Les Francophonies de l’Innovation Touristique (#FIT19) se déroulent la semaine prochaine à Montréal. Cette manifestation qui en est à sa huitième édition, regroupe des experts du tourisme de toute la francophonie (Suisse, Wallonie, Québec France, Outre-Mer). Les “Francos” ont été créées à l’initiative du blog etourisme.info et de la chaire de tourisme Transat de l’Université de Québec à Montréal. Objectif de ces rencontres : échanger pendant deux jours sur des problématiques communes mais vécues de façon différente selon nos cultures, ou nos organisations, d’un pays à l’autre. A l’issue de ces deux jours intenses de réflexion, une conférence publique est donnée pour les acteurs du tourisme de la destination accueillante.

A noter que en 2019, l’office de tourisme de Montréal fête ses 100 ans, et que l’accueil des Francophonies s’inscrit dans cette célébration.

L’innovation est au cœur des débats qui mobilise durant trois jours ces 25 participants. Cette année, une attention particulière est mise sur le lien entre innovation et territoire, entre innovation et start-up, avec une question centrale : comme amener l’innovation jusqu’au coeur des territoires touristiques ?

Lors des Francophonies 2018

Un réseau d’incubateurs pour les start-up du tourisme

Le tourisme profite, depuis 2013, de l’initiative du Welcome City Lab de Paris, premier incubateur totalement dédié au tourisme. A son image, plusieurs incubateurs se sont développées un peu partout en France.

Ces incubateurs sont regroupés au sein du réseau France Tourisme Lab, coordonné par la Direction Générale des Entreprises.

France Tourisme Lab compte aujourd’hui 6 structures d’accompagnement :

  • Le Welcome City Lab (Paris) – positionné sur le tourisme urbain.
  •  Atelier D (Deauville) – en cours de positionnement.
  •  Le Slow Tourisme Lab (Troyes) – positionné sur le slow tourisme, l’itinérance douce.
  •  L’Open Tourisme Lab (Nîmes) – en cours de positionnement.
  •  Le Provence Travel Innovation (Marseille) – positionné sur la mobilité touristique.
  •  Le Tourisme InnovationLab (Angers) – positionné sur la pré-incubation et les projets étudiants.

Le Welcome City lab a même fait des émules à l’étranger, puisque le MT Lab de Montréal, qui est partie prenante de cette édition des francophonies est le cousin québécois de l’incubateur francilien.

Comment mieux accueillir l’innovation dans les territoires et destinations touristiques ?

Malgré l’existence de ces incubateurs on peut aujourd’hui se poser la question de l’accès à l’innovation pour les territoires touristiques ? Ont-ils profité de l’émergence de ces start-ups pour eux-mêmes progresser en matière d’innovation ?

On peut également se poser la question de l’accès à l’expérimentation dans les territoires pour ces mêmes start-ups ? Ont-elles pu tester le marché in vivo?

En introduction de cette semaine de réflexion québécoise, et en écho aux pensées estivales sur l’innovation de Nicolas Barret dans ces colonnes, je voudrais lancer quelques questions qui seront débattues lors de ces #FIT19

#question1 : l’innovation est-elle forcément numérique ?

Pour beaucoup de responsables locaux (voire régionaux ou nationaux), innovation rime avec numérique. Or le numérique commence à être plus mature dans dans l’activité touristique.
Faut-il donc toujours passer par la fabrication d’une application ou d’un dispositif numérique pour être innovant? Ou bien faut-il aussi raisonner en terme de service ou de produits : hébergement vieillissant, relations avec le consommateur défaillant etc.

Est-ce une nouvelle façon de penser pour les acteurs locaux ?

#question2 : l’idée est-elle préalable à l’analyse du besoin ?

Très souvent l’innovation et l’expérimentation se réalisent dans un seul sens, de la start-up vers le territoire. Vous avez tous assisté à un pitch de start-up. «J’étais à Paris, je ne trouvais pas de taxi, j’ai eu l’idée de créer Uber ». Ou bien “Je voulais passer mes vacances dans un lieu sans touristes, j’ai eu toutes les peines du monde à trouver! alors j’ai créé l’appli magique qui recense tous les endroits sans touristes..” 🙂

Bon, il n’y a pas toujours un marché derrière le ptich, et c’est bien ça le problème des start-up !

Faudrait-il donc inverser le mécanisme, et commencer par identifier les problématiques du territoire, ses besoins, et faire intervenir les acteurs de l’innovation, ceux qui ont les idées ?

Oui, mais en raisonnant comme celà, on aurait peut-être jamais inventé AirBnB ou une autre histoire à succès…

#question3 : le concept de start-up destination est-il crédible?

Après la start-up nation chère à notre président, faut-il construire des start-up destination? Ou les codes de l’innovation présideraient à toute réalisation, où les entrepreneurs éclairés résoudraient les problématiques de développement local, où les “jeunes pousses” seraient les meilleurs conseillers de nos élus locaux ?

C’est évidemment provocateur! Mais la question de l’acculturation des responsables locaux à l’innovation est un vrai challenge.

La confrontation montréalaise entre experts wallons, valaisans, québécois, et des quatre coins de France, entre incubateurs, offices de tourisme, consultants, enseignants, start-ups apportera des réponses et peut-être d’autres questions!

Rendez-vous dans ces colonnes après le 15 juillet pour un retour des Francophonies. Et, du mardi 09 au vendredi 12 juillet, vous pourrez suivre l’évènement sur les réseaux sociaux avec le mot dièse (on va au Québec, je soigne mon français) 🙂 #FIT19

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Jean Luc Boulin est directeur de la Mission des Offices de Tourisme Nouvelle-Aquitaine (MONA). Cette structure, unique en France, regroupe les Pays Touristiques et les Offices de Tourisme de Nouvelle-Aquitaine. Elle est soutenue par le Conseil Régional. Deux missions principales lui sont confiées : la structuration touristique des territoires et la professionnalisation. Dans ce cadre là, la MONA assure une veille permanente sur le etourisme et accompagne des expériences dans son réseau. Directeur de l’office de tourisme de l’Entre-deux-Mers (Gironde) et du pays d’accueil touristique du même nom pendant plus de dix ans, Jean Luc Boulin dirige la MONA depuis sa création en 2003. Le manque de source d’information au même endroit sur le etourisme institutionnel et le besoin d‘échanger sur cette formidable mutation du métier des offices de tourisme vers l’Internet ont donné l’idée à Jean Luc Boulin de créer ce blog “etourisme.info”, qui se veut être le creuset de l’etourisme institutionnel sous toutes ses formes. Jean-Luc Boulin est également enseignant en Master Tourisme AGEST (aménagement et gestion des sites et territoires touristiques) à l'université de Bordeaux Montaigne. Le site Internet de la MONA. |Email : jlboulin at etourisme.info (cette adresse apparait en toute lettres pour éviter les robots). |Twitter : @JeanLucBoulin