépouillé… 4 onglets bien clairs. Message clair…
Mais bon, quand même un peu austères les Altoséquanais (sic !), non ? 

Bref, un site qui ne donne pas une envie irrésistible de rencontre avec l’habitant…

 

 

 

2) La Bourgogne : pourquoi faire simple et avenant ?

Désolé, amis bourguignons, mais il faut quand même vous dire que votre site date dans sa forme avec des messages mal hiérarchisés, une barre de menu peu visible, des textes à rallonges, et dans son contenu avec un texte très “administratif” et une image pas vraiment dynamique.

Me trompe-je ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3) Lyon : quand clarté et beau graphisme nuisent à la découverte…

Un “beau” site, au graphisme soigné et au design moderne. Des symboles pour expliciter le contenu, des messages clairs. Bref que du bon !

Malgré cette simplicité, le regard se perd entre les onglets du haut, les boutons du milieu et le menu de droite… Une impression également de rigueur pas très illustrative de la convivialité du concept de Greeter.

 

 

 

 

 

 

4) Nantes : quand l’expérience devient fun, mais un peu compliquée…

Alors là, ambiance toute différente du 92 ! On sent qu’à Nantes on va s’amuser en découvrant la ville. 

L’approche graphique accroche le regard par sa fraîcheur, son dynamisme et son originalité. Par contre, il faut gigoter de la souris pour découvrir des messages qui n’apparaissent qu’au survol et qui restent parfois un peu abscons… 

 

 

 

 

5) La Champagne : quand tout devient clair… ou presque

C’est sans doute le site le plus récent. Photo pleine page, navigation très épurée… Parfait !

Personnellement, je goûte assez peu aux titres qui débordent de leur cadre, mais bon, c’est peut-être une mode et il faudra s’y faire…

 

 

 

 

 

 

6) Mulhouse : quand le meilleur est alsacien… je n’hésite pas à le dire ! 😉

Admirez ! Un titre simple et complet, 4 boutons, un graphisme paisible et gai. 

En plus un symbole de paix et de fraternité, sans doute une référence à la “Main ouverte” de Le Corbusier à Chandigahr

Vraiment une belle réussite qui d’ailleurs a été remarquée et citée lors du dernier congrès international du mouvement des Greeters aux États Unis.

 

 

 

Ce petit (et partiel) tour d’horizon des sites de Greeters montre que sur cette thématique spécifique, les institutionnels tendent vers une simplification des interfaces, une clarification des messages avec quelques boutons seulement, sans pour autant appauvrir le contenu.
Et pourtant il s’agit bien de séduire des touristonautes et de leur permettre de s’organiser en ligne, bref de vendre une destination. Il me semble que l’on est assez proches des objectifs assignés à nos sites institutionnels…

Bien sûr ces sites de Greeters “accompagnent” des sites officiels, et n’ont donc pas à en reprendre toutes les fonctions. Toutefois, je parie que les sites “de destination” vont naturellement et progressivement suivre cette tendance de bon sens. On le voit bien notamment avec le site de Mulhouse, cette simplicité, accompagnée d’un graphisme soigné, propose une invitation à la découverte beaucoup plus incitative que les sites “vitrines” où tout doit être accessible directement depuis la page d’accueil. 

Une tendance de fond sans aucun doute… Qu’on se le dise, qu’on s’y prépare… et fonçons !!! 

Voilà quelques exemples qui nous, vous permettront peut-être d’argumenter en ce sens pour infléchir les décisions… En connaissez-vous d’autres qui pourraient utilement consolider ce discours ? 

 

 

 

PARTAGER
Article précédentLe meilleur d’etourisme.info
Prochain articleGoogle Map Maker, la eréputation cartographique de mon territoire
Paul FABING est directeur du pôle qualité de l'accueil à l'Agence d'Attractivité de l'Alsace (AAA). Architecte de formation, ancien consultant tourisme, chef du service Tourisme de la Région Alsace et directeur de RésOT-Alsace (Réseau des offices de tourisme), il occupe cette fonction depuis 2015. Entre autres missions, l'AAA est propriétaire, gestionnaire et animateur du système d’information touristique alsacien qui consolide l’ensemble des informations recensées par les OTSI et de nombreuses structures partenaires. Plus de 220 sites touristiques institutionnels et publics alsaciens (la totalité en fait), beaucoup de sites nationaux publics et privés, la plupart des éditions papier, les actions de promotion et les outils mobiles s’appuient sur cette base de données pour offrir aux touristes des services fondés sur la même information. Ainsi les OTSI, coordonnés par l'AAA, se sont placés au cœur de la problématique touristique alsacienne et occupent une place prépondérante dans le développement de l’etourisme. Promis, il s’efforcera de ne pas rédiger en Alsacien, et apportera sans doute un petit vent d’est rafraîchissant dans ce blog (les Alsaciens ne sont pas aussi sérieux qu’il n’y paraît…). L’extranet du RésOT-Alsace Alsace. Email : pfabing at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots).