Airbnb n’en finit pas de tisser sa toile dans tous les moments du parcours voyageur. Aujourd’hui, petit point d’actualité en écho aux billets qui traitent de ce sujet par intermittence dans le blog. Airbnb et l’immobilier, Airbnb et la restauration, Airbnb et Bienvenue à la Ferme sont au programme. Puis, lors d’une virée touristique avec Ludovic cette semaine, nous avons eu droit à Airbnb à la radio avec une interview matinale d’Emmanuel Marill, directeur général d’Airbnb France. Il rappelait qu’Airbnb représente 400 000 annonces, que Paris est bien la ville avec le plus d’annonces au monde (65000), et qu’ils ont eu pas moins de 8,3 millions clients en 2016. Rendez-vous à la fin de l’article pour les dernières nouvelles sur la concurrence déloyale, la taxe de séjour, les nuitées maximum pour les hôtes.

En tout cas, la collection de services qui s’agrègent commence vraiment à me faire penser à la collection des albums de Martine. Remplaçons Martine par Airbnb et nous pouvons avoir un début de sourire : Martine fait la cuisine, Martine à la Ferme, Martine fait du camping, Martine prend l’avion, Martine découvre la musique, Martine a une étrange voisine…

Martine fait la cuisine

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Il y a déjà Airbnb Expériences pour découvrir certaines destinations avec des locaux via des activités proposés par des hôtes. On peut y trouver des cours de cuisine. Autour de la restauration, nous avions déjà vu apparaître des opérations avec les « Airbnb de la table » comme Vizeat qui annonçait dès septembre 2015 un partenariat annuel pour l’Airbnb Open annuel. Vizeat propose d’aller manger chez des habitants qui vous préparent le repas et le partagent avec vous. Autant vous dire que des restaurateurs ne voient pas ça d’un bon œil.

La suite, c’est justement les restaurants. Vous pourrez réserver une table toujours en restant dans le tunnel de conversion d’Airbnb. C’est en tout cas déjà le cas en Floride depuis cet automne suite à l’intégration des offres de la start-up Resy. 650 restaurants répartis dans 16 villes aux Etats-Unis y sont référencés et ont pris place dans Airbnb. Cela a bien sûr vocation à s’étendre si l’essai est transformé. Il y a là une nouvelle brique pleine de potentiel pour la firme en continuant de faire vivre une expérience globale de séjour.  

Martine va déménager

En ce moment, ça cause beaucoup du nombre de nuitées maximum pour les hôtes Airbnb. Un cheval de bataille pour encadrer les pratiques et dérives : 30 jours à New-York, 90 nuitées à Londres, 120 en France. Airbnb y met plus ou moins du sien pour verrouiller tout ça comme l’annonce d’Emmanuel Marill qui évoque la limite (sur la plateforme) de 120 jours pour 4 arrondissements de Paris alors que c’est ce qui devrait être fait partout sur le territoire pour toutes les annonces.

Derrière la nuitée, puis le logement, il y a l’immeuble. Ça tombe bien : Airbnb commence à construire des immeubles. Ça été annoncé le 12 octobre dernier. L’objectif est de construire pas moins de 20 000 bâtiments d’ici 2019. Déjà en août 2016, on parlait d’un projet de construction d’une maison communautaire dans un village du Japon. Cette fois-ci, on quitte la campagne et retour en Floride, pour la construction d’un immeuble à deux pas de Disneyworld et de ses millions de visiteurs annuels. Le projet baptisé Niido pose peut-être les bases d’un vrai bouleversement. Je m’explique. “Niido powered by Airbnb” va designer un lieu totalement pensé pour l’économie du partage et du voyage. Les services y seront associés et concentrés au même endroit. Le bâtiment sera remplit de propriétaires ou locataires qui auront tous accepté les conditions d’usage. L’immeuble de Floride comptera par exemple 324 locataires qui devront louer leur appartement au maximum 180 jours par an. L’immeuble sera donc totalement Airbnb Friendly en écho au programme dédié déjà existant. Plus de plaintes de voisinage, une maîtrise complètes des services favorisant l’expérience du voyageur, badges d’accès, lieux de vie collectifs, salle de réunion, conciergerie, un personnel dédié au fonctionnement du bâtiment, un immeuble brandé Airbnb… on n’est pas trop mal pour les bases d’une belle chaîne hôtelière hybride et collaborative.

Cela prévoit aussi une belle gestion d’un parc immobilier et après la construction, on peut s’attendre à une prochaine annonce d’achat d’un immeuble entier dans le centre-ville d’une grande destination ?

Martine va à la ferme

Cette fois-ci Airbnb joue les acteurs du développement local en soutenant l’agritourisme. Bienvenue à la Ferme, Airbnb et Miimosa (financement participatif au service l’agriculture et de l’alimentation) annoncent un partenariat pour permettre à 10 lauréats agriculteurs de faire financer leur projet. Jusqu’à 5000 € d’apport supplémentaire et des accompagnements de Bienvenue à la Ferme. Un joli coup en vue du Salon de l’Agriculture dans 3 mois et un joli clin d’œil pour montrer qu’Airbnb est aussi sur les territoires non urbains.

C’est aussi une logique stratégique avec Airbnb qui valorise de plus en plus son rôle dans l’espace rural pour rendre accessible des offres d’hébergement qui manquaient. Une étude est d’ailleurs disponible sur Airbnb dans les campagnes en France .

Une approche qui fait écho à un ancien billet sur les “smartdestination” dans le monde rural dans lequel les offres traditionnelles et les offres de l’économie du partage devaient être valorisées conjointement pour valoriser l’accessibilité et l’attractivité d’un territoire plus enclavé. A mon sens, le DMO a toujours pour mission de coordonner cette approche que ce soit pour l’hébergement, les transports, les activités…

Si on résume cet article : Bienvenue à la ferme + Vizeat + Niido + Airbnb = la construction du premier complexe fermier locavore et agritouristique, avec services hôteliers et surtout 100 % brandée Airbnb en 2019 ? 

Comme promis les plus fraîches réponses d’Airbnb France sur la concurrence déloyale, la taxe de séjour, les nuitées maximum pour les hôtes, c’est par là : https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20/l-invite-de-8h20-14-novembre-2017

 

 

 

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Jean-Baptiste est responsable stratégies numériques à la MOPA. Conseiller, accompagner, former, être en veille, innover et partager représentent son quotidien auprès des professionnels institutionnels du tourisme. Après une première spécialisation sur l’accompagnement des territoires touristiques sur les projets d’agritourisme et d’oenotourisme, son parcours professionnel a pris un virage numérique faisant écho à notre quotidien connecté, mobile, social, géolocalisé qui est aussi celui du client, du touriste, du consommateur que nous sommes tous.
Il n’est pas développeur web, ni geek, ni informaticien, c’est un géographe de formation pour qui les notions de développement local et de médiation ont du sens.